Prêt relais senior : possible après 60 ou 70 ans ?

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
30 October 2026

Un prêt relais senior reste possible après 60 ou 70 ans : c’est la banque qui décide, au cas par cas, de prêter ou non à un propriétaire âgé. Mais trois obstacles pèsent sur le dossier : l’âge atteint à la fin du prêt, l’assurance emprunteur, plus difficile à obtenir et sans dispense de questionnaire de santé si le prêt se termine après 60 ans, et la durée limitée du relais, qui ne finance qu’une partie de la valeur du bien à vendre. Quand la banque refuse, le portage immobilier ou la vente avec complément de prix permettent d’acheter avant d’avoir vendu, sans crédit.

En bref

  • Selon les notaires, le prêt relais dure en principe deux ans au maximum et la banque avance le plus souvent entre 60 % et 80 % de la valeur du bien à vendre.
  • La réforme de l’assurance emprunteur supprime le questionnaire de santé seulement si le prêt est inférieur à 200 000 € par assuré et remboursé avant les 60 ans de l’emprunteur : un senior n’en bénéficie donc pas.
  • Le droit à l’oubli et le troisième niveau de la convention AERAS supposent un contrat qui prend fin avant le 71e anniversaire de l’emprunteur.
  • En cas de refus, le portage immobilier et la vente avec complément de prix apportent des fonds sans prêt ni assurance emprunteur, avec un coût et des contraintes réels.

Prêt relais senior : à 70 ans, est-ce encore possible ?

Oui, en théorie. Le prêt relais n’est pas un produit réservé aux actifs : l’ANIL le décrit comme « un prêt transitoire de courte durée proposé aux propriétaires ». Un retraité qui vend sa maison pour acheter un appartement fait partie du public visé.

En pratique, la réponse dépend de la banque et de la politique interne de chaque établissement. Les sources officielles consultées ne fixent pas d’âge maximal pour un prêt relais, mais les prêteurs regardent l’âge au terme du crédit, la stabilité des revenus de retraite et surtout la possibilité d’assurer le prêt. Nous détaillons ces pratiques dans notre page sur les limites d’âge pour un emprunt immobilier et dans celle consacrée au fait d’emprunter après 60 ans.

Atout du relais pour un senior : sa durée courte. Le problème vient surtout du scénario où le bien ne se vend pas, et du crédit classique qui l’accompagne souvent.

Comment fonctionne un prêt relais : durée, montant, formules

Selon immobilier.notaires.fr, le prêt relais a une durée minimale d’un mois et une durée maximale de deux ans. Une autre page du même site parle d’un crédit à court terme de « généralement 12 à 24 mois ». Le prêt est soldé lors de la vente du bien.

Le montant ne couvre pas toute la valeur du bien à vendre. Les notaires indiquent que la banque avance entre 60 % et 80 % de la valeur du bien quand le relais est accompagné d’un prêt amortissable ; une autre de leurs pages retient une fourchette de 50 % à 80 % de la valeur estimée. Ce montant repose sur des estimations de professionnels de l’immobilier et sur la situation financière de l’emprunteur.

Les notaires distinguent plusieurs formules :

  • le prêt relais sec, sans autre prêt, quand le bien vendu couvre l’essentiel du nouvel achat ;
  • le prêt relais accompagné (ou adossé) d’un prêt amortissable classique, la formule la plus courante, quand le nouveau bien coûte plus cher ;
  • le prêt relais avec franchise totale, pour les emprunteurs dont les revenus ne permettent pas de rembourser pendant la période relais : intérêts et capital sont remboursés en une fois après la vente.

Pour un senior qui achète moins cher que ce qu’il vend, le relais sec évite un crédit long. Le coût reste réel : les notaires signalent un taux souvent supérieur à celui d’un crédit immobilier classique, plus des frais d’assurance, de garantie et de dossier.

Ce qui bloque un dossier senior : âge en fin de prêt et durée du relais

Le premier point de blocage est le scénario d’échec. Si le bien n’est pas vendu au bout de deux ans, une page des notaires indique que la banque convertit le prêt relais en crédit principal ; une autre évoque une prolongation ou une conversion en prêt classique à négocier. Pour un emprunteur de 72 ans, cette conversion en crédit long est précisément ce que la banque veut éviter, car l’âge en fin de prêt devient élevé. Notre page sur le prêt relais quand le bien n’est pas vendu détaille ce cas.

Le deuxième point est le risque de prix. Les notaires rappellent que si le bien se vend sous son estimation, la banque peut exiger un remboursement qui pèse sur le budget, et que le cumul temporaire du relais et d’un crédit augmente le taux d’endettement.

Le troisième point est la garantie. On parle parfois de « prêt relais hypothécaire senior » pour désigner un relais garanti par une hypothèque sur un bien. Les pages officielles lues ne détaillent pas les garanties exigées : elles dépendent du prêteur.

Assurance emprunteur après 60 ans : questionnaire, AERAS, surprime

L’ANIL ne présente pas l’assurance emprunteur comme une obligation légale, mais précise qu’« une assurance emprunteur est généralement exigée par le prêteur ». Vous pouvez choisir un autre assureur que celui proposé par la banque. Les garanties classiques couvrent le décès, la perte totale et irréversible d’autonomie, l’incapacité et l’invalidité.

La loi a supprimé le questionnaire de santé, mais sous deux conditions cumulatives rappelées par l’ANIL : un encours cumulé de prêts immobiliers inférieur à 200 000 € par assuré, et une fin de remboursement avant les 60 ans de l’assuré. Un emprunteur de 65 ou 72 ans ne remplit pas la seconde condition : l’assureur peut lui demander un questionnaire de santé, voire des examens.

La convention AERAS s’applique quand le risque de santé est aggravé. Selon economie.gouv.fr, elle se déclenche automatiquement, sans formalité, et la demande d’assurance doit être instruite en 5 semaines au maximum. Mais le droit à l’oubli et le troisième niveau d’examen exigent un financement de 320 000 € au plus et un contrat qui prend fin avant le 71e anniversaire de l’emprunteur. À 72 ans, ces deux mécanismes sont hors de portée, et une proposition peut comporter une exclusion de garantie ou une surprime.

Un « prêt relais sans assurance » dépend donc entièrement de l’acceptation de la banque, qui cherchera alors d’autres garanties. Ce refus d’assurance est l’une des causes fréquentes de refus que nous décrivons dans notre page senior propriétaire et crédit refusé.

Simulation de prêt relais senior : les éléments à réunir

Une simulation sérieuse ne se résume pas à un taux. Avant de rencontrer un banquier ou un courtier, un senior a intérêt à rassembler :

  • plusieurs estimations écrites du bien à vendre, puisque le montant du relais en dépend ;
  • le prix du bien à acheter et les frais d’acquisition, à faire chiffrer par le notaire ;
  • le montant que le relais pourrait couvrir, soit 60 % à 80 % de la valeur estimée selon les notaires ;
  • l’âge à la fin du relais, et l’âge à la fin d’un éventuel crédit de conversion si le bien ne se vend pas ;
  • une demande d’assurance déposée tôt, puisque l’instruction peut prendre plusieurs semaines.

Une fois l’offre reçue, l’ANIL rappelle que vous disposez d’un délai de réflexion d’au moins 10 jours et que l’offre engage la banque pendant 30 jours minimum. Comptez ces délais dans votre calendrier d’achat.

Quand la banque refuse : les solutions sans prêt relais

Un refus de relais n’empêche pas toujours d’acheter avant de vendre. Plusieurs pistes existent, présentées dans notre guide pour acheter avant de vendre sans prêt relais : épargne personnelle, vente rapide à un prix décoté, achat sous condition de vente, ou aide familiale. Deux solutions reposent sur la valeur du bien plutôt que sur un crédit.

Le portage immobilier : un investisseur achète le bien entre 42 % et 60 % de sa valeur, vous restez dans les lieux et vous gardez la faculté de le racheter au même prix, sans majoration ni intérêts, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil. L’indemnité d’occupation, d’environ 10 % par an du prix, est payée d’avance pour la durée convenue et restituée au prorata en cas de rachat anticipé. Il n’y a ni mensualité, ni assurance emprunteur. La durée ne peut dépasser cinq ans (article 1660 du Code civil). Les limites : le bien doit valoir au moins 300 000 €, les honoraires sont de 6 % TTC du prix de vente et les frais de notaire de 2 à 3 % ; si vous ne rachetez pas, le bien reste à l’investisseur. Notre comparatif portage immobilier ou prêt relais pèse les deux options, et la page vente à réméré ou prêt relais présente le même mécanisme sous son nom juridique.

La vente avec complément de prix : environ 60 % de la valeur est versé à la signature, vous conduisez vous-même la revente, et vous touchez le complément, égal au prix de revente moins le prix d’achat, déduction faite des frais d’acte liés au complément. Si vous quittez les lieux, aucune indemnité d’occupation n’est due, ce qui convient à un senior qui emménage dans son nouvel appartement. C’est une vente définitive : sans revente dans le délai convenu, de 6 mois à 3 ans, aucun complément n’est dû. Voir notre page sur le prêt relais refusé et la vente avec complément de prix.

Ces solutions coûtent cher et ne conviennent pas à tous : si seule l’assurance bloque, tentez d’abord un autre assureur ou un autre établissement.

Exemple chiffré fictif : 72 ans, une maison de 600 000 €

Exemple chiffré fictif. Monique, 72 ans, retraitée, possède une maison estimée 600 000 € et veut acheter un appartement de 320 000 €. Sur la base des fourchettes des notaires, un relais aurait pu représenter 360 000 € à 480 000 € (60 % à 80 % de la valeur). Sa banque refuse : la conversion possible en crédit long et l’assurance à 72 ans font peser trop de risque.

Avec un portage immobilier, un investisseur achète la maison 55 % de sa valeur, soit 330 000 €, pour une durée convenue de 24 mois :

  • indemnité d’occupation payée d’avance : 10 % par an × 330 000 € × 2 ans = 66 000 € ;
  • honoraires : 6 % TTC × 330 000 € = 19 800 €, dus seulement si l’opération se réalise ;
  • frais de notaire, à 2,5 % pour l’exemple : 8 250 € ;
  • somme disponible après ces frais : 330 000 − 66 000 − 19 800 − 8 250 = 235 950 €.

Avec 100 000 € d’épargne, Monique dispose de 335 950 € : elle achète son appartement de 320 000 € et garde 15 950 € pour une partie des frais d’acquisition, à faire chiffrer par son notaire. Elle reste dans la maison le temps de la vendre, sans mensualité.

Douze mois plus tard, elle trouve un acquéreur à 580 000 €. Elle exerce sa faculté de rachat au prix de 330 000 €, plus les frais et loyaux coûts, et récupère au prorata 12 mois d’indemnité non consommés, soit 33 000 €. Avant ces frais de rachat, il lui revient 580 000 − 330 000 + 33 000 = 283 000 €. Le coût du portage, hors frais de rachat, s’élève à 19 800 + 8 250 + 33 000 = 61 050 €.

Avec une vente avec complément de prix, Monique aurait reçu environ 360 000 € à la signature (60 % de 600 000 €), sans indemnité d’occupation puisqu’elle quitte la maison, mais la vente est définitive et le complément dépend de la revente.

FAQ

Peut-on obtenir un prêt relais senior ?
Oui, c’est possible. L’accord dépend de la banque, qui examine l’âge en fin de prêt, les revenus de retraite, l’estimation du bien et la possibilité d’assurer le prêt. Un relais sec évite un crédit long, mais les notaires notent que les banques le proposent souvent à des tarifs peu attractifs.

Comment faire une simulation de prêt relais senior ?
Partez de plusieurs estimations du bien à vendre et appliquez la fourchette de 60 % à 80 % de la valeur citée par les notaires. Ajoutez le prix et les frais du bien à acheter, votre épargne, et vérifiez votre âge à la fin du relais et d’une éventuelle conversion en crédit classique.

Qu’est-ce qu’un prêt relais hypothécaire senior ?
C’est un prêt relais garanti par une hypothèque. La garantie rassure la banque sur le remboursement, mais elle ne supprime ni l’exigence habituelle d’assurance ni le risque de conversion en crédit long si le bien ne se vend pas.

Un prêt relais à 70 ans est-il possible ?
C’est possible, mais plus difficile : à 70 ans, le questionnaire de santé peut être exigé, et le droit à l’oubli comme le troisième niveau AERAS supposent un contrat terminé avant 71 ans. Un relais de courte durée reste plus accessible qu’un crédit amortissable.

Peut-on obtenir un prêt relais sans assurance ?
C’est rare : l’ANIL indique que le prêteur exige en général une assurance emprunteur. Sans elle, la banque cherchera d’autres garanties. Vous pouvez aussi souscrire une assurance auprès d’un autre assureur que celui de la banque.

Conclusion

Le prêt relais senior n’est pas fermé aux plus de 60 ou 70 ans, mais il bute sur l’âge en fin de prêt, l’assurance et le risque de conversion en crédit long si le bien tarde à se vendre. Préparez des estimations solides, déposez la demande d’assurance tôt et comparez relais sec et relais adossé, en gardant à l’esprit leur coût. Si la banque refuse malgré tout, le portage immobilier ou la vente avec complément de prix permettent d’acheter avant de vendre, à condition d’en accepter le coût et les règles.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations média

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