Financer un projet professionnel : crédit bancaire, aides et alternatives

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
10 October 2026

Pour financer un projet professionnel, la voie principale reste le crédit bancaire, qui suppose en général un apport d’au moins 30 % et des garanties ; il se complète par l’aide des proches, le prêt d’honneur, le microcrédit, le financement participatif, l’entrée d’investisseurs ou les aides publiques. En cas de refus de crédit, la médiation du crédit peut être saisie gratuitement. Un propriétaire peut aussi mobiliser un bien immobilier sans emprunter, par une vente à réméré, c’est-à-dire une vente assortie d’une faculté de rachat. Voici chaque solution selon les sources officielles, puis les cas où la vente à réméré pour les entreprises peut être une alternative.

En bref

  • Le crédit bancaire finance la plupart des projets professionnels, mais la banque demande généralement un apport d’au moins 30 % et des garanties.
  • Prêt d’honneur, microcrédit, financement participatif, proches, investisseurs et aides publiques complètent ou remplacent le prêt bancaire selon le projet.
  • Une banque qui refuse un crédit doit motiver sa décision, et la médiation du crédit de la Banque de France peut être saisie gratuitement.
  • Un propriétaire d’un bien d’au moins 300 000 € en France peut aussi obtenir des fonds sans crédit, par une vente à réméré ou un portage.

Financer un projet professionnel : par où commencer ?

Chaque projet professionnel commence par un chiffrage précis du besoin, distinguant l’investissement (ce qui sera amorti sur plusieurs années) du besoin de trésorerie (ce qu’il faut avancer avant d’encaisser). Ce chiffrage débouche sur un plan de financement et, pour une création ou une reprise, sur un business plan.

Ce document est déterminant. Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, la banque est libre d’accepter ou de refuser une demande d’emprunt sur la base du business plan fourni. La même source précise qu’il est généralement exigé que l’emprunteur apporte au moins 30 % du financement. L’apport peut venir de l’épargne du porteur de projet, de ses proches, d’un prêt d’honneur ou d’investisseurs.

Pour une société existante, le niveau des capitaux propres compte aussi. Le site officiel les définit comme l’ensemble des ressources de la société, qui reflètent sa valeur financière ; ils se renforcent par une augmentation de capital ou par la mise en réserve des bénéfices. Pour une vue d’ensemble de toutes les ressources mobilisables, voir notre panorama des sources de financement d’une entreprise.

Le crédit professionnel : conditions, durées et garanties

Le prêt bancaire d’investissement

Entreprendre.service-public.gouv.fr présente l’emprunt bancaire comme le principal levier pour financer une création d’entreprise : le prêt peut couvrir jusqu’à 70 % du prix d’acquisition, avec un remboursement étalé sur une durée de 5 à 7 ans.

Les garanties demandées

La banque demande presque toujours des sûretés. Selon la même source, il peut s’agir d’une garantie réelle, comme un nantissement du fonds de commerce ou des titres sociaux, ou d’une garantie personnelle : le dirigeant se porte alors caution du remboursement. Ce point mérite attention, car une caution engage le patrimoine personnel. Le site officiel rappelle qu’un engagement de caution disproportionné est réduit au montant pour lequel la caution pouvait réellement s’engager, et qu’une caution solidaire peut être appelée dès la première défaillance de paiement du débiteur. Voir notre guide sur la caution personnelle du dirigeant.

Les crédits de trésorerie

Pour un besoin court, la fiche officielle consacrée au financement bancaire de la trésorerie distingue trois outils :

  • La facilité de caisse : une ligne accordée pour une durée ponctuelle, pour un besoin passager, par exemple un décalage de règlement client.
  • Le découvert autorisé : une autorisation d’être à découvert pour un montant déterminé, signée en général pour un an, pour un besoin ponctuel mais récurrent.
  • Le crédit de campagne : pour une activité saisonnière, sur 9 mois ou plus, pour des montants plus élevés qu’un découvert.

Le crédit-bail immobilier

Pour des locaux, le crédit-bail immobilier est une location consentie par une banque ou une société financière spécialisée, assortie d’une option d’achat au plus tard en fin de bail, à un prix fixé à l’avance qui tient compte des loyers versés. La fiche officielle indique qu’une durée minimale de location, souvent d’au moins 5 ans, est généralement prévue. Une variante consiste à céder des murs déjà détenus pour les reprendre en crédit-bail : voir notre page sur le lease-back, ou cession-bail immobilière.

Les alternatives et compléments au crédit bancaire

Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, plusieurs ressources permettent de constituer l’apport ou de financer le projet sans passer, ou pas seulement, par la banque :

  • L’aide des proches : don, prêt ou entrée au capital. Au-delà de 1 500 €, un prêt doit faire l’objet d’un écrit ; au-delà de 5 000 €, il doit être déclaré à l’administration fiscale.
  • Le prêt d’honneur création-reprise : sans intérêts et sans garantie, accordé à la personne et non à l’entreprise, de 1 000 € à 90 000 €, remboursable sur 1 à 7 ans ; les entreprises en difficulté en sont exclues.
  • Le microcrédit professionnel : destiné à ceux qui n’accèdent pas au crédit bancaire classique, 17 000 € au plus sur 5 ans au plus, pour une entreprise de moins de 5 ans et 3 salariés au plus.
  • Le financement participatif : don, prêt ou souscription de titres via une plateforme ; un prêt avec intérêts est limité à 2 000 € par prêteur et par projet, et à 5 000 000 € par projet.
  • Les investisseurs en capital : investisseurs individuels ou fonds, qui prennent une participation, généralement minoritaire, en visant une plus-value à la revente de leurs titres.
  • Le crédit vendeur, en cas de reprise : paiement échelonné d’une partie du prix, 50 % au maximum, sur 1 à 3 ans, à négocier avec le cédant.
  • Les aides publiques : subventions, prêts bonifiés, garanties de prêts ou exonérations fiscales et sociales, mises en place par l’État et les collectivités et recensées dans la base de données de référence sur les aides aux entreprises.

Chaque solution a ses contreparties : dilution du capital, plafonds, conditions propres à chaque aide. Pour une activité qui démarre, voir aussi comment lancer une activité grâce à une vente à réméré.

Crédit professionnel refusé : quels recours ?

Une banque n’est jamais obligée de prêter. Entreprendre.service-public.gouv.fr indique toutefois qu’en cas de refus, elle doit motiver sa décision. Le premier réflexe consiste donc à demander les raisons du refus, puis à retravailler le dossier : apport, garanties, prévisionnel.

Si le blocage persiste, la médiation du crédit, assurée par la Banque de France, peut être saisie. Selon la Banque de France, elle s’adresse à toutes les entreprises, quel que soit leur secteur, notamment en cas de refus de crédit, de refus de rééchelonnement d’une dette, de dénonciation d’un découvert ou de refus de caution ou de garantie. Le service est gratuit et confidentiel. Le dossier se dépose en ligne ; il est admis en médiation dans les 48 heures, et les établissements disposent ensuite de cinq jours ouvrés pour revoir leur position. Les concours bancaires existants sont maintenus pendant la médiation. Pour les autres voies de recours, voir notre page sur les recours après un refus de prêt bancaire.

Quand le réméré, le portage ou le complément de prix peut être une alternative

Alterfi ne propose aucun crédit. Elle met en relation des propriétaires avec des investisseurs pour trois opérations immobilières, qui ne sont pas des prêts mais des ventes :

  • La vente à réméré et le portage immobilier : le propriétaire vend son bien à un investisseur entre 42 % et 60 % de sa valeur, continue de l’occuper contre une indemnité d’occupation d’environ 10 % par an payée d’avance, et peut le racheter au même prix, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil, dans un délai de cinq ans au plus.
  • La vente avec complément de prix : le propriétaire vend à un premier prix et perçoit un complément quand il revend lui-même le bien à un tiers, ce qui convient à un bien que l’on accepte de céder.

Pour une entreprise, le portage porte uniquement sur les murs, jamais sur le fonds de commerce. Le vendeur peut être la société propriétaire de ses locaux, une SCI ou le dirigeant à titre personnel : voir notre guide du portage immobilier pour une entreprise ou un dirigeant.

Les cas où cette solution peut convenir

  • Le porteur de projet ou sa société possède un bien d’au moins 300 000 € situé en France, et le besoin est inférieur à ce que la vente peut dégager.
  • La banque refuse ou tarde, alors que le projet est sérieux et que le rachat pourra être financé plus tard, par un crédit une fois l’activité installée, par la vente d’un autre actif ou par la revente du bien.
  • Le projet ne peut pas attendre : entre l’accord et la signature chez le notaire, il faut compter généralement 10 à 20 jours à Paris et 30 à 60 jours en province.

Les cas où elle ne convient pas

  • Aucun bien immobilier de valeur suffisante n’est disponible.
  • Un prêt bancaire, un prêt d’honneur ou une aide suffit : il n’y a pas lieu de vendre un bien.
  • Le projet est trop incertain pour permettre de racheter dans le délai : faute de rachat, l’investisseur reste propriétaire et le bien est perdu, sans pénalité supplémentaire.

Exemple chiffré fictif : financer un projet avec un portage

Exemple fictif, à titre d’illustration. Une dirigeante veut ouvrir un second atelier et a besoin de 220 000 €. Sa banque refuse, faute de recul sur la nouvelle activité. Sa SCI détient les murs de son premier atelier, estimés à 600 000 €, sans crédit en cours.

  • Prix de vente : 330 000 € (55 % de la valeur).
  • Durée : 18 mois.
  • Indemnité d’occupation : 49 500 € (10 % par an sur 18 mois), prélevée sur le prix.
  • Honoraires : 16 500 € HT, soit 19 800 € TTC (6 % du prix), dus seulement si l’opération se réalise.
  • Net perçu à la signature : 260 700 € hors frais d’acte.
  • Frais de notaire : 6 600 à 9 900 € (2 % à 3 % du prix), soit 250 800 à 254 100 € disponibles.

Le besoin de 220 000 € est couvert. Le coût de l’opération s’élève à 69 300 € hors frais d’acte (indemnité et honoraires). Pour racheter, la SCI paiera 330 000 €, sans majoration ni intérêts, plus les frais et loyaux coûts, par exemple grâce à un crédit obtenu une fois le second atelier rentable. En cas de rachat au bout de 12 mois, les 6 mois non écoulés sont restitués, soit 16 500 €, et le coût tombe à 52 800 € hors frais d’acte. Le détail des postes figure sur notre page consacrée aux coûts et frais d’une vente à réméré.

Sources : entreprendre.service-public.gouv.fr (« Recherche de financements pour créer ou reprendre une entreprise », « Répondre à un besoin rapide de trésorerie par le financement bancaire », « Crédit-bail immobilier », « Crowdfunding ou financement participatif », « Capitaux propres de la société », « Cautionnement », « Comment bénéficier des aides aux entreprises ? ») ; Banque de France (« Saisir la médiation du crédit »).

FAQ

Peut-on financer un projet professionnel sans apport ?
C’est difficile auprès d’une banque, qui exige généralement un apport d’au moins 30 % selon entreprendre.service-public.gouv.fr. Le prêt d’honneur, accordé à titre personnel sans intérêts ni garantie, sert souvent à constituer cet apport. L’aide des proches et le financement participatif peuvent aussi y contribuer.

Quelles garanties la banque demande-t-elle pour un prêt professionnel ?
Le plus souvent un nantissement du fonds de commerce ou des titres sociaux, ou une caution personnelle du dirigeant. La caution engage le patrimoine personnel : son montant et sa durée doivent être lus avec attention avant de signer.

Que faire si la banque refuse un prêt professionnel ?
Demander les motifs du refus, que la banque doit donner, puis retravailler le dossier ou consulter d’autres établissements. La médiation du crédit de la Banque de France peut être saisie gratuitement en ligne, de façon confidentielle.

Le prêt d’honneur est-il accordé à l’entreprise ?
Non. Selon le site officiel des entrepreneurs, le prêt d’honneur création-reprise est accordé à la personne et non à l’entreprise. Il est sans intérêts et sans garantie, de 1 000 € à 90 000 €, remboursable sur 1 à 7 ans.

Une vente à réméré est-elle un crédit professionnel ?
Non. C’est une vente immobilière signée devant notaire, assortie d’une faculté de rachat : il n’y a ni mensualités ni intérêts, et le rachat est une faculté, jamais une obligation. Le coût tient dans l’indemnité d’occupation, les honoraires et les frais d’acte.

Un fonds de commerce peut-il servir à une vente à réméré ou à un portage ?
Non. Ces opérations portent sur l’immobilier, c’est-à-dire les murs, d’une valeur d’au moins 300 000 € en France. Le fonds de commerce reste à l’entreprise, qui continue d’exploiter dans les lieux.

Conclusion

Financer un projet professionnel passe d’abord par un plan de financement solide, un apport et, le plus souvent, un crédit bancaire, que complètent le prêt d’honneur, le microcrédit, le financement participatif, les investisseurs ou les aides publiques. En cas de refus, la médiation du crédit reste un recours gratuit. Lorsqu’un bien immobilier d’au moins 300 000 € est disponible et que le rachat est crédible, la vente avec faculté de rachat ou le portage des murs offre une autre voie, sans crédit, au coût connu dès la signature. Pour en comprendre le fonctionnement, consultez notre guide de la vente à réméré pour les entreprises.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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