Financer son entreprise : toutes les sources de financement

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
10 October 2026

Pour financer son entreprise, il existe six grandes sources de financement : les fonds propres, le crédit bancaire, les financements de trésorerie à court terme, les financements alternatifs comme le financement participatif, les aides publiques et la mobilisation du patrimoine immobilier. Le bon choix dépend du besoin (création, investissement, trésorerie) et de la situation de l’entreprise. Ce panorama s’appuie sur les sources officielles ; il présente ensuite, pour les entreprises propriétaires de leurs murs, la vente à réméré pour les entreprises. La vente à réméré est une vente avec faculté de rachat, pas un crédit.

En bref

  • Une entreprise peut se financer par fonds propres, crédit bancaire, crédits de trésorerie, financement participatif, aides publiques ou vente temporaire de ses murs.
  • Selon le service public, la banque accepte ou refuse librement un prêt, mais elle doit motiver son refus.
  • Affacturage, escompte et mobilisation de créances transforment des factures clients ou des effets de commerce en trésorerie ; l’affacturage se fait contre une rémunération.
  • La vente à réméré ou le portage des murs n’est pas un crédit : un investisseur achète le bien, que le vendeur peut racheter au même prix.

Financer son entreprise : les grandes familles de financement

Chaque source de financement répond à un besoin précis. Les confondre conduit souvent à financer un investissement durable avec un découvert, ou un besoin passager avec un apport définitif.

  1. Les fonds propres : apports des associés, bénéfices mis en réserve, investisseurs entrant au capital.
  2. Le crédit bancaire : prêt à moyen ou long terme, crédit-bail, assortis de garanties.
  3. Les financements de trésorerie : facilité de caisse, découvert, crédit de campagne, affacturage, escompte.
  4. Les financements alternatifs : financement participatif, prêt inter-entreprises, crédit vendeur.
  5. Les aides publiques : aides à la création, subventions, prêts d’honneur, concours.
  6. La mobilisation de l’immobilier : vendre ses murs avec faculté de rachat, en portage ou avec complément de prix.

Pour un projet précis (achat de matériel, ouverture d’un site), notre guide pour financer un projet professionnel par le crédit et ses alternatives détaille la démarche.

Les fonds propres : apports, associés et investisseurs

Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, les capitaux propres correspondent à l’ensemble des ressources de la société et reflètent sa valeur financière. Ils comprennent le capital apporté par les associés, qui peut être augmenté par de nouveaux apports ou par incorporation de réserves, et les réserves, c’est-à-dire les bénéfices non distribués. Lorsque les capitaux propres deviennent inférieurs à la moitié du capital social, la société doit suivre une procédure spécifique.

Les principales sources de fonds propres :

  • Les associés : augmentation de capital ou avance en compte courant d’associé, qui fonctionne comme un prêt des associés à la société. Les entreprises individuelles, sans capital ni associé, n’y ont pas accès.
  • Les proches : dons ou prêts. Selon la fiche consacrée à la recherche de financements, un prêt de plus de 1 500 € doit être constaté par écrit, et un prêt de plus de 5 000 € déclaré au service des impôts des entreprises sur le formulaire n° 2062.
  • Les business angels : cadres d’entreprise ou anciens entrepreneurs qui investissent une partie de leur patrimoine et apportent aussi conseils et réseau ; selon la même fiche, cette voie s’adresse aux projets innovants à fort potentiel.
  • Le capital-risque : prise de participation, généralement minoritaire, d’investisseurs professionnels, qui revendent généralement leurs titres après 3 à 7 ans.

Un apport en capital ne se rembourse pas à échéance ; en contrepartie, l’entrée d’un investisseur réduit la part des associés existants. Pour une entreprise dont les fonds propres sont entamés, voir aussi reconstituer les fonds propres d’une entreprise grâce au réméré.

Le crédit bancaire et ses garanties

D’après entreprendre.service-public.gouv.fr, pour une création ou une reprise, le prêt bancaire peut financer jusqu’à 70 % du prix d’acquisition, l’apport personnel étant généralement d’au moins 30 %, avec un remboursement étalé sur 5 à 7 ans. La banque accepte ou refuse librement, mais elle doit motiver un refus.

La banque demande en général des garanties. Le service public en recense plusieurs : cautionnement, nantissement de parts sociales, nantissement de fonds de commerce, gage sur meuble corporel et gage immobilier. Economie.gouv.fr rappelle que la garantie proposée par une personne physique doit être proportionnée à ses biens et revenus.

Le crédit-bail

Le crédit-bail immobilier est, selon entreprendre.service-public.gouv.fr, la mise en location, par un établissement spécialisé, d’un bien immobilier à usage professionnel ou commercial. L’entreprise peut l’acheter au plus tard à la fin du bail, à un prix fixé à l’avance qui tient compte des loyers versés. Il permet de financer un investissement immobilier sans apport initial ni prêt bancaire. Le crédit-bail existe aussi pour les équipements. La variante dans laquelle l’entreprise vend d’abord son bien au crédit-bailleur est traitée dans notre page sur le lease-back et sa comparaison avec le réméré.

Prêt d’honneur et microcrédit

La même source décrit le prêt d’honneur création-reprise : un prêt à taux zéro, sans garantie, accordé à la personne et non à l’entreprise, de 1 000 € à 90 000 €, remboursable sur 1 à 7 ans. Le microcrédit professionnel s’adresse aux créateurs ou repreneurs qui ne peuvent pas accéder au financement bancaire classique, dans la limite de 17 000 € remboursables sur 5 ans au plus.

Financer sa trésorerie à court terme

Pour un besoin passager, entreprendre.service-public.gouv.fr décrit plusieurs crédits de trésorerie :

  • la facilité de caisse, ligne de crédit accordée pour un besoin ponctuel ;
  • le découvert autorisé, généralement signé pour un an, pour un besoin ponctuel mais récurrent ;
  • le crédit de campagne, réservé aux activités saisonnières ou cycliques, d’une durée de 9 mois ou plus.

Economie.gouv.fr précise que la banque doit notifier par écrit, avec un préavis de 60 jours minimum, toute diminution ou interruption de ces facilités lorsqu’elles sont accordées pour une durée indéterminée, sauf comportement gravement répréhensible de l’entreprise ou situation financière définitivement compromise.

Transformer ses factures en trésorerie

  • L’affacturage : l’entreprise cède ses factures à une société d’affacturage, qui gère les comptes clients concernés ; les fonds arrivent en 24 à 48 heures. Le service public le décrit comme coûteux et réservé aux relations entre professionnels.
  • La mobilisation de créances professionnelles : cession ou nantissement des créances pour un paiement anticipé ; l’entreprise garde la gestion de ses clients et le risque d’impayé.
  • L’escompte : cession d’effets de commerce à un établissement de crédit contre un paiement immédiat.

Le prêt inter-entreprises est une autre piste : selon entreprendre.service-public.gouv.fr, il n’est autorisé qu’entre entreprises économiquement liées, dans six cas limitativement énumérés (par exemple la sous-traitance, ou une franchise accordée par le prêteur à l’emprunteur), et ne peut pas dépasser 2 ans.

Financements alternatifs et aides publiques

Le financement participatif

Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, le financement participatif prend trois formes : dons, prêts et souscription de titres. Pour les prêts avec intérêt, chaque prêteur peut apporter au plus 2 000 € par projet, sur 7 ans au maximum. Les plateformes de prêt rémunéré ou de titres doivent détenir le statut européen de prestataire de services de financement participatif. Les fonds collectés sont imposables, y compris les dons faits sans contrepartie.

Le crédit vendeur

Pour une reprise, le cédant peut accepter d’être payé en plusieurs fois : selon la fiche consacrée à la recherche de financements, jusqu’à 50 % du prix, sur 1 à 3 ans, par un accord écrit.

Les aides publiques

Le service public rappelle que les entreprises peuvent bénéficier de nombreuses aides financières des pouvoirs publics, qui peuvent prendre la forme d’aides directes, de subventions d’investissement, de prêts bonifiés, d’exonérations fiscales et sociales ou de différés de remboursement d’emprunt, recensées dans une base nationale des aides aux entreprises. Les demandeurs d’emploi qui créent ou reprennent une entreprise peuvent obtenir l’Acre, exonération temporaire de cotisations, ou l’Arce, versement de 60 % de leurs allocations chômage sous forme de capital. Le prêt garanti par l’État, en revanche, ne peut plus être souscrit.

En cas de refus de crédit, la médiation du crédit de la Banque de France, gratuite et confidentielle, peut être saisie.

Mobiliser ses murs : réméré, portage ou complément de prix

Alterfi ne propose aucun crédit. Lorsque l’entreprise, sa SCI ou son dirigeant est propriétaire d’un bien immobilier situé en France d’une valeur d’au moins 300 000 €, Alterfi le met en relation avec un investisseur qui achète le bien entre 42 % et 60 % de sa valeur. Avec la vente à réméré ou le portage, le vendeur peut racheter au prix de vente, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil, dans un délai de cinq ans au maximum. Avec la vente avec complément de prix, il perçoit un complément lorsque le bien est revendu à un tiers. L’opération porte uniquement sur les murs, jamais sur le fonds de commerce.

Cette solution peut être une alternative lorsque :

  • le crédit est refusé ou insuffisant alors que les murs ont de la valeur ;
  • le besoin est ponctuel et un rachat crédible est prévu : crédit une fois les comptes redressés, cession d’un autre actif, ou revente du bien à un tiers conduite par le vendeur ;
  • l’entreprise veut financer un développement sans ouvrir son capital (voir financer la croissance d’une entreprise avec un réméré).

Elle ne l’est pas lorsque :

  • un crédit, un crédit-bail ou une aide publique couvre le besoin ;
  • le besoin est durable et aucun rachat n’est envisageable : sans rachat dans le délai, l’acquéreur reste propriétaire ;
  • l’entreprise ne possède pas de murs d’au moins 300 000 €, ou elle est en procédure collective, où la vente suit les règles de la procédure.

Exemple chiffré fictif

Exemple fictif, à titre d’illustration : une SAS industrielle est propriétaire d’un entrepôt estimé à 900 000 €, sans crédit en cours. Elle doit financer une ligne de production d’environ 280 000 € et sa banque ne suit pas.

  • Prix de vente : 405 000 € (45 % de la valeur), durée de 24 mois.
  • Indemnité d’occupation : 81 000 € (10 % par an), prélevée d’avance sur le prix.
  • Honoraires : 20 250 € HT, soit 24 300 € TTC (6 % du prix), dus seulement si l’opération se réalise.
  • Net à la signature : 299 700 € hors frais d’acte ; frais de notaire de 8 100 à 12 150 € (2 à 3 % du prix), à la charge du vendeur.

Pour racheter, la société devra réunir 405 000 €, plus les frais et loyaux coûts. Le coût de l’opération est de 105 300 € hors frais d’acte ; en cas de rachat au dix-huitième mois, 20 250 € d’indemnité sont restitués et le coût revient à 85 050 €. Ce coût doit être rapproché de la rentabilité attendue de l’investissement, avec votre expert-comptable.

Sources : Entreprendre.service-public.gouv.fr, fiches « Capitaux propres de la société », « Recherche de financements pour créer ou reprendre une entreprise », « Crédit-bail immobilier », « Répondre à un besoin rapide de trésorerie par le financement bancaire », « Affacturage », « Trouver des solutions pour améliorer la trésorerie de l’entreprise », « Prêt inter-entreprises : règles à respecter », « Crowdfunding ou financement participatif », « Prêt garanti par l’État (PGE) et PGE Résilience », rubriques « Garanties de financement » et « Aides de l’État et des collectivités territoriales » ; Economie.gouv.fr, règles des crédits aux entreprises.

FAQ

Une banque doit-elle justifier un refus de prêt professionnel ?
Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, la banque accepte ou refuse librement une demande de prêt, mais elle doit motiver son refus. L’entreprise peut ensuite saisir la médiation du crédit de la Banque de France.

Peut-on encore obtenir un prêt garanti par l’État ?
Non. Le service public indique que le PGE ne peut plus être souscrit et que le PGE Résilience a lui aussi pris fin. Les entreprises qui remboursent encore un PGE peuvent solliciter la médiation du crédit en cas de difficulté.

Faut-il déclarer un prêt consenti par un proche ?
Oui, au-delà de 5 000 € : il doit être déclaré au service des impôts des entreprises sur le formulaire n° 2062. Selon entreprendre.service-public.gouv.fr, une omission ou une inexactitude est sanctionnée d’une amende de 150 €.

Combien peut-on lever par financement participatif ?
D’après le service public, un porteur de projet peut lever au plus 5 000 000 € sur 12 mois en dons, 5 000 000 € par projet en prêts avec intérêt et 8 000 000 € sur 12 mois en titres. Pour les prêts avec intérêt, chaque prêteur est limité à 2 000 € par projet.

Alterfi prête-t-elle de l’argent aux entreprises ?
Non. Alterfi n’est pas un établissement de crédit et ne détient pas de fonds : elle met en relation le propriétaire avec un investisseur qui achète le bien, et l’accompagne jusqu’au notaire. Notre page prêt réméré : pourquoi la vente à réméré n’est pas un crédit détaille cette différence.

Peut-on créer son entreprise grâce à une vente à réméré ?
Oui, si le créateur possède un bien immobilier en France d’au moins 300 000 € et dispose d’un plan crédible de rachat ou de revente. Notre page lancer une activité grâce à une vente à réméré présente les conditions et les risques.

Conclusion

Financer son entreprise revient à associer chaque besoin à la bonne source : fonds propres pour le risque, crédit ou crédit-bail pour l’investissement, crédits de trésorerie et affacturage pour les décalages d’encaissement, aides publiques pour la création. Lorsque la banque ne suit pas et que l’entreprise ou son dirigeant possède des murs de valeur, notre guide sur la vente à réméré pour les entreprises et son fonctionnement présente une alternative qui ne crée pas de dette.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

Accès au formulaire