Adjudication : définition, déroulement des enchères et conséquences pour le propriétaire

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
22 October 2026

L’adjudication est la modalité de vente d’un bien mis aux enchères publiques : il est attribué à la personne qui offre le prix le plus élevé, selon le lexique de notaires.fr. Pour un propriétaire endetté, le mot désigne surtout la vente forcée au tribunal qui clôt une saisie immobilière, à un prix qu’il ne maîtrise pas. Avant ce stade, d’autres issues existent, dont la vente à réméré, vente du bien avec faculté de le racheter au même prix.

En bref

  • L’adjudication attribue un bien mis aux enchères au plus offrant, au tribunal judiciaire ou devant un notaire selon le cas.
  • En saisie immobilière, le créancier fixe la mise à prix et les enchères sont portées uniquement par des avocats.
  • Dans les 10 jours, toute personne peut surenchérir d’au moins 10 % du prix principal, ce qui entraîne une nouvelle audience.
  • Le jugement d’adjudication vaut titre d’expulsion contre le propriétaire saisi, qui reste redevable du solde si le prix ne couvre pas la dette.

Adjudication : définition juridique

Le lexique de notaires.fr définit l’adjudication comme la « modalité de vente d’un bien mis aux enchères publiques », le bien étant « octroyé à la personne offrant le prix le plus élevé ». L’adjudicataire est, selon la même source, la personne physique ou morale qui remporte l’adjudication ; il est tenu d’en respecter les conditions, à commencer par le paiement du prix.

Le terme recouvre donc deux réalités très différentes pour le propriétaire :

  • l’adjudication subie, ordonnée par un juge au terme d’une saisie immobilière ou d’un partage judiciaire ;
  • l’adjudication choisie, lorsqu’un propriétaire décide lui-même de vendre aux enchères, généralement par l’intermédiaire d’un notaire.

Dans les deux cas, le prix final n’est pas négocié avec un acquéreur : il résulte des enchères, à partir d’un prix de départ appelé mise à prix.

Vente sur adjudication judiciaire ou adjudication notariale

L’adjudication judiciaire

Selon immobilier.notaires.fr, la vente aux enchères judiciaires est une vente organisée au sein du tribunal judiciaire du lieu de situation de l’immeuble. Elle intervient notamment à la suite d’une saisie immobilière ou d’un partage judiciaire, par exemple lorsque des héritiers en indivision ne parviennent pas à s’accorder sur le prix de vente.

  • Saisie immobilière : un créancier muni d’un titre exécutoire fait vendre le bien de son débiteur. Les étapes sont décrites dans notre page sur la vente forcée d’un bien immobilier.
  • Licitation : notaires.fr la définit notamment comme la vente aux enchères d’un bien indivis, suivie de la répartition du prix. Voir notre guide de la licitation judiciaire.

L’adjudication notariale, une vente volontaire

D’après immobilier.notaires.fr, tous les propriétaires, particuliers, entreprises, associations ou institutionnels, peuvent recourir à l’adjudication devant notaire. La mise à prix est fixée après expertise, en accord avec le vendeur, avec une décote minimale de 30 % sur la valeur vénale du bien pour attirer les enchérisseurs. Les candidats consignent 20 % de la mise à prix, et l’adjudication est prononcée à la bougie, après deux feux éteints successivement sans nouvelle enchère. Une surenchère d’au moins 10 % reste possible dans les 10 jours suivant la séance, puis l’adjudicataire paie le prix dans les 45 jours.

Le reste de cette page porte sur l’adjudication judiciaire, celle qui menace le propriétaire saisi.

Le déroulement des enchères et le jugement d’adjudication

L’adjudication judiciaire n’arrive qu’en fin de parcours. Après le commandement de payer valant saisie, le juge de l’exécution tient une audience d’orientation. Selon service-public.fr, s’il ordonne la vente forcée, il fixe l’audience d’adjudication dans un délai compris entre 2 et 4 mois à compter de sa décision.

  1. La mise à prix : elle est fixée par le créancier poursuivant, qui organise aussi la publicité de la vente, aux frais du débiteur selon service-public.fr. Le propriétaire peut saisir le juge s’il estime la mise à prix insuffisante ; immobilier.notaires.fr précise qu’il doit alors prouver son « insuffisance manifeste ».
  2. Les enchères par avocat : chaque acheteur potentiel enchérit par l’intermédiaire de son avocat, dont la présence est obligatoire. Immobilier.notaires.fr indique que l’enchérisseur remet un chèque de banque de 10 % de la mise à prix, avec un minimum de 3 000 €, et un second chèque couvrant les frais de la vente.
  3. La fin des enchères : elles s’arrêtent lorsque aucune nouvelle offre n’est portée pendant 90 secondes, selon la même source.
  4. Le jugement d’adjudication : il désigne l’adjudicataire et le prix. Il constitue un titre d’expulsion contre le propriétaire saisi, selon service-public.fr.

Adjudication inférieure à la mise à prix ou absence d’enchère

Les enchères partent de la mise à prix. Si personne n’enchérit, service-public.fr indique que le créancier poursuivant est déclaré adjudicataire pour la mise à prix qu’il avait fixée, et qu’il est alors considéré comme remboursé à hauteur de ce montant. C’est pourquoi une mise à prix très basse est un enjeu pour le débiteur : la contester relève de son avocat, avant l’audience. Les autres hypothèses (baisse de mise à prix, nouvelle vente) ne sont pas décrites dans les fiches officielles consultées et doivent être examinées avec l’avocat.

Surenchère et frais d’adjudication

La surenchère après l’adjudication

Selon service-public.fr, dans les 10 jours, toute personne peut faire une surenchère, par acte d’avocat déposé au greffe du juge de l’exécution. Elle doit être d’au moins 10 % du prix principal de la vente. Le juge fixe alors une nouvelle audience dans un délai de 2 à 4 mois après la déclaration de surenchère. Immobilier.notaires.fr en déduit que l’acquisition n’est définitive que 10 jours après l’audience.

Les frais d’adjudication

  • Frais de la vente : ils sont à la charge de l’adjudicataire, selon service-public.fr. Le second chèque remis à l’avocat couvre, d’après immobilier.notaires.fr, les frais de poursuite et les droits de mutation.
  • Paiement du prix : l’adjudicataire dispose de 2 mois au maximum pour verser le prix ; à défaut, la vente est résolue de plein droit, selon immobilier.notaires.fr.
  • Montant : aucune source officielle consultée ne donne de pourcentage type. Le montant figure dans les conditions de chaque vente ; l’avocat de l’enchérisseur le chiffre.

Ce que l’adjudication change pour le propriétaire saisi

Pour le débiteur, l’adjudication a trois conséquences, toutes décrites par service-public.fr :

  • La perte du bien, au prix fixé par les enchères, et non à un prix négocié.
  • L’expulsion : le jugement d’adjudication constitue un titre d’expulsion à son encontre. Les délais et modalités se vérifient avec un avocat ou un commissaire de justice.
  • Le solde de la dette : la somme versée par l’adjudicataire est reversée au créancier. Si elle dépasse la dette, le surplus revient au propriétaire ; si elle est inférieure, il doit payer le montant restant.

Le propriétaire n’est pas sans recours avant cette issue. Service-public.fr indique qu’une vente de gré à gré reste possible jusqu’à l’ouverture des enchères, que l’aide juridictionnelle peut prendre en charge l’avocat dans certains cas et que le débiteur surendetté peut demander à la commission de surendettement d’intervenir auprès du juge pour obtenir le report de la vente. Ce qui se joue à l’audience précédente est détaillé dans notre page sur l’audience d’orientation et la vente aux enchères.

Éviter l’adjudication : vendre avant ou dans le cadre d’une vente amiable

La meilleure fenêtre se situe avant le commandement de payer valant saisie : le propriétaire vend alors librement. Après le commandement, il ne peut plus vendre sans l’autorisation du juge, qui peut autoriser une vente amiable en fixant un prix minimum, selon service-public.fr. Notre page vendre avant une saisie immobilière précise jusqu’à quand c’est possible.

Trois opérations permettent de vendre vite sans subir les enchères : la vente à réméré et le portage immobilier, où l’investisseur achète le bien entre 42 % et 60 % de sa valeur et le vendeur peut le racheter au même prix dans un délai de cinq ans au plus, ou la vente avec complément de prix, où le vendeur perçoit en plus la différence entre le prix de revente à un tiers et le prix d’achat, déduction faite des frais d’acte liés au complément. Le remboursement des créanciers sur le prix met fin à la cause de la procédure, sous réserve de l’autorisation du juge et des délais propres à la saisie. Notre page éviter l’adjudication grâce à la vente avec complément de prix détaille le calendrier.

Quand c’est adapté, quand ça ne l’est pas

  • Adapté : bien situé en France d’au moins 300 000 €, net perçu à la signature couvrant les dettes, projet de rachat ou de revente crédible.
  • Pas adapté : dettes supérieures au prix que l’investisseur peut payer, aucune perspective de rachat ni de revente, ou procédure trop avancée pour qu’une vente amiable soit autorisée. Faute de rachat, l’investisseur reste propriétaire et le bien est perdu.

Exemple chiffré fictif

Exemple illustratif. Un appartement est estimé 300 000 € ; son propriétaire doit 100 000 € à son prêteur. Hypothèse d’adjudication : le créancier fixe la mise à prix à 90 000 €, chaque enchérisseur remet une garantie de 9 000 € (10 % de la mise à prix), et le bien est adjugé 160 000 €. Une surenchère devrait atteindre au moins 176 000 €. Le propriétaire perd son logement et peut être expulsé.

Hypothèse de vente à réméré signée avant le commandement : l’investisseur achète 180 000 € (60 % de la valeur), avec faculté de rachat sur 24 mois. L’indemnité d’occupation de 36 000 € est payée d’avance et les honoraires de 10 800 € (6 % TTC) sont prélevés sur le prix : le net à la signature est de 133 200 €, hors frais d’acte. Après remboursement des 100 000 €, il reste 33 200 €, dont il faut déduire les frais de notaire de 3 600 € à 5 400 €. Le rachat coûte 180 000 €, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil ; le coût de l’opération est de 46 800 € hors frais d’acte, ou 37 800 € en cas de rachat à 18 mois, 9 000 € étant restitués.

Sources : service-public.fr, fiches « Saisie immobilière » et « Saisir le juge de l’exécution (JEX) » ; immobilier.notaires.fr, articles « Vente immobilière aux enchères judiciaires : Guide complet pour acheter un bien » et « Les ventes aux enchères notariales » ; notaires.fr, lexique (« Adjudication », « Adjudicataire », « Licitation »).

FAQ

Quelle est la différence entre adjudication et vente aux enchères ?
La vente aux enchères est la procédure ; l’adjudication est l’acte par lequel le bien est attribué au plus offrant à la fin des enchères. Par extension, on parle de « vente sur adjudication » pour désigner toute la vente.

Le propriétaire saisi peut-il assister à l’audience d’adjudication ?
L’audience se tient au tribunal judiciaire, mais seuls les avocats portent les enchères. La possibilité pour le débiteur ou ses proches d’enchérir n’est pas traitée dans les fiches officielles consultées : c’est une question à poser à l’avocat.

Peut-on encore vendre son bien juste avant l’adjudication ?
Selon service-public.fr, une vente de gré à gré reste possible jusqu’à l’ouverture des enchères. Elle suppose un acquéreur prêt à signer très vite ; les formalités à respecter dans la procédure se vérifient avec l’avocat, et plus la vente est préparée tôt, plus elle a de chances d’aboutir.

Qui paie les frais d’adjudication ?
Service-public.fr indique que les frais de la vente sont à la charge de l’adjudicataire, qui les règle en plus du prix. En revanche, la publicité de la vente est organisée par le créancier aux frais du débiteur.

Le prix d’adjudication peut-il être contesté après coup ?
Le mécanisme prévu est la surenchère : dans les 10 jours, toute personne peut surenchérir d’au moins 10 % du prix principal, par acte d’avocat. Pour toute autre contestation du jugement d’adjudication, consultez un avocat sans attendre.

Que devient l’argent de l’adjudication ?
Il est reversé au créancier. Selon service-public.fr, le surplus éventuel revient au propriétaire saisi, et le déficit reste à sa charge : il doit encore le montant non couvert.

Conclusion

L’adjudication est la vente aux enchères qui attribue le bien au plus offrant. Pour le propriétaire saisi, elle signifie un prix subi, un titre d’expulsion et, souvent, une dette qui n’est pas entièrement soldée. Elle se prépare des mois à l’avance et peut encore être évitée par une vente avant le commandement ou par une vente amiable autorisée par le juge. Si votre bien vaut au moins 300 000 € et que le net perçu couvre vos dettes, la vente à réméré peut être étudiée, en mesurant son coût et le risque de perdre le bien faute de rachat.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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