L’indemnité d’occupation en vente à réméré est la somme que le vendeur règle à l’investisseur pour continuer à occuper le bien vendu pendant toute la durée de la faculté de rachat. Chez Alterfi, elle représente environ 10 % par an du prix de vente, elle est payée d’avance par prélèvement sur le prix à la signature, et elle est restituée au prorata en cas de rachat anticipé. Il n’y a donc rien à verser chaque mois, mais la somme nette perçue diminue à mesure que la durée s’allonge. Voici son montant, son mode de paiement et ses effets sur une vente à réméré.
En bref
- L’indemnité d’occupation est la contrepartie du droit de rester dans le bien vendu pendant la faculté de rachat : ce n’est pas un loyer.
- Elle s’élève à environ 10 % par an du prix de vente, soit 18 000 euros par an pour un prix de vente de 180 000 euros.
- Elle est payée d’avance, par prélèvement sur le prix à la signature : le vendeur n’a aucune somme à verser chaque mois.
- En cas de rachat anticipé, les mois non consommés sont restitués au prorata ; sans rachat, elle reste acquise, sans aucune pénalité supplémentaire.
Qu’est-ce que l’indemnité d’occupation dans une vente à réméré ?
Dans une vente à réméré, aussi appelée vente avec faculté de rachat, le propriétaire vend son bien à un investisseur devant notaire et se réserve le droit de le racheter dans un délai convenu. L’investisseur devient propriétaire dès la signature, alors que le vendeur souhaite le plus souvent rester chez lui pendant qu’il prépare son rachat.
L’indemnité d’occupation est la contrepartie de ce droit de rester dans le bien vendu pendant la durée de la faculté de rachat. Elle rémunère l’investisseur, qui a payé le prix sans disposer du bien.
Une indemnité, pas un loyer
L’indemnité d’occupation n’est pas un loyer et le vendeur n’est pas locataire. Il occupe le bien en tant que vendeur titulaire d’une faculté de rachat, pour la durée de cette faculté, et non en vertu d’un bail. Autre différence : un loyer se paie chaque mois, alors que cette indemnité se règle en une seule fois, d’avance.
Une occupation organisée par l’acte notarié
Les conditions de l’occupation sont fixées par écrit au moment de la vente, dans une convention d’occupation établie avec l’acte. Sa rédaction et sa portée juridique relèvent du notaire : c’est à lui qu’il faut poser les questions sur ses clauses. Voir le rôle du notaire dans une vente à réméré.
Montant de l’indemnité d’occupation : environ 10 % par an du prix de vente
Chez Alterfi, l’indemnité d’occupation représente environ 10 % par an du prix de vente. Deux précisions évitent les erreurs.
- La base est le prix de vente, et non la valeur du bien. L’investisseur achetant le bien entre 42 % et 60 % de sa valeur, l’indemnité se calcule sur ce prix décoté.
- Le montant dépend de la durée convenue. Pour une durée de 18 mois, l’indemnité correspond à une fois et demie le montant annuel.
Pour un prix de vente de 180 000 euros, l’indemnité s’élève ainsi à 18 000 euros par an, ce qui équivaut à 1 500 euros par mois d’occupation. Ce montant mensuel ne sert qu’au calcul.
Elle s’ajoute aux honoraires (5 % HT du prix de vente, soit 6 % TTC) et aux frais de notaire (entre 2 % et 3 % du prix de vente), à la charge du vendeur. Le détail figure dans notre guide sur les coûts et frais d’une vente à réméré.
Un paiement d’avance, prélevé sur le prix à la signature
L’indemnité d’occupation est payée d’avance pour toute la durée convenue. Le vendeur ne sort pas d’argent : le jour de la signature, son montant est prélevé sur le prix de vente. Trois conséquences en découlent.
- Le vendeur n’a rien à verser chaque mois pendant la faculté de rachat, ni mensualité, ni loyer, ni intérêts.
- Il n’existe pas de risque d’impayé en cours d’opération, puisque toute la période est réglée dès le départ.
- La somme reçue à la signature est inférieure au prix de vente : elle est diminuée de l’indemnité et des honoraires.
Indemnités d’occupation et somme nette perçue : exemple pour 12, 18 et 24 mois
C’est le point clé. Comme l’indemnité est prélevée d’avance sur le prix, plus la durée convenue est longue, moins le vendeur perçoit à la signature.
Prenons un exemple fictif, donné à titre d’illustration. Un bien d’une valeur de 300 000 euros est vendu à réméré 180 000 euros, soit 60 % de sa valeur. Les honoraires s’élèvent à 10 800 euros (6 % TTC du prix de vente). Voici la somme nette perçue à la signature, hors frais d’acte, selon la durée convenue.
- Durée de 12 mois : indemnité d’occupation de 18 000 euros, somme nette perçue de 151 200 euros.
- Durée de 18 mois : indemnité d’occupation de 27 000 euros, somme nette perçue de 142 200 euros.
- Durée de 24 mois : indemnité d’occupation de 36 000 euros, somme nette perçue de 133 200 euros.
Dans les trois cas, les frais de notaire, entre 2 % et 3 % du prix de vente (soit 3 600 à 5 400 euros), sont à la charge du vendeur et viennent en plus. Le prix de rachat reste égal au prix de vente, soit 180 000 euros, quelle que soit la durée.
Entre 12 et 24 mois, l’écart atteint 18 000 euros. La première vérification est donc simple : la somme nette, calculée pour la durée envisagée, couvre-t-elle toutes les dettes à rembourser et les frais de notaire ? Sinon, l’opération ne règle pas la situation. Notre simulateur de vente à réméré permet de refaire ce calcul avec vos propres chiffres.
Rachat anticipé : l’indemnité est restituée au prorata
Le vendeur peut racheter son bien avant la fin du délai convenu. Dans ce cas, l’indemnité d’occupation correspondant aux mois non consommés lui est restituée au prorata.
Reprenons l’exemple fictif avec une durée convenue de 24 mois et une indemnité de 36 000 euros payée d’avance.
- Rachat au bout de 18 mois : 6 mois ne sont pas consommés, 9 000 euros sont restitués. L’indemnité réellement supportée est de 27 000 euros et le coût total de l’opération de 37 800 euros, honoraires compris.
- Rachat au bout de 12 mois : 12 mois ne sont pas consommés, 18 000 euros sont restitués. L’indemnité réellement supportée est de 18 000 euros et le coût total de 28 800 euros.
- Rachat à l’échéance des 24 mois : rien n’est restitué. Le coût total est de 46 800 euros, soit 36 000 euros d’indemnité et 10 800 euros d’honoraires.
Ces coûts s’entendent hors frais d’acte et hors frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil, que le vendeur rembourse lorsqu’il rachète.
Un vendeur qui convient de 24 mois et rachète au bout de 12 mois supporte la même indemnité qu’un vendeur qui avait convenu de 12 mois : 18 000 euros. La différence se situe à la signature, où il a perçu 133 200 euros au lieu de 151 200 euros, les 18 000 euros d’écart lui revenant au moment du rachat.
Bien loué à un tiers, non-rachat : ce que devient l’indemnité
L’indemnité est due aussi quand le bien est loué à un tiers
La vente à réméré peut porter sur un bien que le vendeur n’habite pas et qui est loué à un tiers. Dans ce cas, l’indemnité d’occupation est due de la même manière : environ 10 % par an du prix de vente, payée d’avance et restituée au prorata en cas de rachat anticipé.
Elle entre donc dans le calcul de la somme nette perçue, comme dans l’exemple ci-dessus. Le sort du bail en cours et des loyers pendant l’opération est réglé par l’acte : ce point se vérifie avec le notaire avant la signature.
En cas de non-rachat, elle reste acquise, sans pénalité en plus
Le rachat est une faculté, jamais une obligation. Si le vendeur ne rachète pas dans le délai, l’acquéreur reste propriétaire du bien. L’indemnité d’occupation payée d’avance correspond alors à une période entièrement écoulée : elle reste acquise à l’investisseur et rien n’est restitué.
En revanche, le vendeur ne doit aucune pénalité ni indemnité supplémentaire. Le coût du non-rachat tient à la perte définitive d’un bien vendu entre 42 % et 60 % de sa valeur, ainsi qu’aux sommes déjà supportées : indemnité d’occupation, honoraires et frais de notaire. Ce risque, le plus sérieux de l’opération, est détaillé dans notre article sur ce qui se passe quand le vendeur ne rachète pas.
Comment choisir la durée de la faculté de rachat
La durée détermine le montant de l’indemnité prélevée à la signature. La faculté de rachat ne peut être stipulée pour un terme excédant cinq années (article 1660 du Code civil). En pratique, les durées usuelles vont de 12 à 24 mois, comme l’explique notre page sur le délai légal de la faculté de rachat.
Trois questions permettent de trancher.
- Combien de temps faut-il réellement pour financer le rachat ? Le rachat peut être financé par un nouveau crédit, la vente d’un autre actif, une succession ou la revente du bien à un tiers conduite par le vendeur. Chaque voie a son calendrier, à estimer avec prudence.
- La somme nette suffit-elle pour cette durée ? Une durée plus longue réduit la somme perçue à la signature. Celle-ci doit suffire à solder toutes les dettes et les frais de notaire.
- Quelle marge de sécurité prévoir ? Une durée trop courte expose au risque le plus lourd, celui de ne pas pouvoir racheter à temps et de perdre le bien. Une durée trop longue coûte moins cher qu’on ne le croit, puisque les mois non consommés sont restitués en cas de rachat anticipé.
Mieux vaut donc retenir la durée la plus prudente que la somme nette permet. Une prolongation reste possible par accord avec l’investisseur, dans la limite de cinq ans au total, mais elle n’est pas un droit.
La même règle en portage immobilier
Chez Alterfi, le portage immobilier suit le même modèle que la vente à réméré. L’indemnité d’occupation y est d’environ 10 % par an du prix de vente, payée d’avance par prélèvement sur le prix, restituée au prorata en cas de rachat anticipé et due aussi lorsque le bien est loué à un tiers. Le raisonnement sur la somme nette et sur la durée est identique : voir notre guide du portage immobilier.
FAQ
Les indemnités d’occupation versées viennent-elles en déduction du prix de rachat ?
Non. L’indemnité d’occupation rémunère l’occupation du bien ; elle ne constitue pas un acompte sur le rachat. Le prix de rachat est égal au prix de vente, sans majoration ni intérêts, auquel s’ajoutent les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil.
Que se passe-t-il si le vendeur ne peut plus payer l’indemnité d’occupation en cours d’opération ?
La question ne se pose pas dans le modèle d’Alterfi. L’indemnité est payée d’avance pour toute la durée convenue, par prélèvement sur le prix à la signature. Aucune échéance n’est donc à honorer pendant la faculté de rachat.
Qui paie les charges, la taxe foncière et l’assurance pendant l’occupation ?
L’indemnité d’occupation ne couvre que le droit d’occuper le bien. La répartition des charges, des taxes, de l’entretien et de l’assurance entre le vendeur et l’investisseur est fixée par l’acte et par la convention d’occupation. Elle se vérifie avec le notaire avant la signature.
L’indemnité d’occupation a-t-elle des conséquences fiscales pour le vendeur ?
Le traitement fiscal de l’opération dépend de la situation de chaque vendeur (particulier, société, résidence principale ou non). Il se vérifie avec un conseil fiscal ou avec le notaire. Notre page sur la fiscalité de la vente à réméré présente les questions à leur poser.
Peut-on prolonger la durée, et que devient alors l’indemnité ?
Une prolongation est possible par accord avec l’investisseur, dans la limite de cinq ans au total. Les conditions de l’occupation pendant la période supplémentaire, dont l’indemnité correspondante, sont fixées par cet accord. L’investisseur n’est pas tenu de l’accepter.
Tous les intermédiaires appliquent-ils la même indemnité d’occupation ?
Non. Le taux, la base de calcul, le mode de paiement et les conditions de restitution varient d’un acteur à l’autre. Demandez ces éléments par écrit, avec la somme nette perçue à la signature. Notre page consacrée au choix d’un organisme de vente à réméré détaille les critères de comparaison.
Conclusion
L’indemnité d’occupation d’une vente à réméré est le prix du droit de rester dans le bien vendu pendant la faculté de rachat. Chez Alterfi, elle représente environ 10 % par an du prix de vente, elle est payée d’avance par prélèvement sur le prix et elle est restituée au prorata en cas de rachat anticipé. Le vendeur n’a rien à verser chaque mois, mais il perçoit moins à la signature quand la durée s’allonge : la durée se choisit donc d’après le calendrier réel du rachat et la somme nette nécessaire pour solder les dettes. Faute de rachat, l’indemnité reste acquise et le bien est perdu, sans pénalité supplémentaire. Pour replacer ce poste dans l’ensemble de l’opération, consultez notre guide complet de la vente à réméré.


