Vendre une maison en indivision : règles, étapes et solutions

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
03 November 2026

Pour vendre une maison en indivision, il faut en principe l’accord de tous les indivisaires : la vente d’un immeuble exige l’unanimité. À défaut, ceux qui détiennent au moins deux tiers des droits peuvent passer par le notaire puis demander au tribunal judiciaire d’autoriser la vente. Chacun peut aussi céder sa seule part, sous réserve du droit de préemption des autres. Quand tout le monde est d’accord mais que la vente traîne, la vente avec complément de prix permet d’encaisser environ 60 % de la valeur tout de suite et le reste à la revente.

En bref

  • La vente de la maison entière suppose le consentement de tous les indivisaires (article 815-3 du Code civil).
  • Sans unanimité, les titulaires d’au moins deux tiers des droits peuvent engager la procédure de l’article 815-5-1 : notaire, puis autorisation du tribunal et vente par licitation.
  • Vendre sa seule part à un tiers est possible, mais les coïndivisaires disposent d’un mois pour exercer leur droit de préemption (article 815-14).
  • Le prix est réparti selon les quotes-parts, après paiement des créanciers de l’indivision (article 815-17).

Peut-on vendre une maison en indivision : la règle de l’unanimité

L’indivision, c’est la situation de plusieurs personnes propriétaires ensemble d’un même bien, chacune pour une quote-part (une moitié, un quart, un tiers…). Notre page qu’est-ce que l’indivision en reprend les bases.

Le Code civil distingue plusieurs niveaux de décision. L’article 815-3 permet aux indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits de faire seuls les actes d’administration (par exemple renouveler un bail d’habitation) ou de vendre des meubles pour payer les dettes de l’indivision, à condition d’en informer les autres. En revanche, pour tout acte qui ne relève pas de l’exploitation normale et pour tout acte de disposition autre que cette vente de meubles, « le consentement de tous les indivisaires est requis ». Service-public le résume simplement : la vente d’un bien immobilier se décide à l’unanimité.

Attention à une confusion fréquente : deux tiers des droits ne veut pas dire deux tiers des personnes. Avec quatre héritiers à parts égales, il faut trois d’entre eux. Si l’un détient la moitié, il lui suffit d’un seul allié parmi les trois autres pour atteindre le seuil.

Les exceptions prévues par la loi

  • Un indivisaire hors d’état de manifester sa volonté ou dont le refus met en péril l’intérêt commun : les autres peuvent saisir le tribunal.
  • L’urgence : le tribunal peut autoriser un indivisaire à vendre seul lorsque l’urgence et l’intérêt commun l’exigent.
  • La majorité des deux tiers avec autorisation judiciaire, détaillée plus bas.

Comment vendre une maison en indivision quand tout le monde est d’accord

Quand les indivisaires s’entendent, la vente suit le chemin d’une vente classique, avec quelques précautions propres à l’indivision.

  • Se mettre d’accord par écrit. Prix plancher, mode de vente, partage des frais : un écrit signé par tous évite les malentendus (voir la trame en FAQ).
  • Faire estimer le bien. Une estimation partagée limite les soupçons, surtout quand un indivisaire occupe la maison.
  • Signer l’avant-contrat puis l’acte chez le notaire. Tous les indivisaires signent, puisque la vente requiert le consentement de chacun.
  • Répartir le prix. Les créanciers de l’indivision sont payés avant le partage, puis chacun reçoit sa quote-part.

Si l’un des indivisaires vit dans la maison, il doit en principe une indemnité aux autres pour cette occupation privative, sauf convention contraire (article 815-9). Ce point pèse souvent sur la répartition finale : nous le détaillons dans notre page sur la maison en indivision occupée par un héritier.

Refus de vendre une maison en indivision : la voie des deux tiers

« Je ne veux pas vendre ma maison en indivision » : ce refus d’un seul indivisaire ne bloque plus tout. L’article 815-5-1 du Code civil organise une procédure en plusieurs temps, sauf si la propriété du bien est démembrée (usufruit et nue-propriété) ou si un indivisaire est dans l’un des cas de l’article 836 (présumé absent, hors d’état de manifester sa volonté, sous mesure de protection).

  • Les indivisaires titulaires d’au moins deux tiers des droits expriment devant un notaire leur intention de vendre.
  • Dans le mois qui suit, le notaire signifie cette intention aux autres indivisaires.
  • Si un indivisaire s’oppose, ou ne se manifeste pas dans les trois mois de la signification, le notaire le constate par procès-verbal.
  • Le tribunal judiciaire peut alors autoriser la vente, si elle ne porte pas une atteinte excessive aux droits des autres indivisaires.
  • La vente se fait par licitation, c’est-à-dire aux enchères, et elle devient opposable à l’indivisaire qui n’y a pas consenti.

Cette vente sans unanimité reste longue et le prix d’enchères est incertain. Les étapes sont développées dans notre guide pour vendre un bien en indivision sans l’accord de tous, et les moyens de limiter le risque d’enchères dans notre page pour éviter une licitation immobilière. Autre option : demander le partage, puisque chacun peut en principe sortir de l’indivision à tout moment, sauf jugement ou convention contraire, ce que nous expliquons dans comment sortir d’une indivision.

Vendre sa part de maison en indivision à un tiers

Vous n’êtes pas obligé de vendre toute la maison pour récupérer votre argent. Vous pouvez céder votre seule quote-part, à un coïndivisaire ou à une personne extérieure. Dans ce second cas, l’article 815-14 impose une procédure précise.

  • Notification par acte extrajudiciaire (par commissaire de justice) à chaque coïndivisaire : prix, conditions de la cession, nom, domicile et profession de l’acquéreur pressenti.
  • Délai d’un mois à compter de cette notification : chaque coïndivisaire peut déclarer, lui aussi par acte extrajudiciaire, qu’il exerce son droit de préemption aux prix et conditions notifiés.
  • Délai de deux mois pour le préempteur, à compter de l’envoi de sa réponse, pour signer l’acte. Faute de quoi, après une mise en demeure restée sans effet pendant quinze jours, sa déclaration est nulle de plein droit, et le vendeur peut réclamer des dommages et intérêts.
  • Plusieurs préempteurs : ils achètent ensemble, en proportion de leurs parts, sauf accord contraire.

Sauter cette étape coûte cher : service-public rappelle que les coïndivisaires ou leurs héritiers peuvent demander l’annulation de la vente dans les cinq ans à compter du jour où ils en ont eu connaissance. En pratique, une part d’indivision trouve rarement preneur à l’extérieur. Le rachat par un coïndivisaire est plus naturel ; si son financement bloque, notre page pour racheter les parts d’un coïndivisaire sans crédit présente les pistes possibles.

Répartition du prix, crédit en cours et fiscalité

Le prix de vente ne se partage pas brut. Selon l’article 815-17, les créanciers qui pouvaient agir sur le bien avant l’indivision, et ceux dont la créance vient de la conservation ou de la gestion du bien, sont payés par prélèvement sur l’actif avant le partage. Concrètement, ces dettes sont réglées avant que le reste soit réparti. Les créanciers personnels d’un seul indivisaire, eux, ne peuvent pas saisir sa part dans le bien indivis, mais ils peuvent provoquer le partage en son nom.

Le solde est ensuite réparti selon les quotes-parts. Bénéfices et pertes de l’indivision se partagent dans la même proportion (article 815-10), et l’on tient compte des comptes entre indivisaires : indemnité d’occupation due par celui qui a habité la maison, dépenses avancées par l’un pour les travaux ou la taxe foncière.

Côté fiscalité, la vente peut dégager une plus-value imposable. Le notaire la calcule et verse l’impôt lors de la vente. La plus-value est exonérée si la maison était la résidence principale du vendeur au moment de la vente, et un abattement augmente avec la durée de détention. Pour une maison reçue en héritage, le prix d’acquisition retenu est la valeur retenue pour le calcul des droits de succession. La situation de chaque indivisaire peut différer : faites le point avec le notaire.

Exemple fictif : une maison de 450 000 € entre trois indivisaires

Exemple fictif : Claire détient la moitié d’une maison estimée 450 000 €, Julien et Sophie un quart chacun. Il reste 90 000 € à rembourser sur un prêt commun, supposé soldé sur le prix de vente. Hypothèse simplifiée : aucune plus-value imposable et aucun autre frais.

  • Vente classique à 450 000 € : après remboursement du prêt, 360 000 € à répartir.
  • Claire reçoit 180 000 €, Julien et Sophie 90 000 € chacun.

Variante avec la vente avec complément de prix, toutes les valeurs de frais étant des hypothèses illustratives :

  • Prix versé à la signature : 60 % de 450 000 €, soit 270 000 €.
  • Déductions : prêt de 90 000 €, honoraires supposés de 6 % TTC du prix versé, haut de la fourchette de 5 à 6 % TTC (16 200 €), frais d’acte supposés de 3 % (8 100 €). Net perçu à la signature : 155 700 €, soit 77 850 € pour Claire et 38 925 € pour Julien et Sophie.
  • Revente ultérieure supposée à 450 000 € : complément de 180 000 €, moins 9 000 € de frais d’acte supposés liés au complément, soit 171 000 € (85 500 € pour Claire, 42 750 € pour chacun des deux autres).
  • Total : 326 700 € (163 350 € pour Claire, 81 675 € pour Julien comme pour Sophie), soit 33 300 € de moins que la vente classique, en échange d’un paiement immédiat.

Vendre une maison de succession en indivision

La succession est une source fréquente d’indivision. Au décès, les héritiers deviennent propriétaires ensemble de la maison jusqu’au partage, et les mêmes règles s’appliquent : unanimité, ou procédure des deux tiers en cas de blocage.

Le partage amiable suppose l’accord de tous et passe obligatoirement par un notaire dès qu’un immeuble est en jeu. Un lot de valeur inférieure peut être compensé par une soulte. Si le partage amiable est impossible, un héritier peut saisir le tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession, avec un avocat. Les héritiers peuvent aussi signer une convention d’indivision, écrite et établie par notaire si la succession comprend un immeuble, pour organiser la gestion en attendant la vente. Notre page dédiée pour vendre un bien hérité avec la vente avec complément de prix détaille ce cas.

La solution Alterfi : vendre vite sans brader

Quand les indivisaires sont d’accord pour vendre mais ne peuvent pas attendre un acheteur (droits de succession, crédit qui court), Alterfi propose la vente avec complément de prix. Un investisseur achète la maison et verse environ 60 % de sa valeur à la signature. Le vendeur d’origine conduit ensuite la revente, sur une durée de 6 mois à 3 ans. À la revente, le complément correspond au prix de revente moins le prix d’achat, déduction faite des frais d’acte liés au complément. Si aucune revente n’intervient à l’échéance, aucun complément n’est dû.

Il s’agit d’une vente définitive, pas d’un crédit : elle exige donc, comme toute vente de la maison entière, l’accord de tous les indivisaires. Les honoraires sont de 5 à 6 % TTC et tous les frais restent à la charge du vendeur. Si l’un d’eux continue d’occuper les lieux, une indemnité d’occupation de 8 à 12 % par an est payée d’avance, et restituée au prorata ; aucune n’est due si la maison est libérée.

Vous êtes l’indivisaire qui veut garder la maison et racheter les parts des autres ? La vente à réméré peut alors servir à mobiliser la valeur d’un bien pour payer les coïndivisaires, avec la faculté de racheter ensuite. L’étude de votre dossier et la proposition écrite sont gratuites.

FAQ

Peut-on vendre une maison en indivision sans l’accord de tous ?
Pas à l’amiable : la vente exige l’unanimité. En l’absence d’unanimité, les indivisaires détenant au moins deux tiers des droits peuvent passer par le notaire puis demander au tribunal judiciaire d’autoriser une vente par licitation (article 815-5-1).

Comment vendre sa part d’indivision à un tiers ?
Il faut notifier aux coïndivisaires, par commissaire de justice, le prix, les conditions et l’identité de l’acquéreur. Ils ont un mois pour exercer leur droit de préemption. Sans cette notification, la vente peut être annulée.

Je ne veux pas vendre ma maison en indivision : que peuvent faire les autres ?
S’ils détiennent au moins deux tiers des droits, ils peuvent engager la procédure de l’article 815-5-1. Vous pouvez faire valoir devant le tribunal que la vente porterait une atteinte excessive à vos droits, ou proposer de racheter leurs parts.

Comment se répartit le prix de vente d’une maison en indivision ?
Les créanciers de l’indivision sont payés avant le partage (article 815-17), puis le solde est réparti selon les quotes-parts, en tenant compte des comptes entre indivisaires.

Existe-t-il un modèle de lettre d’accord pour vendre une maison en indivision ?
Un écrit simple suffit : identité de chaque indivisaire et sa quote-part, adresse du bien, accord de vendre, prix minimal, mode de commercialisation, répartition des frais, date et signature de tous. L’engagement définitif se prend ensuite chez le notaire. Pour une sortie plutôt qu’une vente, voyez notre modèle de lettre de sortie d’indivision.

Conclusion

Vendre une maison en indivision est simple quand tout le monde est d’accord : estimation commune, signatures de tous, puis répartition du prix après paiement des dettes de l’indivision. Sans unanimité, la voie des deux tiers et la vente de sa seule part existent, mais elles sont encadrées et prennent du temps. Pour vendre vite sans brader, la vente avec complément de prix permet d’encaisser une large partie du prix tout de suite et le reste à la revente : demandez une étude gratuite.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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