Je suis au chômage et j’ai besoin d’argent : aides et solutions

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
31 October 2026

Au chômage et à court d’argent, commencez par vos droits : inscription à France Travail et allocation chômage (ARE), avance ou acompte possibles en agence, RSA en complément à la Caf, aides d’urgence du CCAS, FSL pour les factures du logement, microcrédit accompagné. Pour un crédit en cours, activez l’assurance perte d’emploi, négociez avec le prêteur et, au besoin, demandez au juge un délai de grâce de 2 ans maximum. Si vous êtes propriétaire et qu’aucune banque ne vous prête, vous pouvez obtenir de l’argent rapidement en tant que propriétaire, par une vente classique ou une vente à réméré.

En bref

  • L’ARE suppose une perte involontaire d’emploi, une inscription dans les 12 mois suivant la fin du contrat et une durée minimale de travail ; elle n’est versée qu’après un délai d’attente de 7 jours.
  • Le RSA peut compléter une petite allocation chômage ; la prime d’activité suppose une reprise d’activité.
  • Pour un prêt, l’assurance emprunteur, la négociation et le délai de grâce du juge (article L314-20 du Code de la consommation, article 1343-5 du Code civil) viennent avant le surendettement.
  • Un propriétaire peut mobiliser la valeur de son bien grâce au réméré, à condition d’avoir un plan réaliste pour racheter ou revendre.

Je suis au chômage et j’ai besoin d’argent : par quoi commencer ?

La première urgence est de ne perdre aucun droit. Trois réflexes, dès les premiers jours :

  • S’inscrire à France Travail sans attendre : l’inscription conditionne l’allocation chômage et l’accès aux aides de l’opérateur.
  • Faire la liste de vos dépenses incompressibles (logement, énergie, crédits, assurances) et de leurs dates de prélèvement, pour savoir quel créancier contacter en premier.
  • Prévenir tôt votre prêteur et vos fournisseurs : n’attendez pas le premier impayé pour demander un aménagement.

Vérifiez ensuite vos droits au RSA auprès de la Caf ou de la MSA. Si plusieurs crédits sont déjà refusés ou en retard, notre guide crédit refusé partout : que faire recense les pistes.

L’allocation chômage (ARE) : conditions, délai et acompte

L’allocation d’aide au retour à l’emploi est versée par France Travail. Selon Service-public.fr, il faut :

  • être involontairement privé d’emploi : licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD non renouvelé ou démission considérée comme légitime ;
  • avoir suffisamment travaillé : pour un salarié de moins de 55 ans, au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois ; à partir de 55 ans, cette durée s’apprécie sur les 36 derniers mois ;
  • s’inscrire dans les 12 mois suivant la fin du contrat de travail.

L’argent n’arrive pas tout de suite. Un délai d’attente de 7 jours s’applique (sauf s’il a déjà été appliqué dans les 12 mois précédents), auquel peuvent s’ajouter des différés liés aux congés payés indemnisés et aux indemnités de rupture supérieures au minimum légal. L’allocation est ensuite versée chaque mois, sur la base de votre actualisation mensuelle : celle d’un mois est payée au début du mois suivant.

Si l’attente vous met en difficulté, sachez que des avances et des acomptes peuvent être demandés à votre agence France Travail, sous certaines conditions. Lorsque vos droits prennent fin, l’allocation de solidarité spécifique (ASS) peut, sous conditions, prendre le relais.

France Travail propose aussi, sous conditions, des aides ciblées : garde d’enfants pour reprendre un emploi, déplacement pour un entretien d’embauche, mobilité lors d’une reprise d’emploi.

RSA, prime d’activité, CCAS, FSL, microcrédit : les aides possibles

Le RSA. Il s’adresse aux personnes d’au moins 25 ans (sauf cas particuliers des jeunes actifs ou parents) qui résident en France de manière stable et effective et dont les ressources des 3 derniers mois sont faibles. Il se cumule avec l’ARE : le RSA est diminué du montant de l’allocation et la complète jusqu’au montant forfaitaire. La demande se fait auprès de la Caf ou de la MSA. Bon à savoir pour un propriétaire : lorsque vous êtes propriétaire de votre logement, un montant forfaitaire est ajouté à vos ressources dans le calcul.

La prime d’activité. Elle ne concerne pas une personne sans aucune activité : il faut avoir au moins 18 ans, exercer une activité professionnelle et percevoir des revenus modestes. Elle devient utile dès que vous reprenez un emploi, même partiel. La demande se fait en ligne auprès de la Caf (ou de la MSA).

Le CCAS. Le centre communal d’action sociale, obligatoire dans les communes de plus de 1 500 habitants, vous renseigne sur vos droits, vous oriente et peut instruire une demande d’aide extralégale auprès de la mairie ou du département. Sans CCAS, adressez-vous à la mairie ou au centre intercommunal d’action sociale.

Le Fonds de solidarité pour le logement (FSL). Organisé par chaque département, il aide à payer les dettes de loyer, les factures d’énergie, d’eau ou de téléphone. Il concerne les locataires, mais aussi le propriétaire qui habite son propre logement. L’aide prend la forme d’un prêt ou d’une subvention, sous plafond de ressources, et n’est jamais automatique. La demande passe par une assistante sociale (Caf, MSA, CCAS ou département).

Le microcrédit personnel accompagné. Il est ouvert aux demandeurs d’emploi et aux personnes à faibles revenus, pour un projet précis favorisant l’insertion : véhicule, permis, formation, frais de santé non remboursés. Il ne peut pas dépasser 8 000 €, pour une durée de 6 mois à 7 ans. On ne le demande pas directement à une banque : une association, un CCAS ou un travailleur social monte le dossier avec vous.

Crédit en cours : assurance perte d’emploi, banque et délai de grâce

Pour un propriétaire au chômage, quatre leviers existent, dans cet ordre :

  • L’assurance emprunteur. Si votre contrat couvre la perte d’emploi, l’assureur peut prendre en charge les mensualités. Relisez les garanties et déclarez le sinistre vite : certains contrats fixent un délai de déclaration.
  • La négociation avec le prêteur. Demandez par écrit, de préférence en recommandé avec accusé de réception, un report, une baisse temporaire ou un rééchelonnement. Le prêteur n’est pas obligé d’accepter, et toute modification fait l’objet d’un avenant.
  • Le délai de grâce du juge. Le juge des contentieux de la protection peut suspendre les échéances pendant 2 ans maximum, quel que soit le montant du crédit, sans majorations ni pénalités de retard (article L314-20 du Code de la consommation et article 1343-5 du Code civil). Joignez vos justificatifs de ressources et de charges. À la fin du délai, les échéances suspendues ne sont pas exigibles en une seule fois : leur paiement peut être étalé sur la durée restante du crédit ou reporté à la fin du remboursement.
  • Le surendettement. Si vous ne pouvez manifestement plus faire face à vos dettes et que vous êtes de bonne foi, vous pouvez saisir la commission de surendettement de votre département, dont la Banque de France assure le secrétariat ; la procédure est gratuite. Voir comment déposer un dossier de surendettement et les aides en cas de surendettement.

Ne laissez pas les impayés s’accumuler : selon les clauses du contrat, des impayés persistants peuvent conduire le prêteur à prononcer la déchéance du terme du crédit immobilier et exiger tout le capital restant dû.

Propriétaire au chômage : vendre ou mobiliser son bien

Vendre. C’est la solution la plus simple si vous êtes prêt à quitter le bien : si le prix couvre le capital restant dû, la vente solde le crédit et libère le reste du prix. Sous la pression d’impayés, elle se négocie mal ; notre page vendre sa maison pour payer ses dettes détaille la méthode.

Mobiliser le bien sans le perdre définitivement. Au chômage, obtenir un nouveau prêt est souvent difficile, car le prêteur examine vos revenus. La vente à réméré fonctionne autrement : elle repose avant tout sur la valeur du bien et sur votre capacité à racheter ou à revendre à l’échéance.

  • Un investisseur achète le bien entre 42 % et 60 % de sa valeur ; vous restez dans les lieux.
  • Vous gardez le droit de le racheter au prix de vente, sans majoration ni intérêts, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil.
  • La durée est de cinq ans au maximum (article 1660 du Code civil) ; 24 mois en moyenne, souvent 36, avec une prolongation possible par accord dans la limite de cinq ans au total.
  • Une indemnité d’occupation d’environ 10 % par an du prix de vente est payée d’avance pour toute la durée, puis restituée au prorata en cas de rachat anticipé : aucun versement mensuel ne pèse sur votre budget.
  • Le bien doit être situé en France et valoir au moins 300 000 €.

Pour un emprunteur déjà en retard, voir aussi la vente à réméré face au crédit immobilier impayé.

Le risque du réméré : sans plan de sortie, le bien reste à l’investisseur

Le réméré n’est pas un revenu : c’est une avance sur la valeur de votre bien. Avant de signer, posez-vous trois questions :

  • Comment vais-je racheter ? Reprise d’emploi puis nouveau prêt, rentrée d’argent attendue (indemnités, succession, vente d’un autre bien), ou revente du bien au prix du marché avant l’échéance.
  • La durée est-elle suffisante pour retrouver un emploi stable et convaincre une banque ? Mieux vaut prévoir large.
  • Que se passe-t-il si rien ne fonctionne ? Aucune pénalité n’est due en cas de non-rachat, mais le bien reste à l’investisseur, qui l’a acheté au prix convenu.

Les coûts doivent aussi être chiffrés : honoraires de 5 % HT, soit 6 % TTC du prix de vente, dus seulement si l’opération se réalise, et frais de notaire de 2 à 3 % du prix de vente à la charge du vendeur. Le détail figure dans notre page sur la vente à réméré : coûts et frais. L’étude et la proposition écrite sont gratuites ; la mise en place prend de 10 à 20 jours à Paris et de 30 à 60 jours en province.

Exemple fictif : un propriétaire au chômage mobilise sa maison

Exemple fictif. Julien, 47 ans, a été licencié. Son allocation chômage ne couvre plus la mensualité de son prêt immobilier, dont il reste 120 000 € à rembourser ; son assurance ne garantit pas la perte d’emploi et sa banque refuse un rééchelonnement. Sa maison est estimée à 420 000 €. Il la cède à réméré à 50 % de sa valeur, soit 210 000 €, pour 24 mois :

  • indemnité d’occupation : 10 % par an de 210 000 € sur 2 ans, soit 42 000 € payés d’avance ;
  • honoraires : 6 % TTC de 210 000 €, soit 12 600 € ;
  • frais de notaire : 2,5 % de 210 000 €, soit 5 250 € ;
  • somme nette disponible : 210 000 − 42 000 − 12 600 − 5 250 = 150 150 €.

Julien solde son crédit de 120 000 € et garde 30 150 € de réserve. Pour récupérer sa maison, il versera 210 000 € plus les frais et loyaux coûts. S’il retrouve un emploi et rachète au bout de 12 mois, la moitié de l’indemnité non consommée, soit 21 000 €, lui est restituée. S’il ne retrouve pas d’emploi, il peut revendre lui-même la maison au prix du marché et racheter au moment de la vente : l’écart entre la valeur estimée et le prix de rachat (420 000 − 210 000 = 210 000 €, avant frais et loyaux coûts du rachat, frais de revente et impôts éventuels) lui revient. S’il ne fait rien, la maison reste à l’investisseur.

FAQ

Je suis au chômage et j’ai besoin d’argent : à qui m’adresser ?
À France Travail pour l’allocation chômage et un éventuel acompte ; à la Caf ou à la MSA pour le RSA ; au CCAS pour une aide extralégale ; à une assistante sociale pour le FSL ou un microcrédit.

Besoin d’argent au chômage : peut-on cumuler RSA et allocation chômage ?
Oui, si vous remplissez les conditions du RSA. Le RSA est diminué du montant de l’ARE perçue et ne fait que compléter vos ressources jusqu’au montant forfaitaire. Déclarez vos allocations lors de la demande à la Caf.

Chômage et besoin d’argent urgent : que faire en attendant la première allocation ?
Demandez une avance ou un acompte à votre agence France Travail, contactez le CCAS et prévenez vos créanciers avant tout impayé. Pour les factures du logement, le FSL peut accorder un prêt ou une subvention.

Au chômage, comment avoir de l’argent quand on est propriétaire ?
Après les aides, il reste la vente du bien ou la vente à réméré : vous restez dans les lieux et pouvez racheter dans un délai de cinq ans au plus. Sans plan de sortie réaliste, le bien reste à l’investisseur.

Peut-on suspendre son crédit immobilier quand on perd son emploi ?
L’assurance emprunteur peut prendre en charge les mensualités si elle couvre la perte d’emploi. Sinon, négociez un report avec le prêteur ou demandez au juge des contentieux de la protection un délai de grâce de 2 ans maximum, sans pénalités de retard.

Une banque peut-elle prêter à un chômeur ?
C’est difficile, car le prêteur examine vos revenus. Le microcrédit personnel accompagné est ouvert aux demandeurs d’emploi pour un projet d’insertion, dans la limite de 8 000 €. Pour un propriétaire, le réméré repose avant tout sur la valeur du bien et sur un plan de rachat ou de revente.

Conclusion

Au chômage, faites d’abord valoir tous vos droits, puis, pour un crédit, mobilisez l’assurance, la négociation et le délai de grâce avant le surendettement. Le propriétaire peut aussi vendre, ou céder son bien à réméré, à condition d’avoir un plan clair pour racheter ou revendre.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations média

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