Refus de prêt hypothécaire : pourquoi et que faire

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
10 October 2026

Un refus de prêt hypothécaire tient presque toujours à la capacité de remboursement : l’hypothèque protège le prêteur en cas d’impayé, elle ne remplace pas les revenus qui paieront les échéances. Que faire ? Obtenir le motif, vérifier son fichage, revoir le montant ou la durée, consulter un courtier immatriculé. Si le crédit reste fermé, la valeur du bien peut être mobilisée autrement, par exemple par une vente à réméré, vente avec faculté de rachat qui n’est pas un crédit. Voir notre comparatif crédit hypothécaire ou vente à réméré.

En bref

  • Un prêt hypothécaire est refusé malgré la garantie parce que le prêteur évalue d’abord la capacité de l’emprunteur à rembourser, pas la valeur du bien.
  • Les motifs les plus courants sont un taux d’effort supérieur à 35 %, des revenus jugés insuffisants, un fichage, l’âge ou le coût de l’assurance.
  • Après un refus, il faut obtenir le motif, vérifier son fichage et retravailler le dossier, seul ou avec un courtier immatriculé à l’ORIAS.
  • La vente à réméré ne dépend pas des revenus, mais elle suppose un bien d’au moins 300 000 euros et un projet de rachat crédible.

Refus de prêt hypothécaire : pourquoi la garantie ne suffit pas

Un prêt hypothécaire est un crédit garanti par une hypothèque sur un bien immobilier. Selon justice.fr, l’hypothèque conventionnelle est établie devant notaire, qui l’inscrit auprès des services de la publicité foncière, et si le crédit n’est pas remboursé, la banque peut obtenir la saisie du bien et sa vente pour recouvrer les sommes dues.

C’est précisément ce scénario qu’un prêteur cherche à éviter : la garantie est un filet de sécurité, pas un mode de remboursement. Assurance Banque Épargne Info Service, le site d’information commun de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF, le dit sans détour pour le crédit immobilier : le prêteur procède à une « évaluation rigoureuse de la solvabilité de l’emprunteur », et cette évaluation « ne repose pas sur la valeur du bien financé ». Un bien de grande valeur ne compense donc pas des revenus insuffisants.

Les motifs de refus les plus fréquents

Un taux d’effort au-delà de 35 %

Le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) a rendu contraignants, pour les crédits immobiliers, un taux d’effort qui ne doit pas excéder 35 % et une durée qui ne doit pas excéder 25 ans, avec une tolérance de deux ans de différé d’amortissement. Les banques ne peuvent y déroger que pour 20 % au plus de leur production trimestrielle. Un propriétaire déjà endetté, qui cherche justement de la trésorerie, bute souvent sur ce seuil.

Des revenus insuffisants ou difficiles à justifier

Selon le ministère de l’Économie, la banque détermine la capacité d’endettement en appliquant un taux d’effort aux ressources : revenus, retraite, loyers perçus. Des revenus en baisse, irréguliers ou récents, fréquents chez les indépendants et les dirigeants, réduisent d’autant le montant finançable.

Un fichage à la Banque de France

La Banque de France indique que les établissements consultent systématiquement le FICP avant d’accorder un nouveau crédit. Être inscrit n’interdit pas d’emprunter, mais l’inscription entre dans l’appréciation de la solvabilité.

L’âge, l’assurance et le taux d’usure

Selon service-public.fr, le prêteur peut imposer une assurance emprunteur, et le questionnaire de santé n’est interdit que pour un crédit de 200 000 euros ou moins par assuré, remboursé avant 60 ans. Le ministère de l’Économie rappelle par ailleurs que le taux d’usure est le taux maximum légal qu’un prêteur peut pratiquer, fixé chaque trimestre par la Banque de France, et que le TAEG comprend les coûts d’assurance et de garantie obligatoires. Quand ces coûts sont élevés, le crédit peut se heurter à ce plafond. Ces freins se cumulent avec l’âge : voir les solutions du senior propriétaire à qui l’on refuse un crédit.

L’objet du prêt

Une demande de trésorerie sans affectation précise, destinée à rembourser d’autres dettes ou à soutenir une entreprise en difficulté, présente un risque que beaucoup de prêteurs ne prennent pas, garantie ou non.

Que faire après un refus de prêt hypothécaire

  1. Obtenir le motif. Pour un crédit immobilier, Assurance Banque Épargne Info Service précise que vous devez être informé du rejet dans les meilleurs délais et, s’il est fondé sur la consultation du FICP, recevoir cette précision et les renseignements correspondants.
  2. Vérifier son fichage. Selon service-public.fr, vous pouvez accéder au FICP en ligne depuis votre espace personnel sur le site de la Banque de France, sur place sur rendez-vous ou par courrier.
  3. Retravailler le dossier. Réduire le montant, solder un crédit renouvelable, ajouter un co-emprunteur : tout ce qui fait baisser le taux d’effort.
  4. Consulter un courtier. Selon Assurance Banque Épargne Info Service, il doit être immatriculé auprès de l’ORIAS et indiquer, par écrit ou sur un autre support durable, les modalités ou le niveau de sa rémunération avant la signature du mandat.
  5. Ne rien payer d’avance. La Banque de France rappelle qu’aucune somme ne doit être versée pour obtenir un prêt ou débloquer les fonds.

Le médiateur bancaire ne peut pas être saisi pour un refus de prêt, indique le ministère de l’Économie. Un chef d’entreprise peut en revanche saisir gratuitement la médiation du crédit de la Banque de France après un refus de crédit professionnel. Ces recours sont détaillés dans notre guide crédit refusé partout : causes et solutions.

Prêt hypothécaire refusé : les autres façons de mobiliser son bien

  • Le prêt viager hypothécaire. Selon justice.fr, aucun questionnaire médical ni justificatif de revenus n’est exigé, le contrat est signé devant notaire et le remboursement se fait généralement au décès ou à la vente du logement. Selon la même source, il n’est commercialisé que par quelques établissements spécialisés.
  • La vente classique. Elle libère le plus de capital, mais elle est définitive. Un bien grevé d’une hypothèque peut être vendu : voir vendre un bien hypothéqué.
  • Le portage immobilier et la vente à réméré. Le bien est vendu à un investisseur avec une faculté de rachat. Notre comparatif prêt hypothécaire ou portage immobilier détaille les différences.
  • La vente avec complément de prix. Le propriétaire encaisse un premier prix, puis un complément lors de la revente à un tiers qu’il conduit lui-même.

Prêt hypothécaire ou vente à réméré : ce qui change après un refus

La vente à réméré n’est pas un prêt hypothécaire déguisé : c’est une vente signée devant notaire, assortie d’une faculté de rachat prévue aux articles 1659 à 1673 du Code civil (voir pourquoi la vente à réméré n’est pas un crédit). Les différences portent sur cinq points.

  • Ce qui est examiné. Le prêt hypothécaire repose sur les revenus et le taux d’effort. La vente à réméré repose sur la valeur du bien et sur la crédibilité du projet de rachat.
  • Ce que l’on paie pendant l’opération. Le prêt se rembourse par échéances. En réméré, l’indemnité d’occupation, environ 10 % par an du prix de vente, est payée d’avance sur le prix et restituée au prorata en cas de rachat anticipé : rien à verser chaque mois.
  • Le montant obtenu. L’investisseur achète entre 42 % et 60 % de la valeur du bien. Le prix de rachat est égal au prix de vente, sans majoration ni intérêts, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil.
  • La durée. La faculté de rachat ne peut excéder cinq ans (article 1660 du Code civil) ; les durées usuelles vont de 12 à 24 mois.
  • L’issue en cas d’échec. Un prêt hypothécaire impayé peut conduire à la saisie et à la vente du bien. En réméré, à défaut de rachat, l’acquéreur reste propriétaire, sans pénalité ni indemnité supplémentaire : le bien est perdu, mais sans procédure de saisie. Voir ce qui se passe en l’absence de rachat.

La vente à réméré peut répondre si le bien est situé en France et vaut au moins 300 000 euros, si le montant net perçu couvre les dettes, et si le rachat repose sur une ressource identifiée : vente d’un autre actif, succession en cours, ou nouveau crédit une fois l’endettement réduit. Elle ne répond pas si le prix ne suffit pas à tout solder ou si aucune ressource ne permettra de racheter. Les pistes de financement sont détaillées dans comment financer le rachat de son bien. Alterfi n’achète pas les biens : elle met le propriétaire en relation avec un investisseur et l’accompagne jusqu’au notaire.

Exemple chiffré fictif : après un refus de prêt hypothécaire

Cet exemple est fictif. Madame Leroy, gérante d’un commerce, possède une maison estimée à 300 000 euros, libre de tout crédit, et un studio qu’elle a mis en vente. Elle demande un prêt hypothécaire de 100 000 euros pour régler une dette fiscale et renflouer sa trésorerie. Sa banque refuse : ses revenus des deux derniers exercices ne permettent pas de respecter le taux d’effort.

Un investisseur achète la maison 180 000 euros, soit 60 % de sa valeur, avec une faculté de rachat de 24 mois. Sont prélevés sur le prix à la signature :

  • l’indemnité d’occupation, environ 10 % par an du prix de vente, payée d’avance pour 24 mois : 36 000 euros ;
  • les honoraires, 5 % HT du prix de vente, soit 6 % TTC : 10 800 euros.

Madame Leroy perçoit 133 200 euros nets à la signature, hors frais d’acte. Après les frais de notaire, entre 2 % et 3 % du prix de vente (3 600 à 5 400 euros), il lui reste 127 800 à 129 600 euros : ses 100 000 euros de besoin sont couverts, avec une marge de 27 800 à 29 600 euros.

Le studio se vend au bout de 22 mois. Avec ce prix et sa marge, elle rachète sa maison 180 000 euros à l’échéance des 24 mois, plus les frais et loyaux coûts. Le coût de l’opération s’établit à 46 800 euros (36 000 euros d’indemnité et 10 800 euros d’honoraires), hors frais d’acte. Si le studio ne s’était pas vendu à temps, l’acquéreur serait resté propriétaire de la maison.

Sources : justice.fr (hypothèque et crédit immobilier, prêt viager hypothécaire) ; Assurance Banque Épargne Info Service (contrat de crédit immobilier) ; ministère de l’Économie (crédit immobilier, taux d’usure, médiateur bancaire, mesure du HCSF sur l’octroi de crédits immobiliers) ; Banque de France (FICP, médiation du crédit, arnaques au crédit) ; service-public.fr (FICP, assurance emprunteur).

FAQ

Peut-on obtenir un prêt hypothécaire sans revenus ?
Pour un prêt hypothécaire classique, non en pratique : la solvabilité est évaluée sur les revenus, l’épargne et les biens, pas sur la seule valeur du bien. Le prêt viager hypothécaire fait exception : selon justice.fr, aucun justificatif de revenus n’est exigé.

Un prêt hypothécaire est-il possible en étant fiché FICP ?
Selon la Banque de France, une inscription au FICP n’interdit pas de souscrire un nouveau crédit. Elle pèse toutefois dans l’appréciation de la solvabilité, et la garantie hypothécaire ne suffit pas à la compenser.

Combien coûte une hypothèque ?
Selon justice.fr, les frais d’une hypothèque conventionnelle correspondent aux frais de notaire, qui comprennent notamment la rémunération du notaire, taxe de publicité foncière et frais de formalité. L’ANIL propose un simulateur pour les estimer.

Que se passe-t-il si l’on ne rembourse pas un prêt hypothécaire ?
Selon justice.fr, si le crédit n’est pas remboursé dans les délais, la banque peut obtenir la saisie du bien et sa vente pour recouvrer les sommes dues.

La vente à réméré est-elle une forme de prêt hypothécaire ?
Non. C’est une vente, signée devant notaire, avec une faculté de rachat d’au plus cinq ans. Il n’y a ni intérêts ni mensualités, mais une indemnité d’occupation payée d’avance si le vendeur reste dans les lieux.

Combien de temps faut-il pour mettre en place une vente à réméré ?
Comptez généralement 10 à 20 jours à Paris et 30 à 60 jours en province entre l’accord et la signature chez le notaire, selon le dossier, le notaire et les délais administratifs.

Conclusion

Un refus de prêt hypothécaire signifie rarement que le bien ne vaut pas assez : il signifie que les revenus ne permettent pas de rembourser selon les critères du prêteur. Obtenez le motif, corrigez ce qui peut l’être, faites appel à un courtier immatriculé. Si le crédit reste fermé et qu’un projet de rachat existe, comparez les deux voies avec notre analyse crédit hypothécaire ou vente à réméré : laquelle choisir.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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