La durée d’un portage immobilier ne peut pas dépasser cinq ans. Elle est fixée dans l’acte, le plus souvent entre 12 et 24 mois, et peut être prolongée par accord avec l’investisseur dans la limite de cinq ans au total. Chez Alterfi, le portage immobilier suit le modèle de la vente à réméré, vente avec faculté de rachat : même plafond, promesse de vente comprise. Bien choisir cette durée, c’est arbitrer entre la somme perçue à la signature et le temps nécessaire pour racheter.
En bref
- Un portage immobilier dure cinq ans au maximum, prolongations comprises, et le plus souvent entre 12 et 24 mois selon le projet de rachat.
- Une durée plus longue ne coûte pas plus cher si vous rachetez à la même date, mais elle réduit la somme nette versée à la signature.
- Un rachat avant l’échéance est toujours possible : l’indemnité d’occupation des mois non consommés vous est alors restituée au prorata.
- Sans rachat à l’échéance, aucune pénalité n’est due, mais l’investisseur reste propriétaire du bien et vous perdez la faculté de racheter.
Quelle est la durée maximale d’un portage immobilier ?
La durée maximale d’un portage immobilier est de cinq ans. Lorsque le droit de rachat prend la forme d’une faculté de rachat, la règle vient du Code civil : l’article 1660 dispose que la faculté de rachat ne peut être stipulée pour un terme excédant cinq années. La documentation officielle de l’administration fiscale (BOFiP) le rappelle : la vente avec faculté de rachat est prévue par les articles 1659 à 1673 du Code civil, et la faculté de rachat « ne peut être stipulée pour un terme supérieur à cinq ans en application de l’article 1660 du code civil ».
Chez Alterfi, le portage suit exactement le modèle de la vente à réméré, et le plafond de cinq ans s’applique aussi lorsque le droit de rachat est organisé par une promesse de vente consentie par l’investisseur. Quelle que soit la forme retenue, trois règles valent pour toute la durée :
- le prix de rachat est égal au prix de vente, sans majoration ni intérêts, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil ;
- le rachat est une faculté, jamais une obligation ;
- à défaut de rachat dans le délai, l’acquéreur reste propriétaire.
Le calcul de l’échéance, la notification du rachat et les règles propres au délai de la faculté de rachat sont traités dans notre page consacrée au délai légal pour exercer la faculté de rachat. Ici, nous traitons la stratégie de durée.
Durée portage immobilier : comment choisir entre 12, 24 et 36 mois
Les durées usuelles
La plupart des portages sont conclus pour 12 à 24 mois. Cette durée correspond au temps habituel pour qu’une source de rachat se concrétise : régularisation d’une situation bancaire, règlement d’une succession, vente d’un autre actif ou revente du bien. Une durée plus longue reste possible dans la limite de cinq ans, selon l’accord avec l’investisseur.
L’arbitrage : somme perçue contre marge de sécurité
L’indemnité d’occupation, d’environ 10 % par an du prix de vente, est payée d’avance pour toute la durée convenue et prélevée sur le prix à la signature. Elle est restituée au prorata en cas de rachat anticipé. Deux conséquences en découlent :
- le coût final dépend de la date réelle du rachat, pas de la durée inscrite à l’acte : seuls les mois réellement occupés sont consommés ;
- une durée longue immobilise plus d’argent au départ : plus la durée est longue, plus l’indemnité prélevée est élevée et plus la somme nette versée à la signature est faible.
Le bon choix est donc la durée la plus courte qui laisse une marge réelle après la date à laquelle vous pensez pouvoir racheter, sans que l’indemnité prépayée empêche le net perçu de couvrir vos dettes. Le détail du calcul de l’indemnité figure dans notre guide sur l’indemnité d’occupation, son paiement et sa restitution.
Partir de la source de rachat
- Nouveau crédit : comptez le temps de régulariser votre situation, puis celui de l’instruction par la banque.
- Succession ou vente d’un autre actif : partez de la date la plus tardive raisonnable, pas de la plus optimiste.
- Revente du bien à un tiers : ajoutez au délai de commercialisation celui du compromis puis de l’acte définitif.
Les différentes façons de réunir le prix de rachat sont détaillées dans notre page comment financer le rachat de son bien.
Exemple chiffré fictif : 12, 24 ou 36 mois sur le même bien
L’exemple qui suit est fictif. Un propriétaire possède un bien estimé à 300 000 €. L’investisseur l’achète 180 000 €, soit 60 % de sa valeur. L’indemnité d’occupation est de 18 000 € par an, soit 1 500 € par mois, et les honoraires s’élèvent à 10 800 € (6 % TTC du prix de vente). Les frais de notaire, entre 3 600 € et 5 400 €, sont à la charge du vendeur dans les trois cas.
- 12 mois : indemnité prépayée 18 000 €, net à la signature 151 200 € hors frais d’acte, coût 28 800 € si le rachat a lieu à l’échéance.
- 24 mois : indemnité prépayée 36 000 €, net à la signature 133 200 € hors frais d’acte, coût 46 800 € si le rachat a lieu à l’échéance.
- 36 mois : indemnité prépayée 54 000 €, net à la signature 115 200 € hors frais d’acte, coût 64 800 € si le rachat a lieu à l’échéance.
Dans les trois cas, le prix de rachat est de 180 000 €, plus les frais de l’article 1673 du Code civil.
Si le rachat intervient au 18e mois
- Portage de 24 mois : 9 000 € restitués, coût 37 800 €.
- Portage de 36 mois : 27 000 € restitués, coût 37 800 €.
- Portage de 12 mois : il faut obtenir une prolongation de 6 mois. L’indemnité de cette période, 9 000 €, ne peut plus être prélevée sur le prix, déjà versé : elle se règle selon l’avenant, s’ajoutent ses frais d’acte, et l’accord de l’investisseur n’est pas acquis. Coût : 37 800 € plus les frais de l’avenant.
La leçon : à date de rachat identique, la durée choisie ne change pas le coût. Elle change la somme disponible à la signature (36 000 € d’écart entre 12 et 36 mois) et le risque de devoir négocier une prolongation. Testez vos propres hypothèses avec notre simulateur de portage immobilier.
Prolonger un portage immobilier
Un portage conclu pour moins de cinq ans peut être prolongé par accord avec l’investisseur, dans la limite de cinq ans au total. Une prolongation n’est jamais un droit : l’investisseur peut la refuser, et le vendeur ne peut pas l’imposer.
Comment se formalise la prolongation
La prolongation modifie l’acte signé chez le notaire : elle prend la forme d’un avenant signé par les deux parties, dont le notaire indique la forme et les formalités. La possibilité d’une prolongation, comme celle d’un rachat échelonné ou partiel, peut aussi être prévue dès l’acte initial, selon l’accord avec l’investisseur ; c’est un point à négocier avant de signer, avec la convention de portage.
Ce que coûte une prolongation
- L’indemnité d’occupation de la période supplémentaire, selon le même taux d’environ 10 % par an du prix de vente.
- Les frais de l’avenant, que le notaire chiffre à l’avance. Aucun nouvel honoraire Alterfi n’est dû.
Le prix de rachat, lui, ne change pas : il reste égal au prix de vente. Demandez-la dès que le retard de votre source de rachat est connu, pas dans les dernières semaines.
Sortir avant l’échéance : rachat anticipé ou revente
Le rachat anticipé
Le vendeur peut racheter son bien avant l’échéance, dès qu’il réunit le prix de rachat et les frais. L’indemnité d’occupation des mois non consommés lui est restituée au prorata : c’est ce qui rend une durée prudente peu coûteuse lorsque le rachat arrive plus tôt que prévu. Les modalités pratiques, notamment le préavis éventuel prévu à l’acte, se vérifient avec le notaire.
La revente du bien à un tiers
Le vendeur peut aussi conduire lui-même la revente de son bien à un acquéreur avant l’échéance. Le prix obtenu sert à payer le prix de rachat et les frais ; le solde lui revient. Cette sortie suppose de commencer la commercialisation assez tôt : un compromis signé quelques jours avant l’échéance ne suffit pas si l’acte définitif ne peut pas intervenir à temps. Le notaire, dont le rôle dans le portage immobilier est central à ce stade, organise l’enchaînement du rachat et de la revente.
Fin du portage immobilier : que se passe-t-il à l’échéance sans rachat ?
Si le vendeur ne rachète pas dans le délai, aucune pénalité ni indemnité supplémentaire n’est due : l’investisseur reste propriétaire du bien et la faculté de rachat disparaît. Le vendeur a déjà supporté l’indemnité d’occupation prépayée, les honoraires et les frais d’acte ; il perd surtout la différence entre la valeur du bien et le prix de vente.
Le départ des lieux suit ce que prévoit l’acte : date de libération, état du logement, éventuelle occupation prolongée convenue avec l’investisseur. Ces conditions sont à lire avec le notaire avant la signature, pas à l’échéance. Les conséquences et les dernières options sont détaillées dans notre page sur le non-rachat en portage immobilier.
Calendrier conseillé pour un portage de 24 mois
Ce calendrier est indicatif et se transpose à toute durée.
- Avant la signature : identifiez la source de rachat et sa date probable, puis retenez une durée qui laisse une marge après cette date.
- À mi-parcours (12e mois) : faites le point sur votre source de rachat. Si elle prend du retard, ouvrez tout de suite la discussion sur une prolongation.
- Au 15e mois : si vous visez un nouveau crédit, constituez le dossier ; si vous visez une revente, mettez le bien en vente.
- Au 18e mois : obtenez l’accord de financement ou signez le compromis ; à défaut, négociez la prolongation par avenant.
- Au 21e mois au plus tard : notifiez votre volonté de racheter selon les formes prévues à l’acte et fixez le rendez-vous de signature chez le notaire.
- Avant le 24e mois : signature du rachat ou de la revente, restitution au prorata de l’indemnité non consommée si vous sortez plus tôt.
Le portage n’a de sens que pour un bien situé en France d’une valeur d’au moins 300 000 €, avec une source de rachat crédible. Si le rachat est très incertain, une vente avec complément de prix ou une vente classique protège mieux la valeur du bien.
Sources : Code civil, articles 1659 à 1673 (faculté de rachat), dont l’article 1660, tels que rappelés par le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP), BOI-BIC-PVMV-40-40-30, « Conséquences de l’annulation de la cession, de la résolution ou de la réduction du prix de cession d’un élément de l’actif immobilisé », paragraphe 1, définition des ventes avec faculté de rachat.
FAQ
Un portage immobilier peut-il durer plus de cinq ans ?
Non. Chez Alterfi, le plafond de cinq ans s’applique à la durée totale, prolongations comprises, que le rachat prenne la forme d’une faculté de rachat ou d’une promesse de vente. Au-delà, l’investisseur reste propriétaire.
L’investisseur peut-il refuser de prolonger le portage ?
Oui. La prolongation suppose son accord, formalisé par un avenant, et il n’est pas tenu de l’accepter. C’est pourquoi la durée initiale doit déjà contenir une marge.
L’investisseur peut-il m’obliger à racheter avant l’échéance ?
Non. Le rachat est une faculté du vendeur, jamais une obligation, et la durée convenue est celle inscrite dans l’acte. C’est au vendeur de décider s’il rachète et quand, dans ce délai.
Le prix de rachat augmente-t-il avec la durée ?
Non. Il est égal au prix de vente, sans majoration ni intérêts, quelle que soit la durée, plus les frais et loyaux coûts de l’article 1673 du Code civil. Seule l’indemnité d’occupation dépend du temps.
Que récupère-t-on en rachetant au bout de trois mois ?
Toute l’indemnité des mois non consommés. Sur l’exemple fictif d’un portage de 24 mois à 180 000 €, un rachat au troisième mois entraîne la restitution de 31 500 €, pour un coût de 15 300 € hors frais d’acte, honoraires compris.
Faut-il payer quelque chose chaque mois pendant le portage ?
Non. L’indemnité d’occupation est payée d’avance pour la durée convenue et prélevée sur le prix à la signature. Seule une prolongation donne lieu à un nouveau règlement, pour la période supplémentaire.
Conclusion
Un portage dure cinq ans au plus, et le plus souvent 12 à 24 mois. Choisissez la durée à partir de la date réaliste de votre source de rachat, avec une marge : grâce à la restitution au prorata, une durée prudente ne coûte pas plus cher si vous rachetez tôt, elle réduit seulement la somme perçue à la signature. Préparez le rachat ou la revente plusieurs mois avant l’échéance, et n’envisagez la prolongation que comme un recours, soumis à l’accord de l’investisseur. Pour le fonctionnement complet de l’opération, consultez notre guide du portage immobilier.


