Vente avec faculté de rachat : quels biens sont concernés ?

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le

La vente avec faculté de rachat est un mécanisme juridique qui permet à un propriétaire de vendre son bien immobilier tout en conservant le droit de le racheter dans un délai généralement compris entre un et cinq ans. Cette solution est particulièrement adaptée aux propriétaires en difficulté financière, ceux qui souhaitent éviter une saisie ou ceux qui ont besoin de liquidités rapides sans perdre définitivement leur patrimoine. Cependant, tous les biens immobiliers ne sont pas éligibles à ce dispositif. Les critères d’éligibilité varient selon la nature du bien : maison individuelle, appartement en copropriété, local commercial ou professionnel, terrain ou bien en indivision. Chaque type de bien présente des spécificités juridiques, fiscales et pratiques qu’il est essentiel de connaître avant de s’engager dans une telle opération. Ce guide détaillé vous explique quels biens sont concernés par la vente avec faculté de rachat, quels sont les avantages et les risques associés à chaque type de bien, et quelles sont les conditions légales à respecter en 2026. Vous y trouverez également des exemples concrets et des conseils pour sécuriser votre opération en fonction de la nature de votre patrimoine immobilier.

Qu’est-ce qu’une vente avec faculté de rachat ?

La vente avec faculté de rachat, encadrée par les articles 1659 à 1673 du Code civil, est une opération juridique qui permet à un propriétaire de vendre son bien à un acquéreur, tout en conservant le droit de le racheter dans un délai déterminé. Ce droit de rachat, appelé « pacte de réméré », doit être explicitement mentionné dans l’acte de vente et enregistré devant notaire.

Cette solution offre plusieurs avantages majeurs. Elle permet d’obtenir des liquidités immédiates sans condition de solvabilité, ce qui est particulièrement utile pour les propriétaires en difficulté financière. Elle offre aussi la possibilité de conserver une option de rachat pour récupérer son bien, ce qui évite une perte définitive du patrimoine. Enfin, elle permet d’éviter une vente forcée ou une saisie immobilière, ce qui est souvent une préoccupation majeure pour les propriétaires endettés.

Cependant, cette opération comporte aussi des risques importants. Le principal risque est la perte définitive du bien si le propriétaire ne peut pas exercer son droit de rachat à l’échéance convenue. Il est donc crucial de bien comprendre les conditions d’éligibilité et les implications juridiques avant de s’engager dans une telle opération.

Les maisons individuelles : éligibilité et spécificités

Les maisons individuelles sont les biens les plus fréquemment concernés par la vente avec faculté de rachat. Leur valeur patrimoniale et leur caractère souvent familial en font des candidats idéaux pour ce type d’opération. Pour qu’une maison individuelle soit éligible à une vente avec faculté de rachat, plusieurs conditions doivent être remplies.

Le bien doit être en pleine propriété, c’est-à-dire que le propriétaire doit détenir la totalité des droits sur le bien, sans hypothèque ni autre charge grevant la propriété. Le bien doit également être libre de toute occupation non autorisée. Si la maison est louée, le locataire doit être informé de la vente et son bail doit être respecté jusqu’à son terme. Enfin, le bien doit avoir une valeur marchande suffisante pour couvrir les dettes du propriétaire et dégager une marge de sécurité pour l’acquéreur.

Les maisons individuelles présentent plusieurs avantages spécifiques dans le cadre d’une vente avec faculté de rachat. Leur valeur patrimoniale est souvent plus stable que celle des appartements, ce qui rassure les acquéreurs. Elles offrent une flexibilité d’usage, car le propriétaire peut continuer à occuper la maison pendant la période de rachat, sous réserve de payer un loyer modéré. Elles ont aussi un potentiel de plus-value si le marché immobilier est en hausse, ce qui peut faciliter le rachat à l’échéance.

Les risques principaux pour les maisons individuelles sont la perte définitive du bien si le propriétaire ne peut pas exercer son droit de rachat, les frais de notaire et d’intermédiation qui peuvent représenter un coût supplémentaire non négligeable, et les loyers à payer pendant la période de rachat qui réduisent la capacité d’épargne du propriétaire.

Pour limiter ces risques, il est recommandé de bien évaluer la valeur de la maison avant la vente pour éviter une décote excessive. Il est aussi conseillé de négocier une durée de rachat suffisante, idéalement cinq ans, pour avoir le temps de reconstituer les fonds nécessaires. Enfin, il est important de prévoir un plan de financement réaliste pour le rachat, en incluant les loyers et les frais annexes.

Exemple concret : le cas de Jean et sa maisonJean est propriétaire d’une maison individuelle estimée à 350 000 euros. Confronté à des dettes importantes, il envisage une vente avec faculté de rachat. Il vend sa maison 280 000 euros, soit une décote de 20 %, à un investisseur, avec un droit de rachat dans cinq ans pour 300 000 euros. Pendant ces cinq ans, Jean paie un loyer de 800 euros par mois. À l’échéance, s’il a reconstitué une épargne ou obtenu un nouveau prêt, il peut racheter sa maison.

Avantages : Jean obtient des liquidités immédiates et peut rester dans sa maison.Risques : Il doit prévoir le rachat dans cinq ans, sous peine de perdre définitivement sa maison.

Les appartements en copropriété : conditions et enjeux

Les appartements en copropriété peuvent également faire l’objet d’une vente avec faculté de rachat, mais cette opération est plus complexe en raison des règles spécifiques liées à la copropriété. Pour qu’un appartement en copropriété soit éligible à une vente avec faculté de rachat, plusieurs conditions doivent être remplies.

Le bien doit être libre de toute hypothèque ou charge grevant la propriété. Le propriétaire doit être à jour de ses charges de copropriété, car les dettes de charges peuvent bloquer la vente. Le règlement de copropriété ne doit pas interdire ce type de transaction, car certaines copropriétés imposent des restrictions sur les ventes ou les locations. Enfin, l’acquéreur doit être informé des règles de copropriété et accepter de les respecter.

Les appartements en copropriété présentent des spécificités qu’il faut prendre en compte. Les charges de copropriété continuent à être dues par le propriétaire-vendeur pendant la période de rachat, sauf accord contraire avec l’acquéreur. Le droit de préemption des copropriétaires peut s’appliquer dans certains cas, ce qui complique la transaction. Les travaux votés en assemblée générale doivent être financés par le propriétaire-vendeur, sauf si l’acquéreur accepte de les prendre en charge.

Les avantages d’une vente avec faculté de rachat pour un appartement sont l’obtention de liquidités rapides pour rembourser des dettes ou financer un projet, la possibilité de rester dans l’appartement en tant que locataire sous réserve de payer un loyer, et la conservation d’un droit de rachat pour récupérer son bien.

Les risques principaux sont la complexité juridique liée à la copropriété qui peut entraîner des frais supplémentaires, les charges de copropriété qui restent à la charge du propriétaire-vendeur et réduisent sa capacité d’épargne, et le risque de perte définitive si le rachat n’est pas effectué à l’échéance.

Exemple concret : le cas de Marie et son appartementMarie est propriétaire d’un appartement en copropriété estimé à 250 000 euros. Elle vend son appartement 200 000 euros, soit une décote de 20 %, à un investisseur, avec un droit de rachat dans trois ans pour 220 000 euros. Pendant ces trois ans, Marie paie un loyer de 600 euros par mois et continue à régler ses charges de copropriété. À l’échéance, si elle a reconstitué une épargne, elle peut racheter son appartement.

Avantages : Marie obtient des liquidités et peut rester dans son appartement.Risques : Elle doit gérer les charges de copropriété et prévoir le rachat dans trois ans.

Les locaux commerciaux et professionnels : opportunités et contraintes

Les locaux commerciaux et professionnels peuvent également faire l’objet d’une vente avec faculté de rachat, mais cette opération est plus rare et plus complexe en raison des enjeux économiques et juridiques spécifiques. Pour qu’un local commercial ou professionnel soit éligible à une vente avec faculté de rachat, plusieurs conditions doivent être remplies.

Le bien doit être libre de tout bail commercial en cours, ou le locataire doit accepter la vente et le changement de propriétaire. Le bien doit avoir une valeur marchande stable, car les investisseurs recherchent des actifs rentables et sécurisés. Le propriétaire doit être en mesure de prouver la rentabilité du local, notamment en fournissant des informations sur les loyers perçus, la durée des baux et l’état du marché local.

Les locaux commerciaux présentent des spécificités qu’il faut prendre en compte. La valeur du local dépend de sa rentabilité. Un local loué avec un bail long et un loyer élevé sera plus attractif pour un acquéreur. Les baux commerciaux doivent être respectés. Le nouvel acquéreur devient propriétaire, mais le locataire conserve ses droits jusqu’à la fin de son bail. Les frais de mutation peuvent être plus élevés pour les locaux commerciaux en raison de leur valeur et de leur usage professionnel.

Les avantages d’une vente avec faculté de rachat pour un local commercial sont l’obtention de liquidités importantes pour financer un projet ou restructurer une entreprise, la possibilité de conserver un droit de rachat pour récupérer un actif stratégique, et la continuité de l’activité si le local est loué, car le locataire reste en place.

Les risques principaux sont la complexité juridique liée aux baux commerciaux et aux réglementations spécifiques, les frais élevés qui peuvent réduire les liquidités obtenues, et le risque de perte définitive si le rachat n’est pas effectué à l’échéance, ce qui peut impacter l’activité professionnelle.

Exemple concret : le cas de Pierre et son local commercialPierre est propriétaire d’un local commercial estimé à 500 000 euros, loué à un commerçant avec un bail de neuf ans. Il vend son local 400 000 euros, soit une décote de 20 %, à un investisseur, avec un droit de rachat dans cinq ans pour 450 000 euros. Pendant ces cinq ans, Pierre perçoit les loyers versés par le commerçant, moins une commission pour l’acquéreur. À l’échéance, s’il a reconstitué une épargne, il peut racheter son local.

Avantages : Pierre obtient des liquidités tout en conservant les revenus locatifs.Risques : Il doit gérer les relations avec le locataire et prévoir le rachat dans cinq ans.

Les conditions légales à respecter en 2026

En 2026, la vente avec faculté de rachat est encadrée par plusieurs règles légales qu’il est essentiel de respecter pour sécuriser l’opération. Le délai de rachat est généralement compris entre un et cinq ans, selon les accords entre les parties. Ce délai doit être clairement mentionné dans l’acte de vente et enregistré devant notaire. En 2025, la durée maximale légale pour une vente avec faculté de rachat est de cinq ans, sauf exceptions spécifiques.

La vente avec faculté de rachat doit obligatoirement faire l’objet d’un acte notarié, qui précise le prix de vente et le prix de rachat, le délai de rachat et les modalités d’exercice de ce droit, ainsi que les obligations des parties. Les droits des tiers doivent être respectés. Par exemple, les locataires doivent être informés de la vente et leur bail doit être respecté. Les copropriétaires doivent être informés si le bien est en copropriété. Les indivisaires doivent donner leur accord si le bien est en indivision.

La vente avec faculté de rachat a des conséquences fiscales qu’il faut anticiper. La plus-value immobilière peut être taxée si le bien est revendu avec une plus-value. Les loyers perçus pendant la période de rachat sont imposables. Les frais de notaire sont à la charge du vendeur, sauf accord contraire.

FAQ : vos questions fréquentes

Quels types de biens sont éligibles à une vente avec faculté de rachat ?
Tous les types de biens immobiliers peuvent être éligibles à une vente avec faculté de rachat, à condition qu’ils soient libres de toute hypothèque ou charge. Cela inclut les maisons individuelles, les appartements en copropriété, les locaux commerciaux, les terrains et les biens en indivision.

Peut-on appliquer une vente avec faculté de rachat à un bien loué ?
Oui, mais cela nécessite l’accord du locataire et le respect de son bail. Les loyers perçus pendant la période de rachat peuvent être partagés entre le propriétaire-vendeur et l’acquéreur.

Quels sont les risques principaux d’une vente avec faculté de rachat ?
Les risques principaux sont la perte définitive du bien si le rachat n’est pas effectué à l’échéance, les frais supplémentaires (frais de notaire, loyers, pénalités) et la complexité juridique, notamment pour les biens en copropriété ou en indivision.

Comment négocier le prix de rachat ?
Le prix de rachat doit être négocié en fonction de la valeur du bien, de son potentiel de plus-value et des conditions du marché. Il est recommandé de faire appel à un notaire ou un conseiller financier pour obtenir un prix équitable.

Quelles sont les conséquences fiscales d’une vente avec faculté de rachat ?
Les conséquences fiscales incluent la taxation des plus-values en cas de revente, l’imposition des loyers perçus pendant la période de rachat, et les frais de notaire à la charge du vendeur.

Peut-on annuler une vente avec faculté de rachat ?
Non, une vente avec faculté de rachat est irrévocable une fois signée. Cependant, vous pouvez exercer votre droit de rachat aux conditions prévues dans le contrat.

Conclusion

La vente avec faculté de rachat est une solution juridique intéressante pour les propriétaires souhaitant obtenir des liquidités tout en conservant une option de rachat sur leur bien. Cependant, chaque type de bien présente des spécificités qu’il est essentiel de connaître pour sécuriser l’opération. Pour maximiser vos chances de réussite, il est recommandé de bien évaluer la valeur de votre bien, de négocier des conditions claires avec l’acquéreur et de vous faire accompagner par un notaire pour vérifier la conformité du contrat.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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