Vente avec faculté de rachat pour éviter la saisie immobilière : guide complet et solutions

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
18 December 2025

Vous faites face à des difficultés financières et craignez une saisie immobilière ? La vente avec faculté de rachat est une solution légale qui vous permet de céder temporairement votre bien tout en conservant la possibilité de le récupérer. Contrairement à une vente forcée, elle vous offre un délai pour vous réorganiser sans perdre définitivement votre patrimoine. Dans cet article, nous détaillons son fonctionnement, ses avantages par rapport à une saisie, et les démarches à suivre pour la mettre en œuvre efficacement. La saisie immobilière est une procédure stressante et souvent coûteuse, qui peut aboutir à la perte de votre logement ou de votre local professionnel. La vente avec faculté de rachat, en revanche, vous permet de reprendre le contrôle de votre situation en transformant une contrainte en opportunité. Elle est particulièrement adaptée aux propriétaires en difficulté, aux indépendants et aux dirigeants d’entreprise qui souhaitent éviter une liquidation forcée de leur patrimoine.

Pourquoi choisir la vente avec faculté de rachat face à une saisie ?

Éviter la perte définitive du bien

Une saisie immobilière entraîne la vente forcée de votre bien, souvent à un prix inférieur à sa valeur réelle. Les ventes aux enchères, organisées par les huissiers, sont rarement avantageuses pour le propriétaire, car les acquéreurs recherchent des opportunités à bas prix. Avec la vente avec faculté de rachat, vous contrôlez les conditions de cession. Vous fixez le prix de vente, même si une décote est nécessaire, et conservez un droit de rachat pendant une période définie, généralement cinq ans. Cela vous permet d’éviter une vente aux enchères, souvent défavorable au propriétaire, et de négocier des conditions plus équitables.

De plus, cette solution vous permet de choisir l’acquéreur, ce qui n’est pas possible dans le cadre d’une saisie. Vous pouvez ainsi privilégier une personne de confiance ou un investisseur sérieux, plutôt que de subir une vente à un inconnu.

Obtenir des liquidités rapidement

Contrairement à un prêt bancaire, difficile à obtenir en situation de difficulté financière, la vente avec faculté de rachat vous permet de libérer des fonds immédiatement pour régler vos dettes ou financer un redémarrage. Les banques sont souvent réticentes à accorder des prêts aux personnes en situation de surendettement ou de difficultés financières. En revanche, la vente avec faculté de rachat ne dépend pas de votre solvabilité, mais de la valeur de votre bien.

Vous évitez ainsi les mensualités, car le rachat se fait en une seule fois à l’échéance. Vous pouvez également négocier un prix de rachat réaliste avec l’acquéreur, ce qui rend cette solution plus flexible qu’un crédit classique. Par exemple, si votre bien vaut 300 000 €, vous pouvez le vendre 240 000 € avec une option de rachat à 270 000 € dans cinq ans. Cette marge permet à l’acquéreur de réaliser un bénéfice, tout en vous offrant une solution pour récupérer votre bien.

Protéger votre patrimoine familial

Si votre bien est indivis ou fait partie d’un patrimoine familial, cette solution permet d’éviter une division forcée en cas de saisie. Elle préserve les droits des co-propriétaires, comme votre conjoint ou vos enfants, et vous permet de maintenir un lien avec le bien en attendant une amélioration de votre situation financière.

En cas de divorce ou de succession conflictuelle, la vente avec faculté de rachat peut être une solution pour débloquer une situation sans recourir à une vente forcée. Elle permet aux co-indivisaires de conserver une option sur le bien, tout en libérant des liquidités pour régler les dettes ou les conflits.

Comment fonctionne la vente avec faculté de rachat en cas de saisie ?

Évaluation du bien et fixation du prix

Pour éviter une saisie, il est crucial d’agir rapidement. La première étape consiste à faire évaluer votre bien par un expert immobilier pour déterminer sa valeur réelle. Cette évaluation est essentielle pour fixer un prix de vente équitable, généralement avec une décote de 10 à 30 %, car l’acquéreur prend un risque en acceptant votre droit de rachat.

Il est recommandé de faire appel à plusieurs experts pour obtenir une estimation précise et éviter une sous-évaluation. Vous négociez également un prix de rachat, par exemple le prix de vente majoré de 10 % après cinq ans. Ce prix doit être réaliste pour que l’opération soit attractive pour l’acquéreur, tout en restant accessible pour vous.

Rédaction de l’acte notarié

L’acte notarié est un document essentiel qui doit mentionner plusieurs éléments clés. Il doit préciser la durée de la faculté de rachat, généralement limitée à cinq ans, ainsi que les modalités de rachat, notamment le prix et le délai de préavis. Il doit aussi indiquer les conséquences en cas de non-rachat, à savoir la perte définitive du bien.

Une clause de protection contre les créanciers est indispensable pour éviter une saisie pendant la période de rachat. Cette clause permet de bloquer les poursuites des créanciers sur le bien pendant la durée du contrat, sous réserve que les fonds obtenus soient utilisés pour régler les dettes prioritaires.

Publication et opposabilité aux tiers

Une fois l’acte signé, il doit être publié au service de publicité foncière pour être opposable aux créanciers. Cette formalité permet de rendre publique la vente et le droit de rachat du vendeur. Vous conservez ainsi un droit de suite sur le bien, ce qui signifie que vous pouvez l’exercer même si l’acquéreur revend le bien à un tiers pendant la période de faculté de rachat.

Cette publication est cruciale pour protéger vos droits et éviter que les créanciers ne contestent la validité de la vente. Elle permet également de sécuriser l’opération pour l’acquéreur, qui sait que son achat est légalement reconnu.

Étapes pratiques pour éviter la saisie

Agir avant la décision de justice

Dès que vous recevez un commandement de payer ou une assignation en justice, il est essentiel de consulter un notaire pour étudier la vente avec faculté de rachat. Cette solution est plus efficace avant une décision de saisie, car elle montre aux créanciers que vous prenez des mesures pour régler vos dettes.

Une fois la saisie prononcée, le bien est bloqué et ne peut plus être vendu librement. Il est donc crucial d’anticiper et de mettre en place la vente avec faculté de rachat dès les premiers signes de difficulté financière. Cela vous permet de négocier dans de meilleures conditions et d’éviter une vente forcée.

Trouver un acquéreur de confiance

Pour réussir cette opération, privilégiez un investisseur spécialisé dans les ventes à réméré ou un proche, comme un membre de votre famille ou un ami. Évitez les acquéreurs mal intentionnés qui pourraient profiter de votre situation de vulnérabilité.

Un acquéreur de confiance vous permettra de négocier des conditions équitables et de sécuriser l’opération. Vous pouvez également faire appel à des plateformes spécialisées dans les ventes à réméré, qui mettent en relation vendeurs et acquéreurs sérieux.

Utiliser les fonds pour régler les dettes prioritaires

Les liquidités obtenues grâce à la vente doivent servir à apurer les dettes urgentes, comme celles liées à un huissier, au fisc ou aux dettes sociales. Il est crucial d’éviter de les utiliser pour des dépenses non essentielles, afin de maximiser vos chances de racheter le bien à l’échéance.

Il est recommandé de prioriser les dettes en fonction de leur urgence et de leur impact sur votre situation. Par exemple, régler en premier les dettes fiscales et sociales, qui peuvent entraîner des sanctions lourdes, puis les dettes envers les fournisseurs ou les créanciers privés.

Risques et précautions à prendre

Perte du bien en cas de non-rachat

Si vous ne pouvez pas racheter le bien à l’échéance, vous le perdez définitivement. Pour éviter cela, prévoyez un plan de financement solide, comme une épargne dédiée, un prêt familial ou une reprise d’activité.

Il est également possible de négocier une clause de report avec l’acquéreur, qui vous accorde un délai supplémentaire en cas de difficulté temporaire. Cette clause doit être prévue dans l’acte notarié pour être valable.

Décote importante du bien

La vente avec faculté de rachat implique une décote par rapport à la valeur du marché. Pour limiter cet impact, faites évaluer le bien par plusieurs experts et comparez cette solution avec d’autres options, comme le portage immobilier ou un crédit hypothécaire.

La décote est le prix à payer pour obtenir des liquidités rapidement et éviter une saisie. Cependant, elle peut être compensée par la possibilité de racheter le bien à un prix fixe, même si sa valeur augmente entre-temps.

Complexité juridique

La vente avec faculté de rachat est une opération complexe sur le plan juridique. Il est donc indispensable de vous faire accompagner par un notaire spécialisé en droit immobilier et en procédures de saisie.

Le notaire vous aidera à rédiger un acte conforme à la loi et à anticiper les éventuels litiges. Il peut également vous conseiller sur les clauses à inclure pour protéger vos droits, comme une clause de protection contre les créanciers ou une clause de report en cas de difficulté.

Cas concret : Éviter une saisie grâce à la vente avec faculté de rachat

Situation :Sophie, gérante d’une petite entreprise, est menacée de saisie immobilière sur sa maison, estimée à 300 000 €. Elle a des dettes fiscales et des impayés auprès de fournisseurs, et les créanciers commencent à exercer des pressions. Les banques refusent de lui accorder un prêt en raison de sa situation financière précaire.

Solution :Sophie décide de vendre sa maison avec faculté de rachat pour 240 000 €, soit une décote de 20 %, à un investisseur spécialisé. Le contrat prévoit un droit de rachat dans cinq ans pour 270 000 €. Cette solution lui permet d’obtenir les liquidités nécessaires pour régler ses dettes prioritaires et éviter la saisie.

Résultat :Sophie utilise les 240 000 € pour régler ses dettes fiscales et sociales, ainsi que ses impayés auprès des fournisseurs. Après quatre ans, son entreprise se redresse et sa situation financière s’améliore. Elle exerce son droit de rachat et récupère sa maison pour 270 000 €, retrouvant ainsi la pleine propriété de son bien.

Les erreurs à éviter lors d’une vente avec faculté de rachat

Négliger l’évaluation du bien

Une sous-évaluation du bien peut vous faire perdre des liquidités précieuses. Il est essentiel de faire appel à plusieurs experts pour obtenir une estimation précise et éviter une décote excessive.

Une évaluation rigoureuse permet également de négocier un prix de rachat réaliste avec l’acquéreur, ce qui augmente vos chances de récupérer votre bien à l’échéance.

Choisir un acquéreur non fiable

Un acquéreur mal intentionné peut profiter de votre situation pour imposer des conditions défavorables. Privilégiez un investisseur sérieux ou un proche de confiance, et faites-vous accompagner par un notaire pour sécuriser l’opération.

Il est également recommandé de vérifier la solvabilité de l’acquéreur, pour éviter qu’il ne revende le bien à un tiers pendant la période de faculté de rachat.

Ne pas prévoir de plan de rachat

Sans un plan de financement clair, vous risquez de ne pas pouvoir racheter votre bien à l’échéance. Prévoyez une épargne dédiée, un prêt familial ou une reprise d’activité pour garantir le rachat.

Il est également utile de négocier une clause de report avec l’acquéreur, qui vous accorde un délai supplémentaire en cas de difficulté temporaire.

Oublier les conséquences fiscales

La vente avec faculté de rachat peut avoir des conséquences fiscales, comme l’imposition des plus-values ou la perte de certains avantages. Consultez un expert-comptable pour évaluer l’impact fiscal et optimiser votre stratégie.

Par exemple, si vous vendez un bien professionnel, vous pouvez bénéficier de report de plus-value ou de déductions fiscales, sous certaines conditions.

FAQ : Questions fréquentes

La vente avec faculté de rachat est-elle légale en cas de saisie ?
Oui, cette solution est tout à fait légale, tant que la décision de saisie n’est pas exécutée. Elle permet de désamorcer la procédure en montrant aux créanciers que vous agissez pour régler vos dettes. Une fois la saisie prononcée, le bien est bloqué et ne peut plus être vendu librement.

Puis-je vendre mon bien même si une saisie est en cours ?
Oui, mais il faut agir avant la vente forcée. Une fois la saisie prononcée par un juge, le bien est bloqué et ne peut plus être vendu librement. Il est donc essentiel d’anticiper et de mettre en place la vente avec faculté de rachat avant que la saisie ne soit effective. Si la saisie est déjà en cours, il est possible de négocier avec les créanciers pour lever le blocage, en leur proposant de régler une partie des dettes avec les fonds obtenus grâce à la vente.

Comment convaincre un acquéreur en situation de difficulté financière ?
Pour convaincre un acquéreur, mettez en avant la sécurité juridique de l’opération, garantie par un acte notarié. Soulignez également la rentabilité pour l’acquéreur, qui bénéficie d’une décote sur le prix du bien et de la possibilité de devenir propriétaire définitif.

Que se passe-t-il si mes créanciers s’opposent à la vente ?
Les créanciers ne peuvent pas s’opposer à une vente amiable, sauf s’ils ont déjà obtenu une décision de justice bloquant le bien. Dans ce cas, il faut négocier avec eux ou saisir le juge pour lever l’opposition.

Puis-je utiliser cette solution pour un bien en indivision ?
Oui, mais tous les co-indivisaires doivent donner leur accord. Cette solution est souvent utilisée pour éviter un partage forcé en cas de désaccord entre héritiers ou ex-époux. Elle permet de préserver l’unité du bien tout en libérant des liquidités pour régler les dettes ou les conflits. En cas d’indivision, il est recommandé de consulter un notaire pour rédiger un acte qui protège les droits de tous les co-propriétaires et évite les litiges futurs.

Conclusion

La vente avec faculté de rachat est une solution efficace pour éviter une saisie immobilière tout en conservant une option sur votre bien. Elle vous permet de libérer des liquidités rapidement, négocier avec vos créanciers, et prendre le temps de vous réorganiser. Cependant, elle nécessite une préparation rigoureuse, incluant une évaluation précise du bien, la rédaction d’un acte notarié solide et un plan de rachat réaliste. Pour maximiser vos chances de succès, évitez les erreurs courantes comme une évaluation insuffisante, un acquéreur non fiable ou l’absence de plan de financement. En agissant rapidement et en vous entourant de professionnels compétents (notaire, expert-comptable), vous pouvez protéger votre patrimoine et éviter une saisie.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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