Vente avec faculté de rachat : quels biens sont concernés (maison, appartement, locaux) ?

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
04 October 2026
Vente avec faculté de rachat : quels biens sont concernés (maison, appartement, locaux) ?

La vente avec faculté de rachat, aussi appelée vente à réméré, est une solution juridique et financière qui permet à un propriétaire de vendre son bien tout en conservant la possibilité de le racheter dans un délai déterminé. Cette opération, encadrée par les articles 1659 à 1673 du Code civil, soulève une question cruciale pour les propriétaires en difficulté ou souhaitant optimiser leur patrimoine : quels types de biens peuvent faire l’objet d’une telle vente ? Maison individuelle, appartement en copropriété, locaux commerciaux ou professionnels… Les règles varient selon la nature du bien, son usage et sa situation juridique. Cet article vous guide à travers les critères d’éligibilité, les spécificités à connaître et les erreurs à éviter pour mener à bien votre projet, dans le cadre global de la vente avec faculté de rachat.

En bref

  • La vente avec faculté de rachat peut porter sur une maison, un appartement en copropriété ou un local professionnel ou commercial, si le bien peut être librement vendu.
  • Le bien doit être situé en France et valoir au moins 300 000 euros ; l’investisseur l’achète entre 42 % et 60 % de cette valeur.
  • Un bien loué ou détenu en indivision reste éligible, sous réserve du respect du bail en cours et de l’accord de tous les indivisaires.
  • Le vendeur doit présenter un plan de rachat réaliste, car le droit de rachat s’éteint à l’issue du délai convenu, cinq ans au maximum.

Qu’est-ce que la vente avec faculté de rachat et comment fonctionne-t-elle ?

La vente avec faculté de rachat est un contrat par lequel un propriétaire, appelé le vendeur, cède son bien à un acquéreur, tout en se réservant le droit de le racheter dans un délai de cinq ans au maximum. Ce mécanisme, distinct de la vente classique, repose sur deux éléments clés : le prix de vente, compris entre 42 % et 60 % de la valeur du bien, et le prix de rachat, égal au prix de vente, sans majoration, comme détaillé dans les étapes d’une vente avec faculté de rachat. Contrairement à un prêt immobilier, cette opération ne génère pas de dette, mais une faculté de rachat à exercer dans un délai imparti.

Le fonctionnement de la vente avec faculté de rachat repose sur un équilibre subtil entre les droits du vendeur et ceux de l’acquéreur. Le vendeur conserve la faculté de racheter le bien, ce qui signifie qu’il peut le récupérer à tout moment pendant la période convenue, à condition de respecter les modalités fixées dans l’acte notarié. L’acquéreur, de son côté, devient propriétaire du bien, mais son droit est conditionnel : il sait dès la signature du contrat que le vendeur peut exercer son droit de rachat. Cette spécificité en fait une opération à la fois sécurisée pour l’acquéreur, qui perçoit une rémunération pour son investissement, et avantageuse pour le vendeur, qui évite une vente définitive ou un endettement excessif.

Quels types de biens peuvent être vendus avec faculté de rachat ?

La vente avec faculté de rachat peut concerner une grande variété de biens immobiliers, à condition qu’ils soient librement aliénables et qu’ils ne soient pas grevés de droits ou de charges incompatibles avec cette opération. En pratique, trois grandes catégories de biens sont éligibles : les maisons individuelles, les appartements en copropriété et les locaux professionnels ou commerciaux. Chaque type de bien présente des spécificités juridiques et pratiques qu’il est essentiel de maîtriser avant de s’engager, notamment en analysant les conditions pour faire une vente avec faculté de rachat. Voir aussi les spécificités d’un réméré sur un bien haut de gamme.

Les maisons individuelles, qu’elles soient principales ou secondaires, sont les biens les plus fréquemment concernés par la vente avec faculté de rachat. Leur statut de bien indépendant, sans les contraintes liées à la copropriété, en fait des candidats idéaux pour ce type d’opération. Les propriétaires de maisons peuvent ainsi céder leur bien tout en conservant la possibilité de le récupérer, par exemple après avoir régularisé leur situation financière ou trouvé un nouveau financement. Les appartements en copropriété, en revanche, soulèvent des questions supplémentaires. La vente avec faculté de rachat d’un appartement est possible ; les points propres à la copropriété se vérifient avec le notaire.

Les locaux professionnels ou commerciaux, qu’ils soient occupés par leur propriétaire ou loués à des tiers, peuvent également faire l’objet d’une vente avec faculté de rachat. Cette solution est particulièrement intéressante pour les entrepreneurs ou les investisseurs qui souhaitent libérer des liquidités sans perdre définitivement un actif stratégique. Cependant, la vente d’un local professionnel occupé par un locataire nécessite une attention particulière : le droit de rachat du vendeur ne doit pas porter atteinte aux droits du locataire, et le contrat de bail doit être compatible avec l’opération. Dans tous les cas, qu’il s’agisse d’une maison, d’un appartement ou d’un local, la valeur du bien doit être clairement établie par une expertise immobilière.

Les critères d’éligibilité des biens pour une vente avec faculté de rachat

Pour qu’un bien soit éligible à une vente avec faculté de rachat, plusieurs critères doivent être remplis. Le premier critère concerne la libre aliénabilité du bien : il doit pouvoir être vendu sans restriction juridique. Cela signifie notamment qu’il ne doit pas être grevé d’une clause d’inaliénabilité. De plus, le bien doit être identifié de manière précise dans l’acte de vente, avec une description détaillée de ses caractéristiques et de sa localisation, ce qui implique aussi de bien comprendre le rôle du notaire dans une vente avec faculté de rachat.

Le second critère porte sur la valeur du bien, qui doit être d’au moins 300 000 euros pour un bien situé en France. Dans une vente avec faculté de rachat, l’investisseur achète le bien entre 42 % et 60 % de sa valeur, afin de compenser le risque pris par l’acquéreur. Ce prix doit être justifié et accepté par les deux parties. Une expertise immobilière préalable est donc indispensable pour déterminer la valeur vénale du bien et fixer un prix de vente équitable. Enfin, le bien doit être compatible avec les objectifs de l’acquéreur. Certains investisseurs spécialisés dans la vente avec faculté de rachat privilégient les biens faciles à revendre ou à louer, afin de limiter leur risque en cas de non-exercice du droit de rachat par le vendeur.

Un autre critère essentiel concerne la situation juridique du vendeur. Celui-ci doit être en mesure de prouver sa capacité à exercer son droit de rachat dans le délai imparti. Cela implique souvent de présenter un plan de financement réaliste, qu’il s’agisse d’un apport personnel, d’un prêt bancaire ou d’une autre source de revenus. Les notaires et les conseillers en gestion de patrimoine insistent sur l’importance de cette préparation, car un défaut de rachat peut entraîner la perte définitive du bien. En résumé, l’éligibilité d’un bien à la vente avec faculté de rachat dépend de sa situation juridique, de sa valeur et de la capacité du vendeur à honorer ses engagements.

Les spécificités selon le type de bien : maison, appartement, locaux

Chaque type de bien présente des spécificités qu’il est crucial de prendre en compte avant de s’engager dans une vente avec faculté de rachat. Pour les maisons individuelles, la principale spécificité réside dans leur statut de bien indépendant. Cela simplifie les démarches, car il n’y a pas de contraintes liées à la copropriété ou à des règles collectives. Cependant, il est important de vérifier que le terrain sur lequel est construite la maison est bien inclus dans la vente, et que les éventuels droits de préemption (comme le droit de préemption urbain) ne s’appliquent pas.

Les appartements en copropriété, quant à eux, appellent quelques vérifications propres à la copropriété, à faire avec le notaire. De plus, si l’appartement est loué, le droit de rachat du vendeur ne doit pas porter atteinte aux droits du locataire, ce qui peut compliquer la mise en œuvre de l’opération.

Pour les locaux professionnels ou commerciaux, la vente avec faculté de rachat peut être une solution intéressante pour les entrepreneurs souhaitant libérer des liquidités sans perdre leur outil de travail. Cependant, la présence d’un locataire ou d’un bail commercial en cours peut influencer la décision de l’acquéreur. En effet, celui-ci devra évaluer le risque lié à la stabilité des revenus locatifs et à la possibilité de résilier le bail en cas de non-rachat. Par ailleurs, les locaux professionnels sont souvent soumis à des réglementations spécifiques, notamment en matière d’urbanisme ou d’accessibilité, qui doivent être prises en compte dans l’acte de vente.

Exemple concret : la vente avec faculté de rachat d’une maison individuelle

Prenons l’exemple de Monsieur et Madame Dupont, propriétaires d’une maison individuelle située en périphérie de Lyon. Confrontés à des difficultés financières temporaires, ils souhaitent éviter une vente classique qui les priverait définitivement de leur résidence principale. Après avoir consulté un notaire, ils optent pour une vente avec faculté de rachat, avec un délai de deux ans pour exercer leur droit de rachat.

La maison, estimée à 350 000 euros par un expert immobilier, est vendue à un investisseur spécialisé pour 210 000 euros, soit 60 % de sa valeur. Le contrat prévoit que Monsieur et Madame Dupont pourront racheter leur bien dans un délai de deux ans, en versant 210 000 euros, soit un prix de rachat égal au prix de vente. Pendant cette période, ils continuent à occuper la maison : l’indemnité d’occupation, de 10 % par an du prix de vente, est payée d’avance pour les deux ans, soit 42 000 euros prélevés sur le prix à la signature. Après déduction des honoraires (12 600 euros), ils perçoivent 155 400 euros nets à la signature, hors frais d’acte (les frais de notaire, entre 2 % et 3 % du prix de vente, soit 4 200 à 6 300 euros, sont à la charge du vendeur).

Au bout de dix-huit mois, grâce au règlement d’une succession, Monsieur et Madame Dupont parviennent à réunir les 210 000 euros nécessaires et exercent leur droit de rachat. L’indemnité d’occupation des six mois non consommés leur est restituée, soit 10 500 euros. Le coût total de l’opération s’élève à 44 100 euros (31 500 euros d’indemnité d’occupation consommée et 12 600 euros d’honoraires), hors frais d’acte. Ils récupèrent ainsi leur maison, sans avoir eu à déménager ni à contracter un prêt immobilier classique. Cet exemple illustre les avantages de la vente avec faculté de rachat : flexibilité, absence de dette et possibilité de conserver son logement.

Les erreurs à éviter lors de la vente avec faculté de rachat

La vente avec faculté de rachat est une opération complexe qui nécessite une préparation rigoureuse. La première erreur à éviter est de sous-estimer l’importance de l’expertise immobilière. Un prix de vente mal évalué peut rendre l’opération déséquilibrée, soit en défaveur du vendeur, soit en défaveur de l’acquéreur. Il est donc essentiel de faire appel à un expert indépendant pour déterminer la valeur réelle du bien.

Une autre erreur fréquente consiste à négliger les aspects juridiques, notamment la rédaction de l’acte notarié. Celui-ci doit préciser avec exactitude les modalités du droit de rachat, le prix de rachat et les conséquences d’un non-rachat dans le délai. Une clause ambiguë peut entraîner des litiges coûteux et prolongés. Il est donc recommandé de faire relire l’acte par un avocat spécialisé en droit immobilier.

Enfin, les vendeurs doivent éviter de s’engager dans une vente avec faculté de rachat sans avoir un plan réaliste pour exercer leur droit de rachat. Beaucoup pensent pouvoir réunir les fonds nécessaires dans le délai imparti, mais sous-estiment les aléas financiers. Il est conseillé de prévoir une marge de sécurité et, si possible, de sécuriser une source de financement alternative avant de signer le contrat.

FAQ sur la vente avec faculté de rachat et les biens concernés

Peut-on vendre un bien en indivision avec faculté de rachat ?
La vente d’un bien en indivision avec faculté de rachat est possible, mais elle nécessite l’accord de tous les indivisaires. En effet, chaque coïndivisaire doit consentir à la vente et aux modalités de rachat. À défaut d’accord unanime, la vente peut être bloquée ou contestée. Il est donc recommandé de régulariser la situation de l’indivision avant de s’engager dans une telle opération.

Un bien loué peut-il faire l’objet d’une vente avec faculté de rachat ?
Oui, un bien loué peut être vendu avec faculté de rachat, à condition que le contrat de location soit compatible avec l’opération. Le droit de rachat du vendeur ne doit pas porter atteinte aux droits du locataire, qui peut continuer à occuper les lieux jusqu’à la fin de son bail. Cependant, l’acquéreur doit être informé de la présence d’un locataire et des conditions du bail, car cela peut influencer sa décision.

Quelle est la durée maximale pour exercer le droit de rachat ?
Le délai pour exercer le droit de rachat est fixé par les parties dans l’acte de vente, dans la limite de cinq ans au total (Code civil, art. 1660), sans prolongation possible au-delà. En pratique, il est le plus souvent de 12 à 24 mois. Au-delà de ce délai, le droit de rachat s’éteint et le bien devient définitivement la propriété de l’acquéreur.

Conclusion

La vente avec faculté de rachat est une solution flexible et sécurisée pour les propriétaires souhaitant libérer des liquidités sans perdre définitivement leur bien. Qu’il s’agisse d’une maison, d’un appartement ou d’un local professionnel, chaque type de bien présente des spécificités qu’il est essentiel de maîtriser pour réussir l’opération. En respectant les critères d’éligibilité, en évitant les erreurs courantes et en s’entourant de professionnels compétents, il est possible de mener à bien une vente avec faculté de rachat dans les meilleures conditions. Si vous envisagez une telle opération, n’hésitez pas à consulter un notaire ou un conseiller en gestion de patrimoine pour étudier votre projet en détail, en prenant aussi en compte les avantages et inconvénients.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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