Vente à réméré vs prêt hypothécaire : quelle solution choisir en 2026 ?

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
06 January 2026

Face à un besoin urgent de liquidités ou à une situation financière difficile, les propriétaires immobiliers ont souvent le choix entre deux solutions principales : la vente à réméré et le prêt hypothécaire. Chacune de ces options présente des avantages et des inconvénients spécifiques, et le choix dépendra de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre capacité à rembourser. La vente à réméré, ou vente avec faculté de rachat, permet de vendre temporairement son bien tout en conservant la possibilité de le racheter dans un délai déterminé. Le prêt hypothécaire, quant à lui, consiste à emprunter une somme d’argent en garantissant le remboursement par une hypothèque sur son bien immobilier. Dans cet article, nous allons comparer objectivement ces deux solutions, en mettant en lumière leurs caractéristiques, leurs avantages et leurs inconvénients, afin de vous aider à faire le choix le plus adapté à votre situation en 2025.

Comprendre les mécanismes de chaque solution

Avant de comparer les deux solutions, il est essentiel de bien comprendre leur fonctionnement respectif.

La vente à réméré est un contrat de vente particulier encadré par les articles 1659 à 1673 du Code civil. Elle permet à un propriétaire de vendre son bien immobilier à un acheteur, tout en conservant le droit de le racheter dans un délai généralement compris entre six mois et cinq ans. Le vendeur perçoit immédiatement le prix de vente, diminué d’une décote (généralement entre 30 et 50 %), et peut continuer à occuper son bien en versant une indemnité d’occupation à l’acheteur. Si le vendeur ne rachète pas son bien dans le délai imparti, la vente devient définitive.

Le prêt hypothécaire, quant à lui, est un prêt bancaire garanti par une hypothèque sur un bien immobilier. Le propriétaire emprunte une somme d’argent à une banque ou à un établissement de crédit, et s’engage à rembourser cette somme, majorée d’intérêts, sur une période déterminée. En cas de non-remboursement, la banque peut saisir le bien hypothéqué pour se rembourser. Le montant du prêt dépend de la valeur du bien et de la capacité de remboursement de l’emprunteur.

Les critères de comparaison objectifs

Pour choisir entre la vente à réméré et le prêt hypothécaire, plusieurs critères objectifs doivent être pris en compte : l’accès aux liquidités, les conditions d’éligibilité, les coûts, les risques, la flexibilité et la possibilité de conserver son bien.

L’accès aux liquidités : rapidité et simplicité

L’un des principaux avantages de la vente à réméré réside dans la rapidité et la simplicité d’accès aux liquidités. Contrairement au prêt hypothécaire, qui nécessite une étude approfondie de la solvabilité de l’emprunteur, une analyse de sa capacité de remboursement et des démarches administratives souvent longues, la vente à réméré permet d’obtenir des fonds en quelques semaines, voire en quelques jours.

En effet, la vente à réméré ne repose pas sur la solvabilité du vendeur, mais sur la valeur du bien immobilier. Elle est donc accessible même aux personnes fichées à la Banque de France, en situation de surendettement ou ayant un historique de crédit défavorable. Cette accessibilité en fait une solution idéale pour les propriétaires confrontés à un besoin urgent de liquidités ou exclus du système bancaire traditionnel.

Le prêt hypothécaire, en revanche, nécessite une analyse approfondie de la situation financière de l’emprunteur. Les banques exigent des garanties solides, un historique de crédit irréprochable et une capacité de remboursement avérée. Les démarches peuvent prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et le prêt peut être refusé si le profil de l’emprunteur ne correspond pas aux critères des établissements bancaires.

Les conditions d’éligibilité : accessibilité et flexibilité

La vente à réméré est accessible à tous les propriétaires immobiliers, quels que soient leur âge, leur situation professionnelle ou leur historique bancaire. Elle ne nécessite pas de justifier de revenus réguliers ou d’une capacité de remboursement, ce qui la rend particulièrement adaptée aux retraités, aux personnes en situation de maladie ou de handicap, aux entrepreneurs en difficulté ou aux étrangers propriétaires d’un bien en France.

Le prêt hypothécaire, en revanche, est réservé aux emprunteurs capables de justifier de revenus stables et suffisants pour rembourser le prêt. Les banques analysent minutieusement la situation financière de l’emprunteur, son historique de crédit et sa capacité à honorer ses engagements. Les personnes fichées à la Banque de France, en situation de surendettement ou ayant un profil financier fragile sont généralement exclues de cette solution.

Les coûts : décote vs intérêts et frais bancaires

Le coût de la vente à réméré se manifeste principalement par la décote appliquée sur le prix de vente du bien. Cette décote, généralement comprise entre 30 et 50 %, représente une perte financière immédiate pour le vendeur. Cependant, cette décote est un coût unique, et le vendeur n’a pas à rembourser d’intérêts ou de frais bancaires récurrents.

En revanche, le prêt hypothécaire engendre des coûts récurrents sous forme d’intérêts, qui peuvent représenter une somme considérable sur la durée du prêt. Les taux d’intérêt, bien que variables, ajoutent un coût significatif au montant emprunté. De plus, les frais de dossier, les frais de garantie et les assurances obligatoires viennent alourdir la facture.

Il est important de noter que, dans le cas de la vente à réméré, le vendeur peut continuer à occuper son bien en versant une indemnité d’occupation, souvent inférieure à un loyer classique. Cette indemnité est généralement négociable et peut être adaptée à la situation financière du vendeur.

Les risques : perte du bien vs saisie immobilière

Le principal risque de la vente à réméré est la perte définitive du bien si le vendeur ne parvient pas à le racheter dans le délai imparti. Cependant, ce risque est maîtrisable si le vendeur évalue réalistement sa capacité à racheter son bien et négocie un délai adapté à sa situation.

Le prêt hypothécaire, quant à lui, comporte le risque de saisie immobilière en cas de non-remboursement. Si l’emprunteur ne peut plus honorer ses mensualités, la banque peut engager une procédure de saisie et vendre le bien pour se rembourser. Contrairement à la vente à réméré, où le vendeur conserve une certaine maîtrise sur le processus, la saisie immobilière est une procédure judiciaire souvent longue et stressante, qui peut aboutir à une expulsion.

La flexibilité : délai de rachat vs durée de remboursement

La vente à réméré offre une flexibilité unique grâce à la possibilité de racheter son bien dans un délai négociable, généralement compris entre six mois et cinq ans. Ce délai peut être adapté à la situation financière du vendeur et lui laisse le temps de se refinancer ou de trouver une solution pour récupérer son bien.

Le prêt hypothécaire, en revanche, impose une durée de remboursement fixe, souvent comprise entre 10 et 25 ans. Cette durée est déterminée en fonction de la capacité de remboursement de l’emprunteur et ne peut pas être modifiée sans l’accord de la banque. En cas de difficulté financière, l’emprunteur peut se retrouver dans l’incapacité d’honorer ses engagements et risquer la saisie de son bien.

La possibilité de conserver son bien

L’un des avantages majeurs de la vente à réméré est la possibilité pour le vendeur de continuer à occuper son bien après la vente, en versant une indemnité d’occupation. Cette indemnité, souvent inférieure à un loyer classique, permet au vendeur de rester dans son logement tout en bénéficiant des liquidités obtenues grâce à la vente.

Avec un prêt hypothécaire, l’emprunteur conserve la propriété de son bien, mais il doit rembourser régulièrement ses mensualités. En cas de difficulté, il risque de perdre son bien sans avoir la possibilité de le racheter ultérieurement.

Exemple concret : le cas de Monsieur Martin, entrepreneur en difficulté

Monsieur Martin, entrepreneur de 50 ans, est propriétaire d’un local commercial estimé à 300 000 euros. Confronté à des difficultés financières suite à la baisse de son chiffre d’affaires, il a besoin de 150 000 euros pour régulariser sa situation et éviter la liquidation judiciaire de son entreprise.

Monsieur Martin se tourne d’abord vers les banques pour obtenir un prêt hypothécaire. Cependant, en raison de son endettement et de son historique de crédit, les banques lui refusent un prêt. Il se tourne alors vers la vente à réméré et trouve un acheteur prêt à acquérir son local pour 180 000 euros, soit une décote de 40 %. Le contrat prévoit un délai de rachat de trois ans et une indemnité d’occupation de 1 000 euros par mois.

Grâce à cette transaction, Monsieur Martin obtient les liquidités nécessaires pour régulariser sa situation financière et relancer son activité. Deux ans plus tard, son entreprise retrouve une situation stable et il parvient à racheter son local en remboursant 190 000 euros (180 000 euros plus les frais et indemnités). Il récupère ainsi la pleine propriété de son bien et évite la saisie.

Si Monsieur Martin avait opté pour un prêt hypothécaire, il aurait probablement essuyé un refus en raison de son profil financier. Même s’il avait obtenu un prêt, les mensualités auraient pu représenter une charge trop lourde pour son entreprise en difficulté, augmentant le risque de saisie.

FAQ : vos questions sur la vente à réméré et le prêt hypothécaire

La vente à réméré est-elle plus avantageuse que le prêt hypothécaire pour les propriétaires en difficulté financière ?
Oui, la vente à réméré est souvent plus avantageuse pour les propriétaires en difficulté financière, car elle ne repose pas sur la solvabilité de l’emprunteur. Elle permet d’obtenir des liquidités rapidement, sans justifier de revenus stables, et offre une flexibilité unique grâce à la possibilité de racheter son bien.

Puis-je recourir à la vente à réméré si je suis fiché à la Banque de France ?
Oui, la vente à réméré est accessible aux personnes fichées à la Banque de France, contrairement au prêt hypothécaire qui nécessite un historique de crédit irréprochable.

Quels sont les principaux inconvénients de la vente à réméré ?
Le principal inconvénient de la vente à réméré est la décote appliquée sur le prix de vente du bien, qui représente une perte financière immédiate. De plus, si le vendeur ne rachète pas son bien dans le délai imparti, il perd définitivement la propriété de son bien.

Le prêt hypothécaire est-il toujours moins cher que la vente à réméré ?
Non, le prêt hypothécaire n’est pas toujours moins cher. Bien que la décote de la vente à réméré représente un coût important, les intérêts et frais récurrents d’un prêt hypothécaire peuvent, sur la durée, représenter une somme plus élevée. Il est donc essentiel de comparer les coûts totaux des deux solutions avant de faire un choix.

Puis-je combiner vente à réméré et prêt hypothécaire ?
Oui, il est possible de combiner les deux solutions, mais cela nécessite une analyse approfondie de votre situation financière et une planification rigoureuse. Il est conseillé de consulter un notaire ou un conseiller financier pour évaluer la faisabilité de cette approche.

Conclusion : quelle solution choisir en 2026 ?

Le choix entre la vente à réméré et le prêt hypothécaire dépendra principalement de votre situation financière, de vos objectifs et de votre capacité à rembourser. La vente à réméré se révèle souvent plus avantageuse pour les propriétaires en difficulté financière, exclus du système bancaire traditionnel ou confrontés à un besoin urgent de liquidités. Elle offre une accessibilité, une rapidité et une flexibilité uniques, ainsi que la possibilité de continuer à occuper son bien.

Le prêt hypothécaire, en revanche, peut être une solution adaptée pour les emprunteurs ayant un profil financier solide, capables de justifier de revenus stables et d’honorer des mensualités sur le long terme. Cependant, il comporte des risques de saisie en cas de non-remboursement et des coûts récurrents sous forme d’intérêts et de frais bancaires.

En définitive, la vente à réméré présente des avantages objectifs majeurs pour les propriétaires en situation de fragilité financière ou ayant besoin de liquidités rapides. Elle permet d’éviter les longues démarches administratives des banques, de contourner les critères stricts de solvabilité et d’offrir une solution flexible et adaptée aux besoins spécifiques de chaque propriétaire.

Pour faire le bon choix, il est essentiel d’évaluer objectivement votre situation, de comparer les coûts et les risques de chaque solution, et de vous entourer de professionnels compétents pour vous accompagner dans votre démarche.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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