Portage immobilier et SCI : comment structurer votre opération en 2026 ?

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
22 December 2025

Le portage immobilier via une SCI (Société Civile Immobilière) représente une stratégie efficace pour sécuriser un bien immobilier, optimiser sa fiscalité et préparer une revente ou une transmission dans des conditions optimales. Pourtant, une mauvaise structuration peut transformer cette opération en un investissement coûteux et risqué. Comment choisir le montage juridique et fiscal le plus adapté ? Quels sont les avantages réels en 2026 ? Quelles sont les étapes incontournables pour éviter les pièges ? Ce guide complet vous explique comment structurer votre portage immobilier via une SCI, avec des exemples concrets, des conseils pratiques et des réponses aux questions les plus fréquentes.

Pourquoi associer portage immobilier et SCI ?

Le portage immobilier permet à un investisseur d’acquérir un bien sans en assumer immédiatement la pleine propriété, tandis que la SCI offre un cadre juridique et fiscal particulièrement adapté pour gérer ce type d’opération. En 2026, cette combinaison présente plusieurs avantages majeurs qui en font une solution prisée par les investisseurs avisés.

Tout d’abord, la SCI permet de protéger le patrimoine personnel des risques liés à l’opération. En cas de litige ou de dette, seuls les biens détenus par la société sont engagés, préservant ainsi les actifs personnels des associés. Ensuite, la SCI offre une flexibilité fiscale non négligeable : les revenus locatifs et les plus-values peuvent être optimisés grâce à des mécanismes tels que l’amortissement du bien, la déduction des charges, et la possibilité de reporter les bénéfices d’une année sur l’autre.

Enfin, la SCI facilite grandement la transmission du bien, que ce soit entre associés ou vers des héritiers, avec des droits de mutation souvent réduits grâce aux abattements familiaux et à la possibilité de minorer la valeur des parts sociales. En structurant votre portage via une SCI, vous bénéficiez donc d’une sécurité juridique renforcée, d’une fiscalité maîtrisée et d’une gestion simplifiée, surtout lorsque plusieurs investisseurs sont impliqués dans l’opération.

Les avantages fiscaux du portage immobilier via une SCI en 2026

Une imposition avantageuse sur les plus-values

En 2026, les plus-values immobilières réalisées par une SCI sont soumises à l’impôt sur les sociétés au taux réduit de 25 %, contre 36,2 % pour un particulier (19 % d’impôt sur le revenu plus 17,2 % de prélèvements sociaux). Cette différence de taux peut représenter une économie fiscale significative, surtout pour des opérations de portage de moyenne ou longue durée.

Prenons l’exemple d’un investisseur réalisant une plus-value de 100 000 euros via une SCI. L’impôt sur les sociétés s’élèvera à 25 000 euros, soit un taux de 25 %, contre 36 200 euros en nom propre. L’économie fiscale est donc de 11 200 euros, ce qui n’est pas négligeable pour la rentabilité globale de l’opération.

La déduction des charges et l’amortissement du bien

Une SCI a la possibilité de déduire de ses revenus l’ensemble des charges liées au portage immobilier : frais de gestion, intérêts d’emprunt, travaux de rénovation, taxe foncière, etc. De plus, le bien immobilier peut être amorti sur sa valeur vénale (hors terrain), ce qui réduit considérablement le résultat imposable de la société.

Pour illustrer, une SCI achète un bien pour 300 000 euros, dont 50 000 euros représentent la valeur du terrain. Elle peut donc amortir les 250 000 euros restants (valeur de la construction) sur une durée de 20 ans, soit 12 500 euros par an. Si la SCI génère 15 000 euros de revenus locatifs annuels, son bénéfice imposable ne sera que de 2 500 euros, après déduction de l’amortissement et des autres charges.

La possibilité de reporter les bénéfices

Contrairement à un particulier, une SCI a la faculté de reporter ses bénéfices d’une année sur l’autre, ce qui permet de lisser la charge fiscale sur plusieurs exercices. Cette possibilité est particulièrement utile en cas de revente différée ou de revenus locatifs irréguliers, offrant ainsi une meilleure maîtrise de la trésorerie et de la fiscalité.

Une transmission facilitée et moins coûteuse

La transmission des parts sociales d’une SCI est soumise aux droits de mutation à titre gratuit, mais avec des abattements familiaux importants, notamment 100 000 euros par parent et par enfant tous les 15 ans. De plus, la valeur des parts sociales peut être minorée pour réduire la base taxable, sous réserve d’une évaluation sérieuse et justifiée. Cela permet de transmettre un patrimoine immobilier dans des conditions fiscales avantageuses, tout en évitant les écueils d’une transmission en direct.

Les étapes clés pour structurer votre portage immobilier via une SCI

Choisir le bon type de SCI

En 2026, plusieurs types de SCI coexistent, chacune répondant à des besoins spécifiques. La SCI classique est idéale pour une gestion familiale ou entre associés de confiance, tandis que la SCI à l’impôt sur les sociétés est obligatoire si la société réalise des opérations de portage à titre habituel, sous peine de requalification en activité commerciale. La SCI transparente, quant à elle, permet aux revenus d’être imposés directement chez les associés, évitant ainsi une double imposition.

Il est généralement conseillé d’opter pour une SCI à l’impôt sur les sociétés si votre objectif est de réaliser un portage ponctuel, afin de bénéficier du taux réduit de 25 % et de la déduction des charges. En revanche, pour une gestion locative sur le long terme, une SCI transparente peut s’avérer plus avantageuse si les associés sont faiblement imposés.

Rédiger les statuts avec précision

Les statuts de la SCI doivent être rédigés avec le plus grand soin et préciser plusieurs éléments essentiels. L’objet social doit être clairement défini, par exemple : « acquisition, gestion et revente de biens immobiliers ». La durée de vie de la société doit être adaptée à la durée prévue du portage. Les règles de cession des parts sociales doivent être détaillées pour éviter tout blocage futur. Enfin, la répartition des bénéfices et des pertes entre les associés doit être explicitement mentionnée.

Un piège à éviter absolument est la rédaction de statuts trop vagues, qui pourraient entraîner une requalification fiscale de l’opération, par exemple en activité commerciale non souhaitée. Il est donc recommandé de faire appel à un notaire ou à un juriste spécialisé pour rédiger ces statuts.

Acquérir le bien via la SCI

Une fois la SCI créée, celle-ci procède à l’acquisition du bien immobilier au nom du vendeur, généralement avec un pacte de préférence ou une promesse unilatérale de vente pour sécuriser l’opération. Le financement peut être apporté par les associés ou obtenu via un emprunt bancaire contracté au nom de la SCI.

Il est judicieux d’inclure dans l’acte d’achat une clause précisant les conditions de revente future, par exemple : « La SCI s’engage à revendre le bien à l’associé X dans un délai de 3 ans, au prix de Y euros, sous réserve des conditions suspensives suivantes… ». Cette clause permet de sécuriser l’opération et d’éviter les malentendus.

Gérer le bien pendant le portage

Pendant la durée du portage, la SCI a plusieurs options pour gérer le bien immobilier. Elle peut le louer, générant ainsi des revenus locatifs imposables mais avec la possibilité de déduire l’ensemble des charges. Elle peut également réaliser des travaux, dont les coûts seront déductibles et amortissables. Enfin, la SCI prend en charge le paiement de la taxe foncière et des autres charges, qui sont également déductibles des revenus imposables.

Il est crucial de conserver tous les justificatifs des dépenses engagées (factures, contrats de location, etc.) pour prouver leur réalité en cas de contrôle fiscal. Une comptabilité rigoureuse est donc indispensable pour éviter tout redressement.

Revendre le bien et clôturer l’opération

À l’issue de la période de portage, la SCI procède à la revente du bien à l’investisseur final ou au propriétaire initial. La plus-value est alors calculée entre le prix d’achat (majoré des frais) et le prix de revente (minoré des frais de vente). Une fois l’opération finalisée, la SCI peut être dissoute ou réutilisée pour une nouvelle opération de portage.

Prenons un exemple concret : une SCI achète un bien pour 400 000 euros en 2023, engage 50 000 euros de travaux, et le revend pour 550 000 euros en 2026. La plus-value brute est de 100 000 euros. Après déduction des frais et de l’amortissement, la plus-value imposable est réduite à 70 000 euros, soit un impôt sur les sociétés de 17 500 euros (taux de 25 %).

Erreurs à éviter absolument

Négliger la requalification fiscale

Si la SCI est considérée comme réalisant une activité commerciale (par exemple en cas d’achat-revente fréquent de biens immobiliers), elle peut être soumise à l’impôt sur les sociétés au taux majoré de 28 % (au lieu de 25 %) et à la TVA. Pour éviter cette requalification, il est conseillé de limiter le nombre d’opérations et de préciser clairement l’objet social de la SCI dans ses statuts.

Sous-estimer les coûts de structure

La création et la gestion d’une SCI engendrent des coûts non négligeables : frais de création, honoraires de comptabilité, publication des comptes annuels, etc. Ces coûts doivent être intégrés dans le calcul de rentabilité du portage pour éviter les mauvaises surprises.

Oublier les obligations déclaratives

Une SCI est tenue de déposer ses comptes annuels et de déclarer ses revenus, même s’ils sont nuls. Le non-respect de ces obligations peut entraîner des pénalités financières et des complications administratives. Il est donc essentiel de respecter scrupuleusement ces formalités.

Mal rédiger la clause de revente

Une clause de revente mal libellée peut bloquer l’opération ou générer des conflits entre les parties. Il est donc primordial de prévoir dans les statuts ou dans l’acte de vente une clause de revente claire, précisant un prix fixe ou indexé, un délai réaliste, et des conditions suspensives (comme l’obtention d’un prêt ou l’absence de litige).

Étude de cas : Portage immobilier via une SCI pour un investisseur particulier

Pour illustrer concrètement les avantages d’un portage immobilier structuré via une SCI, prenons l’exemple de M. Dupont, un investisseur particulier souhaitant acquérir un appartement à Paris estimé à 600 000 euros. Le propriétaire actuel accepte de vendre, mais à la condition de pouvoir rester locataire pendant deux ans.

M. Dupont décide de créer une SCI avec un associé pour réaliser cette opération. La SCI achète l’appartement pour 550 000 euros (prix négocié). Le propriétaire initial signe un bail de deux ans avec la SCI, pour un loyer mensuel de 1 800 euros. La SCI engage ensuite 40 000 euros de travaux, entièrement déductibles. Après deux ans, la SCI revend l’appartement à M. Dupont pour 700 000 euros.

Calcul fiscal :

  • Prix d’achat : 550 000 euros + 40 000 euros de travaux = 590 000 euros.
  • Prix de revente : 700 000 euros.
  • Plus-value brute : 110 000 euros.
  • Après amortissement (20 ans sur 500 000 euros de construction, soit 25 000 euros par an) et déduction des frais, la plus-value imposable est réduite à environ 80 000 euros.
  • Impôt sur les sociétés à 25 % : 20 000 euros.
  • Revenus locatifs : 43 200 euros (24 mois × 1 800 euros), charges déductibles estimées à 20 000 euros → bénéfice imposable ≈ 23 200 euros → IS = 5 800 euros.

Bilan : M. Dupont paie un total de 25 800 euros d’impôts via la SCI, contre environ 40 000 euros s’il avait réalisé l’opération en nom propre. L’économie fiscale est donc substantielle, sans compter les avantages en termes de protection patrimoniale et de flexibilité de gestion.

FAQ : Vos questions sur le portage immobilier via une SCI

Peut-on réaliser un portage immobilier via une SCI sans apport personnel ?
Oui, il est tout à fait possible pour une SCI d’emprunter pour financer l’achat du bien immobilier. Les intérêts d’emprunt sont alors déductibles des revenus locatifs perçus par la SCI. Cependant, les banques exigent généralement un apport minimal de 10 à 20 % du prix d’achat, ainsi que des garanties solides (caution personnelle des associés, hypothèque sur le bien, etc.).

Quels sont les risques si la SCI ne trouve pas d’acquéreur à la fin du portage ?
Si la SCI ne parvient pas à revendre le bien à l’issue de la période de portage, elle a plusieurs options : conserver le bien en location pour générer des revenus, le revendre à perte, ou prévoir une clause de rachat par les associés dans les statuts. Il est donc crucial d’anticiper ce scénario en amont et de prévoir des solutions de sortie dans les documents juridiques.

Faut-il opter pour une SCI à l’IR ou à l’IS pour un portage immobilier ?
Pour un portage immobilier ponctuel, une SCI à l’impôt sur les sociétés (IS) est souvent préférable, car elle permet de bénéficier du taux réduit de 25 %, de déduire l’ensemble des charges et d’amortir le bien. En revanche, pour une gestion locative sur le long terme, une SCI transparente (imposition à l’IR) peut être plus avantageuse si les associés sont faiblement imposés, car elle évite la double imposition.

Comment sont imposés les revenus locatifs perçus par la SCI pendant le portage ?
Les revenus locatifs perçus par la SCI sont imposés différemment selon le régime fiscal choisi. Si la SCI est soumise à l’impôt sur les sociétés, les revenus sont taxés à 25 %, après déduction des charges et de l’amortissement. Si la SCI est transparente, les revenus sont répartis entre les associés et imposés à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus fonciers.

Peut-on cumuler portage immobilier et dispositif Pinel via une SCI ?
Oui, il est possible de cumuler un portage immobilier avec le dispositif Pinel via une SCI, sous certaines conditions. Le bien doit être neuf ou rénové, loué nu pendant une durée de 6 à 12 ans, et respecter les plafonds de loyer et de ressources des locataires. Pour bénéficier de la réduction d’impôt Pinel, la SCI doit être soumise à l’impôt sur le revenu (IR), et non à l’impôt sur les sociétés (IS).

Conclusion : Synthèse et prochaines étapes

Structurer un portage immobilier via une SCI en 2026 présente des avantages fiscaux et juridiques majeurs, à condition de bien choisir le type de SCI, de rédiger des statuts précis, et de respecter les obligations déclaratives. En optimisant la déduction des charges, l’amortissement du bien et la gestion des plus-values, vous pouvez réduire significativement la pression fiscale par rapport à une opération réalisée en nom propre.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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