Comment négocier une vente à réméré avec son ex-conjoint ?

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
18 December 2025

Négocier une vente à réméré avec son ex-conjoint après un divorce est une démarche délicate, mais souvent nécessaire pour sortir d’une situation d’indivision bloquée. Cette opération permet à l’un des ex-époux de racheter la part de l’autre, tout en laissant à ce dernier la possibilité de récupérer sa part ultérieurement. Cependant, pour que la négociation aboutisse à un accord équitable et sécurisé, il faut suivre une méthode rigoureuse, anticiper les points de friction et s’entourer des bons professionnels. Cet article vous explique comment aborder cette négociation, quelles étapes respecter, quels pièges éviter et comment le notaire ou un médiateur peut vous accompagner. Vous trouverez également des conseils pratiques pour préserver vos intérêts et ceux de votre ex-conjoint, ainsi qu’un exemple concret de négociation réussie.

Pourquoi la vente à réméré peut-elle être une solution adaptée après un divorce ?

La vente à réméré est particulièrement utile en cas de divorce lorsque les ex-époux ne parviennent pas à se mettre d’accord sur le partage d’un bien immobilier en indivision. Elle offre plusieurs avantages par rapport à une vente classique ou à un partage judiciaire :

Elle permet d’éviter une vente forcée du bien, souvent source de pertes financières et de tensions supplémentaires. En effet, une vente aux enchères ou une décision judiciaire peut aboutir à un prix inférieur à la valeur réelle du bien, surtout si le marché est défavorable ou si les ex-époux sont pressés de liquider l’indivision.

La vente à réméré préserve la possibilité pour l’ex-époux vendeur de racheter sa part dans le bien, s’il retrouve une situation financière plus stable. Cela peut être crucial si le bien a une valeur sentimentale ou si l’ex-époux souhaite conserver un pied dans l’immobilier.

Enfin, elle évite les délais et les coûts d’une procédure judiciaire, tout en offrant une solution négociée et adaptée aux besoins de chacun. Contrairement à une indivision prolongée, qui peut générer des conflits et des frais de gestion, la vente à réméré permet de clarifier la situation rapidement et de manière équitable.

Cependant, pour que cette solution soit viable, il est essentiel que les deux parties soient prêtes à négocier de bonne foi et à accepter des compromis. Si la communication est trop tendue, l’intervention d’un médiateur ou d’un avocat spécialisé peut s’avérer indispensable.

Quelles sont les étapes clés pour négocier une vente à réméré avec son ex-conjoint ?

1. Préparer la négociation : évaluation du bien et clarification des objectifs

Avant d’entamer toute discussion, il est crucial de faire évaluer le bien immobilier par un expert indépendant. Cette évaluation servira de base objective pour fixer le prix de vente et le prix de rachat, et évitera les désaccords sur la valeur du bien. Les notaires, agents immobiliers ou experts agréés sont les professionnels les plus à même de réaliser cette estimation.

En parallèle, chacun doit clarifier ses objectifs : souhaitez-vous racheter la part de votre ex-conjoint, ou préférez-vous vendre votre part tout en gardant la possibilité de la racheter plus tard ? Quels sont vos impératifs financiers et vos contraintes de temps ? Ces éléments vous permettront d’aborder la négociation avec une vision claire et réaliste.

2. Engager le dialogue : communication et médiation

La négociation directe avec son ex-conjoint peut être difficile, surtout si la séparation a été conflictuelle. Pour maximiser les chances de succès, il est recommandé d’adopter une communication neutre et factuelle, en évitant les reproches ou les jugements. Si les échanges sont trop tendus, faire appel à un médiateur familial ou à un notaire médiateur peut faciliter le dialogue et aider à trouver un terrain d’entente.

Le médiateur joue un rôle clé : il permet de désamorcer les tensions, de clarifier les attentes de chacun et de proposer des solutions créatives. Contrairement à un juge, il ne tranche pas, mais aide les parties à construire un accord mutuellement acceptable. Cette approche est souvent moins coûteuse et plus rapide qu’une procédure judiciaire.

3. Négocier les termes du contrat : prix, délai et conditions de rachat

Une fois l’évaluation du bien réalisée et le dialogue engagé, il faut négocier les termes concrets de la vente à réméré :

  • Le prix de vente : il doit être équitable et refléter la valeur réelle du bien. Une décote de 10 % à 40 % est souvent appliquée, en fonction de la liquidité du bien et des besoins de trésorerie.
  • Le délai de rachat : la loi fixe un maximum de cinq ans, mais il est possible de négocier une durée plus courte, en fonction de la situation financière de l’ex-époux vendeur.
  • Les indemnités d’occupation : si l’ex-époux vendeur souhaite continuer à occuper le bien, il devra verser une indemnité mensuelle à l’acheteur. Cette indemnité doit être raisonnable et négociée en amont.
  • Le prix de rachat : il inclut généralement le prix de vente initial, majoré des frais et des intérêts. Il est essentiel de fixer un prix réaliste, pour éviter que le rachat ne devienne financièrement inaccessible.

Ces négociations doivent être menées avec rigueur, idéalement avec l’aide d’un avocat ou d’un notaire, pour s’assurer que chaque clause est équilibrée et conforme à la loi.

4. Formaliser l’accord : rédaction et signature chez le notaire

Une fois les termes négociés, l’accord doit être formalisé dans un acte notarié. Le notaire joue un rôle central : il rédige le contrat, vérifie sa conformité juridique, et s’assure que les droits de chaque partie sont protégés. Il est également chargé de centraliser les fonds issus de la vente et de procéder au remboursement des éventuels créanciers

Le notaire a un devoir de conseil renforcé, notamment pour expliquer les conséquences juridiques et financières de l’opération à chaque partie. Il peut aussi proposer des ajustements pour sécuriser l’opération, par exemple en prévoyant des garanties en cas de non-rachat.

Quels sont les pièges à éviter lors de la négociation d’une vente à réméré ?

Négocier une vente à réméré avec son ex-conjoint comporte plusieurs risques, qu’il est essentiel d’anticiper pour éviter les mauvaises surprises.

Le premier piège est de sous-estimer la valeur du bien, ce qui peut aboutir à une vente à un prix trop bas. Pour éviter cela, il est impératif de faire appel à un expert indépendant et de comparer plusieurs estimations.

Un autre risque majeur est de fixer un prix de rachat trop élevé, rendant le rachat financièrement inaccessible pour l’ex-époux vendeur. Il est donc crucial de négocier un prix réaliste, en tenant compte des frais et des intérêts, et de prévoir une marge de manœuvre en cas d’imprévu.

Il faut également veiller à ce que le délai de rachat soit réaliste. Un délai trop court peut mettre l’ex-époux vendeur dans l’incapacité de racheter sa part, tandis qu’un délai trop long peut désavantager l’acheteur. La loi fixe un maximum de cinq ans, mais il est possible de négocier une durée intermédiaire.

Enfin, il est déconseillé de négliger l’accompagnement juridique. Sans l’aide d’un avocat ou d’un notaire, il est facile de souscrire à des clauses abusives ou de mal comprendre les implications fiscales et juridiques de l’opération.

Exemple concret : comment Sophie et Thomas ont négocié leur vente à réméré

Sophie et Thomas, divorcés depuis un an, étaient copropriétaires d’un appartement en indivision. Aucun des deux ne souhaitait vendre le bien, mais ils ne parvenaient pas à se mettre d’accord sur son partage. Sophie souhaitait racheter la part de Thomas, mais elle n’avait pas les liquidités nécessaires immédiatement.

Ils ont d’abord fait appel à un expert immobilier pour évaluer l’appartement à 300 000 euros. Thomas a accepté de vendre sa part pour 135 000 euros, soit une décote de 15 %, en échange d’un droit de rachat dans un délai de trois ans. Sophie a pu financer cette opération grâce à un prêt familial, tandis que Thomas a conservé la possibilité de racheter sa part s’il retrouvait une situation financière stable.

Pour sécuriser l’opération, ils ont fait appel à un notaire, qui a rédigé le contrat de vente à réméré et expliqué les implications fiscales et juridiques à chacun. Le notaire a également prévu une clause permettant à Thomas de prolonger le délai de rachat de six mois, en cas de besoin.

Cet exemple illustre comment une négociation bien préparée, encadrée par des professionnels, peut aboutir à un accord équitable et sécurisé pour les deux parties.

Quel est le rôle du notaire et du médiateur dans la négociation ?

Le notaire est un acteur clé dans la vente à réméré. Il a pour mission de rédiger l’acte authentique, de vérifier la conformité juridique de l’opération et de conseiller chaque partie sur ses droits et obligations. Il centralise également les fonds et procède au remboursement des créanciers, si nécessaire.

Le médiateur, quant à lui, intervient en amont pour faciliter la communication et aider les ex-époux à trouver un accord. Il ne prend pas parti, mais guide les discussions pour aboutir à une solution mutuellement acceptable. Son intervention est particulièrement utile en cas de tensions ou de blocages.

En cas de désaccord persistant, le notaire ou le médiateur peut proposer des alternatives, comme une convention d’indivision temporaire ou un rachat de soulte, pour éviter une procédure judiciaire longue et coûteuse.

Quelles sont les alternatives à la vente à réméré en cas de désaccord ?

Si la vente à réméré ne semble pas adaptée à votre situation, plusieurs alternatives existent :

  • Le rachat de soulte : l’un des ex-époux rachète la part de l’autre, à un prix fixé d’un commun accord ou par un expert. Cette solution est simple et définitive, mais elle nécessite des liquidités immédiates.
  • La vente amiable du bien : les ex-époux vendent le bien ensemble et se partagent le produit de la vente. Cette option est souvent la plus simple, à condition de se mettre d’accord sur le prix et les modalités de vente.
  • Le partage judiciaire : si aucun accord n’est possible, le tribunal peut ordonner la vente du bien aux enchères ou son attribution à l’un des ex-époux, sous réserve du versement d’une soulte. Cette solution est plus longue et plus coûteuse, mais elle permet de sortir de l’indivision.

Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients. Le choix dépendra de votre situation personnelle, de vos objectifs et de votre capacité à collaborer avec votre ex-conjoint.

FAQ : vos questions sur la négociation d’une vente à réméré avec son ex-conjoint

Peut-on négocier une vente à réméré sans l’accord de son ex-conjoint ?
Non, la vente à réméré nécessite l’accord des deux parties. Si votre ex-conjoint refuse, il faudra envisager une autre solution, comme une vente forcée ou un partage judiciaire.

Quel est le coût d’une vente à réméré en cas de divorce ?
Les coûts varient en fonction de la valeur du bien et des honoraires du notaire. En général, il faut prévoir entre 2 % et 5 % de la valeur du bien pour les frais de notaire, ainsi que les éventuels intérêts sur le prix de rachat.

Peut-on annuler une vente à réméré ?
Une vente à réméré est un contrat définitif, mais il est possible de la modifier ou de l’annuler par accord mutuel, sous réserve de l’accord du notaire et du respect des conditions légales.

Que se passe-t-il si l’ex-conjoint vendeur ne rachète pas sa part dans le délai imparti ?
Si l’ex-conjoint vendeur ne rachète pas sa part dans le délai prévu, il perd définitivement ses droits sur le bien. L’ex-conjoint acheteur devient alors propriétaire exclusif du bien.

La vente à réméré est-elle imposable ?
Oui, la vente à réméré est soumise aux mêmes règles fiscales qu’une vente classique. Les plus-values immobilières sont imposables, sauf en cas d’exonération spécifique.

Conclusion : réussir la négociation d’une vente à réméré avec son ex-conjoint

Négocier une vente à réméré avec son ex-conjoint après un divorce est un processus complexe, mais réalisable à condition de bien se préparer, de privilégier le dialogue et de s’entourer des bons professionnels. En suivant les étapes clés, en évitant les pièges et en faisant appel à un notaire ou un médiateur, vous maximiserez vos chances de parvenir à un accord équitable et sécurisé.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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