Faculté de rachat et fichage Banque de France (FICP, FCC) : impacts et solutions

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le

Être fiché à la Banque de France, que ce soit au FICP ou au FCC, complique considérablement l’accès aux crédits traditionnels et peut menacer votre patrimoine immobilier. Dans ce contexte, la faculté de rachat, ou vente avec faculté de rachat, se présente comme une solution légale pour libérer des liquidités sans emprunter, tout en conservant une option pour récupérer votre bien. Mais comment fonctionne-t-elle lorsque vous êtes fiché ? Quels sont les risques et les avantages ?

Comprendre le fichage FICP et FCC

Qu’est-ce que le FICP ?

Le Fichier national des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers, plus connu sous le nom de FICP, recense les personnes ayant connu des impayés sur des crédits, qu’il s’agisse de prêts personnels, de crédits à la consommation ou d’autres formes d’emprunts. Une inscription au FICP dure cinq ans et rend quasi impossible l’obtention d’un nouveau prêt bancaire pendant cette période.

Pour un propriétaire, les conséquences d’un fichage FICP sont multiples. Il devient impossible de contracter un prêt hypothécaire ou un crédit immobilier, ce qui limite considérablement les options pour libérer des liquidités. De plus, le risque de saisie immobilière augmente en cas de dettes non réglées. Enfin, il devient plus difficile de négocier des échelonnements de dettes avec les créanciers, car ces derniers savent que vous êtes en difficulté financière.

Qu’est-ce que le FCC ?

Le Fichier Central des Chèques, ou FCC, concerne les personnes ayant émis des chèques sans provision ou fait l’objet d’une interdiction bancaire. Comme le FICP, ce fichage complique l’accès aux services bancaires et peut aggraver une situation financière déjà fragile.

L’impact d’un fichage FCC sur un bien immobilier est également significatif. Il peut rendre difficile la vente d’un bien avec un prêt vendeur, car les banques refusent souvent de financer l’acquéreur dans ce contexte. De plus, il existe un risque de blocage des comptes liés à la transaction, ce qui peut compliquer la gestion des fonds obtenus. Peut-on obtenir un prêt avec un fichage FICP ou FCC ?

Non, les banques refusent systématiquement les prêts aux personnes fichées. C’est pourquoi des solutions alternatives comme la faculté de rachat deviennent essentielles pour les propriétaires en difficulté. Contrairement aux prêts bancaires, la faculté de rachat ne dépend pas de votre solvabilité, mais de la valeur de votre bien, ce qui en fait une option viable pour les personnes fichées.

Si la faculté de rachat n’est pas adaptée à votre situation, d’autres alternatives existent. Vous pouvez envisager un rachat de crédits si cela est possible malgré le fichage. Une négociation directe avec les créanciers pour un échelonnement des dettes peut également être une solution. Enfin, une vente classique du bien peut être envisagée si vous n’avez pas besoin de conserver une option de rachat.

La faculté de rachat : une solution adaptée aux fichés

Pourquoi la faculté de rachat est-elle intéressante pour les fichés ?

Contrairement à un prêt, la faculté de rachat ne dépend pas de votre solvabilité. Elle repose sur la valeur de votre bien, ce qui en fait une solution idéale pour les personnes fichées. Avec cette opération, il n’y a pas de contrôle de crédit, car l’acquéreur achète le bien avec une option de rachat. Vous obtenez ainsi des liquidités immédiates sans emprunter, ce qui évite d’aggraver votre situation financière. De plus, si votre situation s’améliore, vous pouvez racheter le bien.

En utilisant les fonds obtenus pour régler vos dettes, vous pouvez accélérer votre sortie du FICP. Une fois vos dettes apurées, vous pouvez demander la radiation de votre fichage, ce qui vous permettra de retrouver un accès normal aux crédits.

Comment ça marche concrètement ?

La faculté de rachat fonctionne en plusieurs étapes. Tout d’abord, un expert immobilier évalue votre bien pour déterminer sa valeur marchande. Ensuite, vous négociez avec l’acquéreur pour vendre le bien avec une décote de 10 à 30 % et convenir d’un prix de rachat, par exemple le prix de vente majoré de 10 % après cinq ans.

Un acte notarié est ensuite rédigé pour formaliser l’accord. Ce contrat précise la durée de la faculté de rachat, généralement limitée à cinq ans, le prix de rachat, et les modalités en cas de non-exercice de cette option. Enfin, l’acte est enregistré pour être opposable aux tiers, y compris aux créanciers.

Les coûts incluent les frais de notaire, généralement entre 2 et 3 % du prix de vente, les frais d’expertise immobilière, et éventuellement les frais de négociation avec l’acquéreur. Il est important de prévoir ces coûts dans votre budget pour éviter les mauvaises surprises.

Impact du fichage sur la faculté de rachat

Le fichage empêche-t-il la vente avec faculté de rachat ?

Non, car cette opération ne dépend pas d’un prêt bancaire. Cependant, votre fichage peut influencer certains aspects de la transaction. Par exemple, un acquéreur peut exiger une décote plus importante en raison de votre situation financière. De plus, certains investisseurs peuvent hésiter à traiter avec une personne fichée, par crainte de non-rachat.

Pour rassurer un acquéreur, vous pouvez présenter un plan de rachat détaillé, montrant comment vous comptez régler vos dettes et racheter le bien. Proposer des garanties supplémentaires, comme un garant ou une hypothèque sur un autre bien, peut également rassurer l’acquéreur. Enfin, travailler avec un notaire pour rédiger un acte solide et sécurisé est essentiel.

Comment rassurer l’acquéreur malgré un fichage ?

Pour rassurer l’acquéreur, il est important de présenter un plan de rachat crédible. Montrez comment vous comptez régler vos dettes et racheter le bien, par exemple grâce à une reprise d’activité, un héritage ou un prêt familial. Proposer des garanties, comme un garant ou une hypothèque sur un autre bien, peut également rassurer l’acquéreur. Enfin, travailler avec un notaire pour rédiger un acte solide protège les deux parties et limite les risques pour l’acquéreur.

Préparez les documents suivants : un état des dettes et un plan de règlement, des preuves de revenus futurs comme un contrat de travail ou une promesse d’embauche, et un engagement écrit de rachat, si possible avec un garant.

Risque de saisie pendant la période de rachat

Même avec une faculté de rachat, vos créanciers peuvent tenter une saisie si vos dettes ne sont pas réglées. Pour éviter cela, utilisez les fonds pour apurer les dettes prioritaires, comme celles envers le fisc, les huissiers ou les dettes sociales. Négociez également avec vos créanciers pour proposer un échelonnement en échange de la levée des poursuites.

Pour éviter une saisie, vous pouvez inclure une clause de protection dans l’acte notarié, bloquant les poursuites des créanciers pendant la durée de la faculté de rachat. Réglez les dettes les plus urgentes en priorité et négociez avec les créanciers pour obtenir un moratoire ou un échelonnement.

Étapes clés pour réussir une faculté de rachat quand on est fiché

Évaluer la faisabilité

Avant de vous lancer, vérifiez la valeur de votre bien. Une décote trop importante peut rendre le rachat difficile. Estimez également vos capacités de rachat : avez-vous un plan pour récupérer les fonds nécessaires, comme une épargne, une activité future ou une aide familiale ?

Faites appel à plusieurs experts immobiliers pour obtenir une estimation précise. Comparez les avis et choisissez une valeur médiane pour éviter une sous-évaluation ou une surévaluation.

Trouver un acquéreur

Pour trouver un acquéreur, vous pouvez vous tourner vers des investisseurs spécialisés dans les ventes à réméré, même pour des propriétaires fichés. Votre réseau personnel, comme votre famille, vos amis ou vos connaissances, peut également être une source d’acquéreurs de confiance. Enfin, des plateformes en ligne mettent en relation vendeurs et acquéreurs pour ce type d’opération.

Rédiger l’acte notarié

L’acte notarié doit inclure plusieurs éléments clés. Il doit préciser la durée de la faculté de rachat, généralement limitée à cinq ans, ainsi que le prix de rachat, qui peut être fixe ou indexé. Une clause de protection contre les créanciers est indispensable pour éviter une saisie pendant la période de rachat. Enfin, les modalités en cas de non-rachat doivent être clairement définies.

L’acte doit comporter la durée de la faculté de rachat, généralement limitée à cinq ans, le prix de rachat, fixe ou indexé sur un indice comme l’inflation, une clause de protection contre les créanciers pour éviter une saisie pendant la période, et les modalités en cas de non-rachat, comme la perte définitive du bien.

Utiliser les fonds stratégiquement

Une fois les fonds obtenus, priorisez le règlement des dettes qui pourraient entraîner une saisie, comme les dettes fiscales ou celles liées aux huissiers. Vous pouvez également utiliser une partie des fonds pour bloquer les poursuites des créanciers.

Réglez d’abord les dettes urgentes comme celles envers le fisc ou les huissiers. Négociez avec les créanciers pour obtenir des remises ou des échelonnements. Enfin, épargnez une partie des fonds pour préparer le rachat du bien.

Cas concret : Faculté de rachat malgré un fichage FICP

Situation : Jean, fiché FICP après un divorce coûteux, ne peut plus rembourser son crédit immobilier. Sa maison, estimée à 300 000 €, est menacée de saisie.

Solution :Il vend sa maison avec faculté de rachat pour 240 000 € à un investisseur, avec une option de rachat à 270 000 € dans cinq ans. Les fonds lui permettent de régler ses dettes prioritaires, d’éviter la saisie, et de préparer un rachat grâce à un héritage prévu dans trois ans.

Résultat : Après quatre ans, Jean rachète sa maison pour 270 000 € et sort du FICP. Il a sauvé son patrimoine malgré son fichage.

Erreurs à éviter

Négliger l’évaluation du bien

Une sous-évaluation de votre bien réduit vos chances de rachat. Pour éviter cela, faites appel à plusieurs experts pour obtenir un prix juste et réaliste.

Choisir un acquéreur non sérieux

Privilégiez des investisseurs spécialisés ou des proches pour éviter les acquéreurs qui pourraient proposer des conditions abusives. Un acquéreur sérieux est essentiel pour sécuriser l’opération.

Ne pas prévoir de plan de rachat

Sans une stratégie claire pour racheter le bien, comme une épargne, un prêt familial ou une activité future, vous risquez de perdre votre bien. Un plan de rachat réaliste est crucial pour réussir cette opération.

Oublier les conséquences fiscales

Consultez un expert-comptable pour optimiser la fiscalité de l’opération, notamment en ce qui concerne les plus-values et les droits de mutation. Cela vous permettra d’éviter les mauvaises surprises et de maximiser les avantages de la faculté de rachat.

Les avantages fiscaux de la faculté de rachat

Exonération de plus-value sous conditions

Dans certains cas, la vente avec faculté de rachat peut bénéficier d’une exonération de plus-value, notamment si le bien est votre résidence principale. Cette exonération est soumise à des conditions strictes, comme la durée de détention du bien et son usage. Il est donc essentiel de consulter un expert-comptable pour vérifier votre éligibilité.

Report d’imposition en cas de rachat

Si vous exercez votre droit de rachat, la plus-value réalisée lors de la revente peut être reportée, ce qui évite une imposition immédiate. Ce report est particulièrement avantageux si vous prévoyez de revendre le bien plus tard à un prix plus élevé.

Déduction des frais liés à l’opération

Les frais liés à la vente avec faculté de rachat, comme les frais de notaire ou d’expertise, peuvent être déduits de votre revenu imposable sous certaines conditions. Un expert-comptable peut vous aider à optimiser ces déductions et réduire votre charge fiscale.

Comment préparer son dossier pour une faculté de rachat ?

Rassembler les documents nécessaires

Pour préparer votre dossier, rassemblez les documents suivants : un titre de propriété, une estimation immobilière récente, un état des dettes et des créanciers, et un plan de rachat détaillé. Ces documents sont essentiels pour convaincre un acquéreur et sécuriser l’opération.

Consulter un notaire et un expert-comptable

Un notaire vous aidera à rédiger un acte solide et conforme à la loi, tandis qu’un expert-comptable optimisera les aspects fiscaux de l’opération. Leur expertise est cruciale pour éviter les pièges et maximiser les avantages de la faculté de rachat.

Négocier avec les créanciers

Avant de finaliser la vente, négociez avec vos créanciers pour obtenir des accords sur le règlement de vos dettes. Montrez-leur que la faculté de rachat est une solution viable pour apurer vos dettes et éviter une saisie.

FAQ : Questions fréquentes

Puis-je faire une faculté de rachat si je suis fiché FCC ?
Oui, car le FCC concerne les chèques, pas les ventes immobilières. Cependant, un acquéreur peut être méfiant. Un acte notarié solide est donc indispensable pour rassurer toutes les parties.

Mon fichage FICP sera-t-il effacé après une faculté de rachat ?
Non, le fichage reste jusqu’à son terme, soit cinq ans. Cependant, la faculté de rachat peut vous aider à régler vos dettes et éviter une aggravation de votre situation financière.

Que se passe-t-il si je ne peux pas racheter le bien ?
Vous perdez définitivement le bien, mais sans dette résiduelle, contrairement à un crédit non remboursé.

Puis-je utiliser cette solution pour un bien en copropriété ?
Oui, mais tous les copropriétaires doivent donner leur accord pour que la vente avec faculté de rachat soit valable.

Comment trouver un acquéreur quand on est fiché ?
Vous pouvez vous tourner vers des notaires, qui connaissent des investisseurs spécialisés dans ce type d’opération. Les réseaux d’entraide, comme les associations ou les plateformes pour propriétaires en difficulté, peuvent également vous aider. Enfin, des annonces ciblées, mentionnant clairement la faculté de rachat, peuvent attirer des acquéreurs intéressés par ce type d’opération.

Conclusion

La faculté de rachat est une solution légale et efficace pour les propriétaires fichés FICP ou FCC qui souhaitent protéger leur patrimoine sans recourir à un prêt bancaire. Elle permet de libérer des liquidités, d’éviter une saisie, et de conserver une option de rachat si votre situation s’améliore.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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