Étude de cas : un interdit bancaire évite la saisie grâce à la vente à réméré

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le
18 December 2025

L’interdit bancaire est une situation redoutée par tout propriétaire, car elle limite drastiquement les options de financement et expose au risque de saisie immobilière. Pourtant, des solutions existent pour éviter la perte de son logement, même en cas d’inscription au FICP. La vente à réméré, bien que méconnue, se révèle être une alternative efficace pour les propriétaires en difficulté. À travers cette étude de cas fictive mais réaliste, nous allons suivre le parcours de Monsieur et Madame Lambert, un couple interdit bancaire confronté à la menace d’une saisie. Nous détaillerons les étapes clés de leur démarche, les défis rencontrés, les solutions mises en place et les résultats obtenus. Cet exemple illustre comment une approche structurée et un accompagnement professionnel peuvent permettre d’éviter la saisie et de préserver son patrimoine immobilier.

Contexte : la situation financière de Monsieur et Madame Lambert

Monsieur et Madame Lambert, propriétaires d’une maison estimée à 320 000 euros dans la région lyonnaise, se retrouvent en situation d’interdit bancaire après une série d’incidents de paiement sur leur crédit immobilier. Monsieur Lambert, ancien cadre commercial, a perdu son emploi il y a deux ans et n’a pas réussi à retrouver un poste équivalent. Malgré leurs efforts pour réduire leurs dépenses, le couple accumule les retards de paiement. Leur banque, après plusieurs relances infructueuses, engage une procédure de saisie immobilière. Inscrits au FICP, ils ne peuvent plus accéder à aucun financement traditionnel. Leur notaire leur conseille d’envisager une vente à réméré pour éviter la perte de leur logement.

Leur situation est critique : leur crédit immobilier restant s’élève à 200 000 euros, et leurs autres dettes (crédits à la consommation, impôts) atteignent 50 000 euros. Sans solution rapide, leur maison risque d’être saisie et vendue aux enchères dans les six mois. C’est dans ce contexte qu’ils décident d’explorer la piste de la vente à réméré, malgré leurs réticences initiales face à la complexité du dispositif.

Étape 1 : l’évaluation du bien et la recherche d’un acheteur spécialisé

La première étape pour Monsieur et Madame Lambert consiste à faire évaluer leur maison par un expert immobilier indépendant. L’évaluation confirme la valeur marchande du bien à 320 000 euros. Leur notaire leur explique que, dans le cadre d’une vente à réméré, une décote de 15 à 25 % est généralement appliquée. Après négociation, ils décident de viser une décote de 20 %, ce qui porterait le prix de vente à 256 000 euros.

Leur notaire les met en relation avec plusieurs sociétés spécialisées dans les ventes à réméré. Après avoir comparé les offres, ils optent pour un acheteur qui propose un prix de vente de 260 000 euros (soit une décote de 18,75 %), avec une faculté de rachat dans un délai de quatre ans. Le prix de rachat est fixé à 290 000 euros, incluant des intérêts annuels de 3,5 %. Pendant la durée du réméré, ils devront payer une indemnité d’occupation mensuelle de 800 euros.

Cette étape est cruciale, car elle détermine le montant des liquidités qu’ils obtiendront et les conditions de rachat futures. Leur notaire insiste sur l’importance de bien négocier la décote et la durée de la faculté de rachat pour maximiser leurs chances de récupérer leur maison.

Étape 2 : la signature du contrat et les aspects juridiques

Une fois l’acheteur choisi, Monsieur et Madame Lambert signent un compromis de vente, suivi de l’acte authentique chez le notaire. Ce dernier veille à ce que toutes les clauses du contrat soient conformes à la réglementation et protègent leurs intérêts. Le contrat précise notamment le prix de vente, le prix de rachat, la durée de la faculté de rachat (quatre ans), les modalités de paiement de l’indemnité d’occupation et les pénalités en cas de non-respect des engagements.

Le notaire explique en détail les implications juridiques et fiscales de la vente à réméré. Il souligne que, bien que cette solution évite la saisie, elle ne supprime pas leur inscription au FICP. Cependant, elle leur offre un délai pour régulariser leur situation financière et préparer le rachat de leur maison. Il les informe également des coûts annexes, tels que les frais de notaire (environ 3 % du prix de vente) et les droits de mutation.

Monsieur et Madame Lambert sont rassurés par la transparence du processus et la sécurité juridique offerte par l’intervention du notaire. Ils comprennent que cette solution, bien que complexe, est leur meilleure option pour éviter la perte de leur logement.

Étape 3 : l’utilisation des fonds et la restructuration financière

Après la signature de l’acte de vente, Monsieur et Madame Lambert reçoivent le montant de 260 000 euros. Ils utilisent une partie de cette somme (200 000 euros) pour rembourser intégralement leur crédit immobilier et éviter la saisie. Les 50 000 euros restants sont affectés au remboursement de leurs autres dettes (crédits à la consommation, impôts) et à la constitution d’une épargne de précaution.

Leur notaire leur conseille de mettre en place un budget strict pour gérer leurs dépenses et préparer le rachat de leur maison dans quatre ans. Ils décident de consulter un conseiller en gestion de patrimoine pour les aider à optimiser leur épargne et explorer d’autres sources de financement, comme un prêt familial ou la vente d’un véhicule secondaire.

Pendant la durée du réméré, ils continuent à occuper leur maison en payant une indemnité d’occupation de 800 euros par mois. Cette somme est intégrée à leur budget mensuel, qui inclut également une ligne dédiée à l’épargne pour le rachat futur. Leur objectif est de reconstituer les 290 000 euros nécessaires au rachat dans les quatre ans.

Étape 4 : la préparation du rachat et les défis rencontrés

Au cours des deux premières années, Monsieur et Madame Lambert rencontrent plusieurs défis. Monsieur Lambert trouve un emploi en CDD, mais son salaire est inférieur à celui de son ancien poste. Madame Lambert, quant à elle, décide de se former à un nouveau métier pour améliorer leurs revenus. Malgré ces difficultés, ils parviennent à respecter leur budget et à épargner régulièrement.

Leur conseiller en gestion de patrimoine les aide à diversifier leurs sources de financement. Ils décident de vendre une voiture dont ils n’ont plus l’usage, ce qui leur rapporte 15 000 euros supplémentaires. Ils sollicitent également un prêt familial de 30 000 euros, remboursable sur cinq ans sans intérêts. Ces apports complémentaires leur permettent de renforcer leur épargne et de se rapprocher de leur objectif.

Cependant, un imprévu survient au bout de trois ans : Monsieur Lambert est licencié pour raisons économiques. Cette situation les oblige à revoir leur stratégie. Leur conseiller leur suggère de négocier avec l’acheteur une prolongation de la faculté de rachat d’un an, contre une légère majoration du prix de rachat. L’acheteur accepte, à condition que l’indemnité d’occupation soit augmentée à 900 euros par mois. Monsieur et Madame Lambert acceptent cette proposition, car elle leur donne le temps nécessaire pour retrouver une stabilité financière.

Étape 5 : le rachat du bien et les résultats obtenus

Grâce à leur persévérance et à l’accompagnement de leur conseiller, Monsieur et Madame Lambert parviennent à reconstituer les fonds nécessaires au rachat de leur maison. Après quatre ans et demi (incluant la prolongation négociée), ils rachètent leur bien pour un montant total de 295 000 euros, incluant la majoration convenue.

Cette réussite est le fruit d’une gestion rigoureuse de leur budget, d’une diversification de leurs sources de financement et d’une négociation proactive avec l’acheteur. Leur notaire les félicite pour leur détermination et leur rappelle l’importance de maintenir une bonne gestion financière pour éviter de retomber dans une situation d’interdit bancaire.

Analyse des clés de succès de cette étude de cas

Plusieurs facteurs ont contribué au succès de Monsieur et Madame Lambert. Tout d’abord, leur décision de consulter rapidement un notaire et un conseiller en gestion de patrimoine a été déterminante. Ces professionnels les ont guidés à chaque étape, leur permettant d’éviter les pièges et de négocier des conditions favorables.

Ensuite, leur discipline financière a été essentielle. Malgré les difficultés rencontrées, ils ont respecté leur budget et épargné régulièrement. Leur capacité à diversifier leurs sources de financement (vente d’un véhicule, prêt familial) a également joué un rôle clé dans la reconstitution des fonds nécessaires au rachat.

Enfin, leur flexibilité et leur réactivité face aux imprévus (comme le licenciement de Monsieur Lambert) ont été cruciales. En négociant une prolongation de la faculté de rachat, ils ont pu s’adapter à leur nouvelle situation sans perdre leur logement.

Les erreurs à éviter dans une vente à réméré pour les interdits bancaires

Cette étude de cas met également en lumière les erreurs à éviter pour les interdits bancaires qui envisagent une vente à réméré. La première erreur serait de sous-estimer les coûts et les risques associés à cette solution. Il est essentiel de bien évaluer sa capacité à racheter le bien dans le délai imparti et de prévoir une marge de sécurité pour faire face aux imprévus.

La deuxième erreur serait de ne pas s’entourer de professionnels compétents. Un notaire et un conseiller en gestion de patrimoine peuvent apporter une expertise précieuse pour négocier les meilleures conditions et sécuriser la transaction.

Enfin, la troisième erreur serait de négliger la préparation du rachat. Il est crucial de mettre en place un plan d’épargne réaliste et de diversifier ses sources de financement pour maximiser ses chances de succès.

FAQ

La vente à réméré est-elle une solution adaptée à tous les interdits bancaires ?
Non, la vente à réméré n’est pas adaptée à tous les profils. Elle convient particulièrement aux propriétaires qui ont besoin d’une somme importante pour éviter la saisie et qui sont prêts à s’engager dans un processus de restructuration financière sur plusieurs années.

Peut-on négocier les conditions de la vente à réméré avec l’acheteur ?
Oui, les conditions (prix de vente, prix de rachat, durée de la faculté de rachat, indemnité d’occupation) sont négociables. Il est recommandé de s’entourer d’un notaire pour obtenir les meilleures conditions.

Quels sont les coûts à prévoir dans une vente à réméré ?
Les coûts principaux sont les frais de notaire (environ 2 à 5 % du prix de vente), les droits de mutation, l’indemnité d’occupation et les intérêts sur le prix de rachat.

Comment préparer le rachat de son bien après une vente à réméré ?
Il est essentiel de mettre en place un budget strict, d’épargner régulièrement et de diversifier ses sources de financement (prêt familial, vente d’actifs, etc.). Un accompagnement par un conseiller en gestion de patrimoine est recommandé.

Que se passe-t-il si on ne peut pas racheter son bien à l’échéance ?
Si le rachat n’est pas effectué dans le délai imparti, le bien est définitivement perdu. Il est donc crucial de bien évaluer sa capacité à honorer cet engagement avant de s’engager dans une vente à réméré.

Conclusion

Cette étude de cas fictive mais réaliste illustre comment la vente à réméré peut offrir une issue aux propriétaires interdits bancaires menacés de saisie immobilière. Le parcours de Monsieur et Madame Lambert montre que, malgré les difficultés, une approche structurée, un accompagnement professionnel et une gestion financière rigoureuse permettent de préserver son patrimoine. La vente à réméré n’est pas une solution miracle, mais un outil stratégique qui, bien utilisé, peut éviter la perte du logement et offrir un délai précieux pour se restructurer. Cependant, son succès repose sur plusieurs conditions : une évaluation réaliste de sa capacité à racheter le bien, une négociation minutieuse des termes du contrat, et une préparation active du rachat. L’accompagnement par des professionnels (notaire, conseiller en gestion de patrimoine) est indispensable pour sécuriser chaque étape et maximiser ses chances de succès. Pour les interdits bancaires, la vente à réméré représente une alternative légale et efficace, à condition de l’aborder avec prudence et détermination. Elle démontre qu’il existe des solutions pour éviter la saisie, même dans les situations les plus critiques, et que la perte d’un logement n’est pas une fatalité. En s’inspirant de cette étude de cas, les propriétaires en difficulté peuvent trouver des pistes concrètes pour protéger leur patrimoine et rebâtir leur équilibre financier.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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