Délai légal pour exercer la faculté de rachat : ce que dit la loi en 2026

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le

La vente avec faculté de rachat est une opération immobilière qui permet à un propriétaire de vendre son bien tout en conservant la possibilité de le racheter dans un délai déterminé. Ce délai, encadré par la loi, est un élément fondamental de cette opération, car il détermine la période pendant laquelle le vendeur peut exercer son droit de rachat. Une méconnaissance de ce délai peut entraîner la perte définitive du bien ou des litiges coûteux.

Quel est le délai légal pour exercer la faculté de rachat selon le Code civil ?

Le délai légal pour exercer la faculté de rachat est strictement encadré par l’article 1660 du Code civil. Ce texte dispose que le vendeur peut exercer son droit de rachat dans un délai maximal de cinq ans à compter de la signature de l’acte de vente. Ce délai est impératif et ne peut être prolongé, même par accord entre les parties.

Ce délai de cinq ans s’applique à tous les biens immobiliers, qu’il s’agisse de maisons, d’appartements ou de locaux professionnels. Il commence à courir à partir de la date de signature de l’acte authentique de vente, et non à partir de la date de prise de possession du bien par l’acquéreur. Il est donc essentiel de bien noter cette date pour éviter tout risque de dépassement.

Il est important de souligner que ce délai est un délai de prescription extinctive. Cela signifie que, une fois ce délai écoulé, le droit de rachat s’éteint définitivement et ne peut plus être exercé, même si le vendeur en avait initialement l’intention. Le bien devient alors la propriété définitive de l’acquéreur, sans possibilité de retour en arrière.

L’article 1660 du Code civil stipule que « le vendeur ne peut racheter l’immeuble qu’il a vendu avec faculté de rachat que dans le délai de cinq ans à compter de la vente. » Ce délai est d’ordre public et ne peut être modifié par les parties.

Comment le délai pour exercer la faculté de rachat est-il calculé ?

Le calcul du délai pour exercer la faculté de rachat est une étape cruciale pour sécuriser l’opération. Ce délai commence à courir à partir de la date de signature de l’acte authentique de vente, et non à partir de la date de paiement du prix ou de la prise de possession du bien.

Pour exercer son droit de rachat, le vendeur doit notifier son intention à l’acquéreur avant l’expiration du délai de cinq ans. Cette notification doit être faite par acte authentique ou par signification par huissier de justice. Une simple lettre recommandée avec accusé de réception n’est pas suffisante pour exercer valablement le droit de rachat.

Il est recommandé au vendeur de faire cette notification plusieurs mois avant l’expiration du délai, afin d’éviter tout risque de dépassement et de permettre à l’acquéreur de préparer la restitution du bien. En pratique, il est conseillé de s’y prendre au moins trois mois à l’avance pour anticiper les éventuelles difficultés administratives ou financières.

Un propriétaire vend son bien avec faculté de rachat le 15 janvier 2026. Le délai de cinq ans pour exercer son droit de rachat expire donc le 15 mars 2030. Pour exercer son droit, il doit notifier son intention à l’acquéreur par acte authentique ou par huissier avant cette date. Une notification envoyée le 16 mars 2030 serait tardive et le droit de rachat serait définitivement perdu.

Quelles sont les conséquences en cas de non-respect du délai légal ?

Le non-respect du délai légal pour exercer la faculté de rachat a des conséquences irréversibles pour le vendeur. Une fois le délai de cinq ans écoulé, le droit de rachat s’éteint automatiquement, et le bien devient la propriété définitive de l’acquéreur.

Cette extinction du droit de rachat est définitive et ne peut être contestée, même si le vendeur invoque des circonstances exceptionnelles, comme une maladie, un décès ou des difficultés financières. La loi est claire sur ce point : le délai de cinq ans est impératif et ne peut être prorogé.

Pour l’acquéreur, l’expiration du délai légal signifie qu’il devient propriétaire définitif du bien, sans aucune obligation de le restituer au vendeur. Il peut alors librement disposer du bien, le vendre, le louer ou l’occuper, sans aucune restriction.

En cas de non-respect du délai légal, le vendeur perd définitivement son droit de rachat et ne peut plus récupérer son bien, même en proposant de payer le prix de rachat majoré. Il est donc crucial de respecter scrupuleusement ce délai.

Peut-on modifier ou proroger le délai légal pour exercer la faculté de rachat ?

Le délai légal de cinq ans pour exercer la faculté de rachat est d’ordre public, ce qui signifie qu’il ne peut être modifié ou prorogé, même par accord entre les parties. Toute clause de l’acte de vente qui prévoirait un délai plus long serait nulle et sans effet.

Cependant, les parties peuvent convenir d’un délai plus court que cinq ans. Par exemple, elles peuvent fixer un délai de trois ans ou de deux ans pour exercer la faculté de rachat. Dans ce cas, le délai plus court s’applique, et le vendeur doit exercer son droit dans ce délai réduit.

Il est également possible de prévoir dans l’acte de vente des modalités spécifiques pour l’exercice du droit de rachat, comme un préavis ou des conditions suspensives. Cependant, ces modalités ne peuvent pas avoir pour effet de proroger le délai légal de cinq ans.

Un acte de vente peut prévoir que le vendeur doit notifier son intention de racheter le bien six mois avant l’expiration du délai de cinq ans. Cette clause est valable, car elle ne proroge pas le délai légal, mais impose simplement une formalité supplémentaire pour son exercice.

Quelles sont les bonnes pratiques pour sécuriser l’exercice de la faculté de rachat dans le délai légal ?

Pour sécuriser l’exercice de la faculté de rachat dans le délai légal, plusieurs bonnes pratiques doivent être suivies par le vendeur et l’acquéreur.

Pour le vendeur, il est essentiel de bien noter la date de signature de l’acte de vente et de calculer précisément la date d’expiration du délai de cinq ans. Il est recommandé de préparer l’exercice du droit de rachat plusieurs mois à l’avance, en vérifiant que les fonds nécessaires sont disponibles et que les formalités administratives sont respectées.

Il est également conseillé de consulter un notaire ou un avocat spécialisé en droit immobilier pour s’assurer que la notification du droit de rachat est faite dans les règles. Une notification mal rédigée ou envoyée trop tard peut entraîner la perte définitive du droit de rachat.

Pour l’acquéreur, il est important de vérifier que le délai légal est bien respecté et de conserver une trace écrite de toutes les communications avec le vendeur. En cas de doute sur la validité de la notification du droit de rachat, il est recommandé de consulter un professionnel pour éviter tout litige.

Pour éviter les risques, le vendeur peut demander à son notaire de lui rappeler la date d’expiration du délai de cinq ans et de l’aider à préparer la notification du droit de rachat dans les formes légales.

Comment anticiper les obstacles financiers et juridiques liés au délai de rachat ?

La préparation financière : un impératif pour le vendeur

Le principal défi pour le vendeur réside dans sa capacité à réunir les fonds nécessaires pour exercer son droit de rachat. Contrairement à une idée reçue, il ne suffit pas de prévoir le prix de rachat majoré. Il faut également intégrer dans son budget les frais annexes, tels que les frais de notaire pour le rachat, les éventuelles taxes, et les coûts liés à la levée d’hypothèques ou de saisies si le bien a été grevé entre-temps.

Une erreur fréquente consiste à sous-estimer le montant total à mobiliser. Par exemple, pour un bien vendu 300 000 euros avec une majoration de 10 %, le prix de rachat s’élève à 330 000 euros. À cela s’ajoutent environ 2 % de frais de notaire (soit 6 600 euros), ainsi que les frais de dossier si un financement est nécessaire. Sans une préparation financière rigoureuse, le vendeur risque de se retrouver dans l’incapacité d’exercer son droit de rachat, malgré sa volonté.

Les solutions pour sécuriser le financement du rachat

Plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour sécuriser le financement du rachat. La première consiste à prévoir un plan d’épargne ou un placement financier dès la signature de l’acte de vente, afin de constituer progressivement la somme nécessaire. Une autre solution est de négocier avec l’acquéreur une clause de prêt intégré, où ce dernier s’engage à financer partiellement le rachat sous certaines conditions.

Il est également possible de solliciter un prêt bancaire classique, mais cette option doit être anticipée bien en amont, car les banques sont souvent réticentes à financer des opérations de rachat sans garanties solides. Dans tous les cas, il est recommandé de consulter un conseiller financier pour évaluer les options les plus adaptées à votre situation.

Les vérifications juridiques préalables : un passage obligé

Avant d’exercer son droit de rachat, le vendeur doit s’assurer que le bien n’a pas fait l’objet de modifications juridiques ou physiques qui pourraient compliquer le rachat. Par exemple, si l’acquéreur a réalisé des travaux importants ou a loué le bien à un tiers, des vérifications supplémentaires sont nécessaires.

Il est également crucial de vérifier que le bien n’a pas été saisi ou hypothéqué par l’acquéreur. En effet, si le bien est grevé de droits réels au moment du rachat, le vendeur pourrait se retrouver dans l’obligation de régler ces charges pour récupérer son bien. Un état des lieux juridique complet, réalisé par un notaire, est donc indispensable avant d’engager la procédure de rachat.

Le rôle du notaire dans le suivi du délai et des formalités

Le notaire joue un rôle clé dans le suivi du délai de rachat et des formalités associées. Il peut, par exemple, envoyer des rappels au vendeur pour l’informer de l’approche de la date limite, ou l’aider à préparer les documents nécessaires pour exercer son droit de rachat dans les règles.

De plus, le notaire peut vérifier que toutes les conditions légales sont remplies, comme l’absence de charges sur le bien ou la conformité du prix de rachat avec les dispositions de l’acte initial. Son intervention est particulièrement utile pour éviter les erreurs de procédure qui pourraient invalider le rachat.

Les conséquences d’un rachat partiel ou conditionnel

Dans certains cas, le vendeur peut être tenté d’exercer son droit de rachat de manière partielle ou conditionnelle, par exemple en proposant un paiement échelonné. Cependant, la loi est claire : le rachat doit être intégral et sans condition pour être valable. Toute tentative de rachat partiel ou sous condition est nulle et peut entraîner la perte définitive du droit de rachat.

Il est donc essentiel de respecter scrupuleusement les modalités prévues dans l’acte initial. Si le vendeur ne peut pas réunir la totalité des fonds nécessaires, il est préférable de renoncer au rachat plutôt que de tenter une opération partielle qui serait juridiquement caduque.

Un notaire peut vous aider à structurer un plan de financement progressif, en combinant épargne, prêt et éventuellement un accord avec l’acquéreur pour échelonner le paiement du prix de rachat, tout en respectant les exigences légales.

FAQ sur le délai légal pour exercer la faculté de rachat

Le délai de cinq ans pour exercer la faculté de rachat peut-il être suspendu ou interrompu ?
Non, le délai de cinq ans pour exercer la faculté de rachat est un délai de prescription extinctive qui ne peut être ni suspendu ni interrompu. Même en cas de force majeure, comme une maladie ou un décès, le délai continue de courir et ne peut être prorogé.

Que se passe-t-il si le vendeur notifie son intention de racheter le bien après l’expiration du délai de cinq ans ?
Si le vendeur notifie son intention de racheter le bien après l’expiration du délai de cinq ans, cette notification est sans effet. Le droit de rachat est définitivement éteint, et le bien devient la propriété définitive de l’acquéreur.

Le délai de cinq ans s’applique-t-il également aux biens mobiliers ?
Non, le délai de cinq ans prévu par l’article 1660 du Code civil ne s’applique qu’aux biens immobiliers. Pour les biens mobiliers, le délai pour exercer la faculté de rachat est généralement plus court et peut être fixé librement par les parties, dans la limite de la loi.

Peut-on exercer la faculté de rachat avant l’expiration du délai de cinq ans ?
Oui, le vendeur peut exercer son droit de rachat à tout moment dans le délai de cinq ans, sans avoir à attendre l’expiration de ce délai. Il est même recommandé de le faire dès que les fonds nécessaires sont disponibles, pour éviter tout risque de dépassement.

Que se passe-t-il si le bien est revendu par l’acquéreur avant l’expiration du délai de cinq ans ?
Si le bien est revendu par l’acquéreur avant l’expiration du délai de cinq ans, le droit de rachat du vendeur initial reste valable. Le vendeur peut donc exercer son droit de rachat auprès du nouvel acquéreur, à condition que ce dernier ait été informé de l’existence de la clause de rachat.

Conclusion

Le délai légal pour exercer la faculté de rachat est un élément fondamental de la vente avec faculté de rachat, encadré par les articles 1659 à 1673 du Code civil. Ce délai de cinq ans, impératif et non prorogeable, détermine la période pendant laquelle le vendeur peut récupérer son bien. Une méconnaissance de ce délai peut entraîner la perte définitive du bien et des conséquences juridiques et financières lourdes. Pour sécuriser votre opération, il est essentiel de bien comprendre ce délai, de le respecter scrupuleusement, et de vous entourer de professionnels compétents. Une préparation rigoureuse, tant sur le plan financier que juridique, est la clé pour réussir votre projet en toute sérénité.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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