Clause de faculté de rachat : tout savoir sur cette clause essentielle en 2026

Gabriele Favale
Chargé de communication
Mis à jour le

La clause de faculté de rachat est le cœur même de la vente avec faculté de rachat, un mécanisme juridique qui permet à un propriétaire de vendre son bien tout en conservant la possibilité de le racheter dans un délai déterminé. Encadrée par les articles 1659 à 1673 du Code civil, cette clause offre une flexibilité unique, mais elle doit être rédigée avec une grande rigueur pour éviter les litiges et sécuriser les droits des deux parties. Cet article vous propose une analyse complète de la clause de faculté de rachat : sa définition, ses conditions de validité, ses implications juridiques et fiscales, ainsi que les bonnes pratiques pour la rédiger et l’utiliser efficacement. Que vous soyez vendeur, acquéreur ou professionnel de l’immobilier, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour comprendre et maîtriser cette clause essentielle.

Qu’est-ce que la clause de faculté de rachat et quel est son rôle ?

La clause de faculté de rachat est une stipulation insérée dans l’acte de vente qui permet au vendeur de récupérer son bien dans un délai déterminé, en restituant le prix de vente et en remboursant les frais accessoires. Cette clause transforme une vente classique en une opération réversible, offrant ainsi une sécurité supplémentaire au vendeur.

Son rôle principal est de protéger le vendeur contre une vente définitive, en lui laissant une porte de sortie si sa situation financière ou personnelle évolue favorablement. Pour l’acquéreur, cette clause représente un investissement sécurisé, avec une rémunération garantie en cas de rachat, ou la possibilité de devenir propriétaire définitif du bien si le vendeur ne rachète pas.

La clause de faculté de rachat doit être expressément mentionnée dans l’acte notarié pour être valable. À défaut, la vente est considérée comme définitive, et le vendeur perd tout droit de reprise. Cette exigence de formalisme vise à protéger les deux parties en clarifiant leurs droits et obligations respectifs.

La clause de faculté de rachat doit obligatoirement préciser le délai dans lequel le droit de rachat peut être exercé, le prix de rachat, et les modalités de restitution du bien. Sans ces mentions, la clause est nulle et la vente devient définitive.

Quelles sont les conditions de validité de la clause de faculté de rachat ?

Pour être valable, la clause de faculté de rachat doit respecter plusieurs conditions de fond et de forme, énoncées par les articles 1659 à 1673 du Code civil.

La clause doit être expressément stipulée dans l’acte de vente. Elle ne peut résulter d’un accord verbal ou d’une simple mention dans un document annexe. L’acte notarié doit clairement indiquer l’existence du droit de rachat, ainsi que ses modalités d’exercice.

Le délai de rachat ne peut excéder cinq ans pour les biens immobiliers. Ce délai, fixé par l’article 1660 du Code civil, commence à courir à partir de la signature de l’acte de vente. Passé ce délai, le droit de rachat s’éteint automatiquement, et le bien devient définitivement la propriété de l’acquéreur.

Le prix de rachat doit être clairement défini dans l’acte. Ce prix peut être égal ou supérieur au prix de vente, mais il doit être fixé de manière précise pour éviter tout litige. En pratique, il est souvent majoré de cinq à quinze pour cent par rapport au prix de vente, afin de rémunérer l’acquéreur pour le risque pris et les fonds immobilisés.

Le bien doit être libre de toute charge ou hypothèque susceptible d’entraver le droit de rachat. Si le bien est grevé d’une hypothèque ou d’une saisie, la clause de faculté de rachat peut être contestée par les créanciers ou déclarée nulle par un tribunal.

Un propriétaire vend son appartement avec une clause de faculté de rachat pour un prix de trois cent mille euros, avec un délai de rachat de trois ans et un prix de rachat fixé à trois cent trente mille euros. L’acte notarié précise que le vendeur peut exercer son droit de rachat à tout moment dans ce délai, en notifiant l’acquéreur par acte authentique ou par signification par huissier.

Quelles sont les implications juridiques de la clause de faculté de rachat ?

La clause de faculté de rachat a des implications juridiques majeures pour les deux parties, qu’il est essentiel de comprendre avant de s’engager.

Pour le vendeur, cette clause confère un droit réel sur le bien, qui peut être exercé à tout moment dans le délai imparti. Ce droit est opposable aux tiers, y compris aux créanciers du vendeur ou de l’acquéreur. Cependant, il est personnel et ne peut être cédé à un tiers sans l’accord de l’acquéreur.

Pour l’acquéreur, la clause de faculté de rachat limite ses droits sur le bien. Il devient propriétaire sous condition résolutoire, c’est-à-dire que sa propriété est susceptible de prendre fin si le vendeur exerce son droit de rachat. En contrepartie, il perçoit une rémunération sous forme de majoration du prix de rachat.

En cas de revente du bien par l’acquéreur, la clause de faculté de rachat reste opposable au nouvel acquéreur, à condition que ce dernier ait été informé de son existence. Cela signifie que le vendeur initial peut toujours exercer son droit de rachat, même si le bien a changé de mains.

En cas de décès du vendeur, le droit de rachat se transmet à ses héritiers, qui peuvent l’exercer dans les mêmes conditions que le défunt. Cette transmission est automatique et ne nécessite pas de formalité particulière.

Si le vendeur n’exerce pas son droit de rachat dans le délai imparti, la clause s’éteint automatiquement, et le bien devient définitivement la propriété de l’acquéreur. Cette extinction est irréversible et ne peut être contestée.

Quelles sont les implications fiscales de la clause de faculté de rachat ?

La clause de faculté de rachat a également des implications fiscales qu’il est important d’anticiper pour éviter les mauvaises surprises.

Pour le vendeur, la vente avec faculté de rachat peut générer une plus-value immobilière, imposable au taux de dix-neuf pour cent pour l’impôt sur le revenu, plus dix-sept virgule deux pour cent de prélèvements sociaux. Cette plus-value est calculée sur la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition du bien, majoré des frais d’acquisition et des travaux réalisés. Des abattements pour durée de détention s’appliquent, exonérant progressivement la plus-value après cinq ans de détention.

En cas de rachat du bien, le vendeur ne peut pas déduire la majoration du prix de rachat de ses revenus imposables. Cette majoration est considérée comme un coût d’opportunité et non comme une charge déductible.

Pour l’acquéreur, les revenus tirés de la majoration du prix de rachat sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers ou des plus-values, selon la durée de détention du bien. Si l’acquéreur loue le bien pendant la période de rachat, les loyers perçus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers.

Un propriétaire vend un bien trois cent mille euros, avec une clause de faculté de rachat et une majoration de dix pour cent. La plus-value brute est de cinquante mille euros. Après abattement pour durée de détention de dix ans, la plus-value imposable est réduite à trente mille euros, soit un impôt de onze mille quatre cents euros (trente-six virgule deux pour cent de trente mille euros).

Comment rédiger une clause de faculté de rachat sécurisée ?

La rédaction de la clause de faculté de rachat est une étape cruciale pour sécuriser l’opération. Une clause mal rédigée peut entraîner des litiges coûteux ou la nullité de la vente. Voici les éléments essentiels à inclure pour garantir sa validité et son efficacité.

La clause doit mentionner expressément le droit de rachat du vendeur. Elle doit indiquer que le vendeur se réserve le droit de racheter le bien dans un délai déterminé, en restituant le prix de vente et en remboursant les frais accessoires.

Le délai de rachat doit être clairement précisé. Ce délai ne peut excéder cinq ans pour les biens immobiliers. Il est recommandé de fixer un délai réaliste, en fonction de la situation financière du vendeur et des perspectives de rachat.

Le prix de rachat doit être défini de manière précise. Ce prix peut être égal ou supérieur au prix de vente, mais il doit être fixé de manière non équivoque pour éviter tout litige. En pratique, il est souvent majoré de cinq à quinze pour cent par rapport au prix de vente.

Les modalités d’exercice du droit de rachat doivent être détaillées. La clause doit préciser comment le vendeur peut notifier son intention de racheter le bien (par acte authentique, par signification par huissier, etc.), ainsi que les délais et les formalités à respecter.

Les conséquences du non-exercice du droit de rachat doivent être mentionnées. La clause doit indiquer que, si le vendeur n’exerce pas son droit de rachat dans le délai imparti, le bien devient définitivement la propriété de l’acquéreur.

Voici un exemple de formulation pour une clause de faculté de rachat : « Le vendeur se réserve expressément le droit de racheter le bien vendu dans un délai de trois ans à compter de la signature du présent acte, en restituant à l’acquéreur le prix de vente de trois cent mille euros, majoré de dix pour cent, soit un prix de rachat de trois cent trente mille euros. Ce droit sera exercé par notification à l’acquéreur par acte authentique ou par signification par huissier. »

Quels sont les pièges à éviter avec la clause de faculté de rachat ?

La clause de faculté de rachat est un outil puissant, mais elle comporte plusieurs pièges qu’il est essentiel d’éviter pour sécuriser l’opération.

Ne pas préciser le délai de rachat peut rendre la clause nulle. Le délai doit être clairement indiqué dans l’acte et ne peut excéder cinq ans pour les biens immobiliers.

Fixer un prix de rachat ambigu peut entraîner des litiges entre les parties. Le prix de rachat doit être défini de manière précise et non équivoque, en tenant compte de la majoration éventuelle.

Négliger les implications fiscales peut entraîner des coûts supplémentaires imprévus. Il est recommandé de consulter un conseiller fiscal avant de signer l’acte pour anticiper les taxes et les impôts applicables.

Oublier de mentionner les modalités d’exercice du droit de rachat peut rendre la clause inopposable. Les modalités doivent être détaillées dans l’acte, notamment la manière dont le vendeur peut notifier son intention de racheter le bien.

Ne pas vérifier la liberté du bien peut entraîner la nullité de la clause. Le bien doit être libre de toute charge ou hypothèque susceptible d’entraver le droit de rachat.

Une clause de faculté de rachat mal rédigée peut être contestée par les créanciers du vendeur ou de l’acquéreur, ou déclarée nulle par un tribunal. Il est donc essentiel de faire relire l’acte par un avocat spécialisé en droit immobilier avant de le signer.

FAQ sur la clause de faculté de rachat

La clause de faculté de rachat peut-elle être insérée dans un contrat de vente sous seing privé ?
Non, la clause de faculté de rachat doit obligatoirement figurer dans un acte authentique rédigé par un notaire pour être valable. Un contrat sous seing privé ne confère pas une sécurité juridique suffisante pour ce type d’opération.

Peut-on modifier la clause de faculté de rachat après la signature de l’acte ?
Non, la clause de faculté de rachat ne peut être modifiée après la signature de l’acte, sauf accord unanime des parties et modification par un nouvel acte authentique. Toute modification unilatérale est nulle.

Que se passe-t-il si le vendeur décède avant d’exercer son droit de rachat ?
Si le vendeur décède avant d’exercer son droit de rachat, ce droit se transmet à ses héritiers, qui peuvent l’exercer dans les mêmes conditions que le défunt. La transmission est automatique et ne nécessite pas de formalité particulière.

Conclusion

La clause de faculté de rachat est un élément central de la vente avec faculté de rachat, offrant une flexibilité unique au vendeur tout en sécurisant l’investissement de l’acquéreur. Pour être valable et efficace, cette clause doit être rédigée avec une grande rigueur, en respectant les conditions de fond et de forme imposées par le Code civil. En comprenant les implications juridiques et fiscales de cette clause, en évitant les pièges courants, et en s’entourant de professionnels compétents, vous pouvez sécuriser votre opération et maximiser ses avantages.

Gabriele Favale - Chargé de communication chez Alterfi, en charge de la stratégie de communication, de la création de contenus, du développement de la visibilité de l’entreprise et des relations médias.

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